Pictoparle, troisième sprint

Troi­sième sprint de l’ap­pli­ca­tion Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors du sprint pré­cé­dent, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Tout d’a­bord, Pic­to­parle se dote d’un site inter­net, acces­sible à l’a­dresse pictoparle.jmfavreau.info. On y retrouve une expli­ca­tion détaillée des objec­tifs de l’ou­til, de son mode de fonc­tion­ne­ment, et on peut suivre dans le détail le déve­lop­pe­ment, grâce à des liens vers les billets de ce blog.

Du côté de l’ap­pli­ca­tion, les avan­cées visibles de cette semaine concernent prin­ci­pa­le­ment l’in­ter­face, et la pos­si­bi­li­té de modi­fier dans les pré­fé­rences cer­tains réglages, pour adap­ter l’ou­til à son uti­li­sa­teur ou uti­li­sa­trice. On com­mence par une vidéo de démonstration :

Démons­tra­tion du troi­sième prototype

L’a­jout qui a pris le plus de temps, mais qui faci­li­te­ra gran­de­ment le déve­lop­pe­ment par la suite, est l’u­ti­li­sa­tion d’une inter­face telle que pré­co­ni­sée, avec une barre supé­rieure, un bou­ton de navi­ga­tion en haut à gauche, et un menu glis­sant sur le côté. 

Menu laté­ral ouvert.

Une fois cela réa­li­sé, j’ai ajou­té une page de pré­fé­rences per­met­tant à l’u­ti­li­sa­teur d’a­jus­ter le com­por­te­ment de l’ap­pli­ca­tion : ver­bo­si­té des noti­fi­ca­tions sonores, réglages du double tap, réglage de la détec­tion de planche, ajus­te­ment de l’af­fi­chage pour éco­no­mi­ser de l’éner­gie, et pour ajus­ter la taille réelle des pictogrammes.

Le pan­neau laté­ral per­met aus­si l’af­fi­chage de la planche de pic­to­grammes. Dans ce cas, un bou­ton caché dans l’une des marges cen­trales per­met de fer­mer cet aper­çu. J’ai ajou­té cette fonc­tion­na­li­té en pen­sant aux tablettes qui pour­raient ne pas avoir de camé­ra, ou ne pas avoir auto­ri­sé l’u­ti­li­sa­tion de la camé­ra par l’application.

À ce pro­pos, j’ai aus­si ajou­té un mes­sage de demande d’au­to­ri­sa­tion d’ac­cès à la camé­ra inté­grée, pour faci­li­ter l’ins­tal­la­tion de l’application.

Demande d’au­to­ri­sa­tion d’ac­cès à la camé­ra, néces­saire à la détec­tion de planche.

J’ai éga­le­ment ajou­té une entrée dans le menu per­met­tant de quit­ter l’ap­pli­ca­tion, ce qui jus­qu’à pré­sent néces­si­tait d’u­ti­li­ser une astuce avec le bou­ton phy­sique on/off de la tablette.

Améliorations futures

Une liste des déve­lop­pe­ments envi­sa­gés sur l’ap­pli­ca­tion est dis­po­nible sur le dépôt github du pro­jet, en langue anglaise. En par­ti­cu­lier, en plus des amé­lio­ra­tions déjà évo­quées pré­cé­dem­ment, je pré­vois la mise à dis­po­si­tion d’une appli­ca­tion en ligne qui per­met­tra de fabri­quer ses propres planches, et de les ajou­ter sim­ple­ment dans l’ap­pli­ca­tion tablette.

Allo, docteur Ludo !

Voi­là un album des­si­né accom­pa­gné d’un CD que nous avons décou­vert grâce à la média­thèque de Cler­mont-Fer­rand. Tel­le­ment drôle, tel­le­ment beau !

L’his­toire est pal­pi­tante, on y trouve son compte que l’on soit enfant ou adulte, avec quelques réfé­rences cachées à l’ac­tua­li­té d’a­lors, notam­ment l’af­faire du Mediator. 

La voix de Fran­çois Morel, qui dit l’his­toire, est évi­dem­ment géniale, le texte en est subli­mé. Les musiques aus­si sont très réus­sies, on les chante sou­vent à la maison.

En cette période de COVID-19, vous devriez écou­ter la chan­son Malade de peur : « j’ai tel­le­ment peur d’être malade que je deviens malade de peur ».

Malade de peur, une chan­son de l’al­bum Allo, doc­teur Ludo qui colle bien avec l’es­prit ambiant d’a­vril 2020

L’al­bum est écrit, com­po­sé et chan­té par Olive et moi, et illus­tré par Arnaud Bou­tin.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur cet album, et ses auteurs, vous pou­vez écou­ter ce por­trait croisé :

Pictoparle, deuxième sprint

Deuxième sprint de déve­lop­pe­ment de l’ap­pli­ca­tion Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors du pre­mier sprint, car je ne par­le­rai ici que des avan­cées de ce week-end.

Ces avan­cées concernent prin­ci­pa­le­ment la ges­tion de plu­sieurs planches, et l’a­mé­lio­ra­tion des inter­ac­tions. On com­mence par une vidéo de démonstration :

Cette vidéo com­mence par un détail, mais qui n’en est pas un quand on a peu l’ha­bi­tude de mani­pu­ler une tablette : le double tap qui per­met de lan­cer les sons ignore main­te­nant les autres doigts posés sur la sur­face. Ce n’est pas un com­por­te­ment stan­dard des dis­po­si­tifs d’in­te­rac­tion tac­tile, mais j’ai choi­si d’a­jou­ter cette fonc­tion­na­li­té pour ne pas mettre de bar­rière à l’ex­plo­ra­tion des reliefs des pic­to­grammes (pour rap­pel, la planche sera gar­nie de pic­to­grammes en relief). J’ai éga­le­ment pré­pa­ré le ter­rain pour la confi­gu­ra­tion fine des para­mètres de double tap, afin de l’a­dap­ter au mieux à chaque utilisateur.

La deuxième avan­cée de ce sprint est évi­dente : la pos­si­bi­li­té de chan­ger de planche. La tablette détecte grâce à la camé­ra en façade lorsque l’on pose ou retire une planche de sa sur­face. L’ap­pli­ca­tion pro­pose alors un menu pour choi­sir la planche qui sera posée ensuite. Ces dif­fé­rentes inter­ac­tions sont ver­ba­li­sées par la tablette grâce à la syn­thèse vocale.

Améliorations à venir

L’une des pro­chaines amé­lio­ra­tions de l’ap­pli­ca­tion sera la détec­tion auto­ma­tique des planches, en s’ap­puyant sur la pré­sence au ver­so de celles-ci d’i­den­ti­fiants QR-code. L’a­jout d’un menu de réglage des para­mètres de l’ap­pli­ca­tion est aus­si pour bientôt.

Il fau­dra ensuite tes­ter la sta­bi­li­té de l’en­semble, et ajus­ter les para­mètres pour opti­mi­ser la consom­ma­tion d’éner­gie de l’appareil.

Diffusion

Évi­dem­ment, le code source de l’ap­pli­ca­tion est dis­po­nible sous licence GPLv3 sur github, je publie­rai régu­liè­re­ment les avan­cées du pro­jet. Je serai plus que ravi d’a­voir vos retours, sug­ges­tions, etc.

J’es­père aus­si le rendre suf­fi­sam­ment adap­table pour qu’il puisse ser­vir à d’autres que la per­sonne pour qui je le conçois.

Prises de notes structurées

Depuis le début de mes acti­vi­tés de recherche, j’u­ti­lise un wiki pour prendre des notes au quo­ti­dien de mes acti­vi­tés. C’est un espace que j’hé­berge sur un ser­veur acces­sible par­tout et tout le temps, qui uti­lise doku­wi­ki.

De l’intérêt d’un wiki

Ce genre d’ou­til per­met d’é­di­ter en ligne non pas un unique docu­ment, mais un ensemble de docu­ments reliés par des liens hyper­textes. La lec­ture et l’é­cri­ture peuvent alors se faire de manière non linéaire. Et puis le moteur de recherche interne est très pratique.

Ce que j’aime beau­coup avec cet outil, c’est le fait que la mise en forme du docu­ment soit pro­duite grâce à une syn­taxe par­ti­cu­lière : on peut tout faire au cla­vier, sans avoir à prendre la sou­ris pour mettre quelque chose en gras, ni apprendre une foul­ti­tude de rac­cour­cis cla­vier. C’est flexible, géné­rique, avec une syn­taxe simple.

Et markdown fut

Quand j’ai com­men­cé à uti­li­ser les wiki (d’a­bord avec Wiki­ni), chaque solu­tion avait son lan­gage. Puis est arri­vé mark­down, mono­pole de fait, qui a uni­fié la syn­taxe uti­li­sée. Il ne reste que les outils d’a­vant cette syn­taxe qui uti­lisent autre chose. J’u­ti­lise par exemple beau­coup mkdocs pour rédi­ger le conte­nu de sites sta­tiques, comme par exemple jmfavreau.info.

Et comme les édi­teurs com­men­çaient à bien le sup­por­ter, comme j’a­vais pris l’ha­bi­tude de prendre des notes avec, c’est deve­nu le for­mat texte que j’u­ti­lise le plus. Pas for­cé­ment super pra­tique pour le par­ta­ger avec des gens habi­tués à des WYSIWYG, mais il existe des outils d’export. 

Le for­mat mark­down donne le moyen de faire des liens hyper­textes bien sûr, et donc d’a­voir non pas un docu­ment, mais un ensemble de docu­ments hyper­con­nec­tés. Seule­ment voi­là, dans sa forme de sai­sie, il ne per­met pas de suivre les liens. Il faut qu’il soit inter­pré­té (comme le fait le géné­ra­teur mkdocs) pour que les liens deviennent cli­quables dans un navigateur.

Alors com­ment faire pour navi­guer en local, dans tous les fichiers mark­down de son ordinateur ?

MDwiki et websf

En cher­chant une solu­tion, j’ai trou­vé quelque chose de simple à déployer, et en même temps de très léger et fonc­tion­nel. Il s’a­git de cou­pler un ser­veur http léger à un inter­pré­teur de mark­down côté client.

MDwi­ki est consti­tué d’une unique page html, boos­tée au javas­cript, qui s’exé­cute donc en local sur le navi­ga­teur, pour pro­po­ser un ren­du de fichiers au for­mat mark­down entre­po­sés sur le serveur.

webfs est quant à lui un ser­veur http très léger, qui ne fait que ser­vir via ce pro­to­cole des fichiers sta­tiques. Pas d’exé­cu­tion côté ser­veur, quelque chose de très simple.

La solu­tion que j’ai adop­tée consiste donc à faire tour­ner sur mon ordi­na­teur webfs, tout en créant un lien sym­bo­lique depuis le réper­toire /var/www/html/wiki/ vers un réper­toire qui appar­tient à mon uti­li­sa­teur, typi­que­ment ~/wiki/. En pla­çant dans ce réper­toire le html de MDwi­ki (sous le nom w.html par exemple), et en pla­çant tous mes fichiers mark­down dans ce dos­sier, j’ai donc un visua­li­sa­teur de fichier mark­down sur ma machine.

J’u­ti­lise donc l’é­di­teur de mon choix pour modi­fier les fichiers, et le navi­ga­teur connec­té à l’a­dresse http://localhost:8000/wiki/w.html pour visua­li­ser le ren­du, et navi­guer en sui­vant les liens hypertextes.

L’in­té­rêt de cette solu­tion, c’est que mes fichiers ne sont pas pri­son­niers d’un outil : je peux les édi­ter avec l’ou­til de mon choix, les copier faci­le­ment, uti­li­ser les fonc­tions de recherches habi­tuelles (en ligne de com­mande ou de mon envi­ron­ne­ment de bureau)…

Pictoparle, premier sprint

Pic­to­parle, c’est une appli­ca­tion Android, et un dis­po­si­tif tan­gible à la sur­face de la tablette pour per­mettre la com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée. J’a­vais déjà par­lé de l’i­dée en réflé­chis­sant au dis­po­si­tif, dans un billet pré­cé­dent.

Je viens de finir un pre­mier sprint de déve­lop­pe­ment de l’ap­pli­ca­tion, avec un pre­mier pro­to­type fonc­tion­nel, dont je vous pro­pose une démons­tra­tion en vidéo ci-dessous :

Le dis­po­si­tif per­met d’ex­plo­rer par le tou­cher les pic­to­grammes, et de lan­cer un son asso­cié quand on fait un double tap. On place des­sus une planche pic­to­gramme en papier ther­mo­gon­flé, puis un cadre pour maté­ria­li­ser les cases.

L’ap­pli­ca­tion se lance en plein écran, tou­jours en mode pay­sage, en recou­vrant les deux barres haute et basse d’An­droid pour évi­ter toute inter­ac­tion mal­heu­reuse. En sup­pri­mant tout écran de ver­rouillage, et en acti­vant le démar­rage de la tablette par double touche, on obtient donc une tablette 100% dédiée à cette appli­ca­tion : impos­sible de la fer­mer par erreur, et faci­li­té de réac­ti­va­tion de la tablette si elle s’est mise en veille (double tap sur l’é­cran, ou pres­sion sur le bou­ton de démar­rage nor­mal). Je me suis éga­le­ment assu­ré que les bou­tons de volume ajustent l’in­ten­si­té du son de l’application.

En cette période de confi­ne­ment, je n’ai pas pu impri­mer de planche ther­mo­gon­flée, j’ai juste ajou­té ici pour la démons­tra­tion deux pic­to­grammes fabri­qués pré­cé­dem­ment, pour mon­trer que le double tap passe bien à tra­vers le papier thermogonflé.

Au cours des pro­chains sprints, j’ai pré­vu d’a­mé­lio­rer ce pro­to­type de plu­sieurs manières :

  • Quand on laisse un autre doigt sur la tablette, les double tap ne sont pas recon­nus. Je vais cor­ri­ger ça par une approche mul­ti-touch.
  • Ajou­ter la ges­tion des mul­tiples planches, avec détec­tion auto­ma­tique du chan­ge­ment de planche par qr-code.
  • Ajou­ter la pos­si­bi­li­té d’a­voir ses propres enre­gis­tre­ments plu­tôt que la
    voix de syn­thèse de google.

Une fois le confi­ne­ment fini, je fabri­que­rai une petite boîte en bois à la
décou­peuse laser, à la manière de ce que j’a­vais fait pour le qui est-ce tac­tile, pour conte­nir la tablette, tout en lais­sant acces­sible les par­ties indis­pen­sables (recharges, contrôle de volume, etc). Le cadre de sur­face sera éga­le­ment décou­pé de la même manière, avec un sys­tème d’as­sem­blage qui j’es­père assu­re­ra une bonne fixi­té et qui sera faci­le­ment interchangeable.

Évi­dem­ment, le code source de l’ap­pli­ca­tion est dis­po­nible sous licence GPLv3 sur github, et je publie­rai ici régu­liè­re­ment les avan­cées du pro­jet. Je serai plus que ravi d’a­voir vos retours, sug­ges­tions, etc.

Écoutes du moment

Il y a un an, je citais quelques écoutes du moment. Un peu plus tôt, je disais ma décou­verte heu­reuse des émis­sions de France Musique, dont feu le cri du patch­work. Évi­dem­ment, cer­taines émis­sions dis­pa­raissent, on en découvre d’autres… Voi­ci quelques nou­velles émis­sions et pod­casts de tous hori­zons que j’é­coute régu­liè­re­ment cette année.

Le podcast histoire de Radio Maarif

radiomaarif.com

Le pod­cast his­toire de Radio Maa­rif est une série d’en­tre­tiens avec des his­to­riens et his­to­riennes, et aborde de nom­breux sujets, majo­ri­tai­re­ment liés à l’his­toire du Maroc. Les échanges sont très sou­vent en fran­çais, par­fois ils glissent vers l’amazighe. 

J’aime par­ti­cu­liè­re­ment le for­mat entre­tien, car il laisse le temps d’ex­plo­rer un sujet. Les idées déve­lop­pées y sont assez variés, mais sou­vent déve­lop­pées depuis le Maroc, loin des choses que l’on peut entendre dans les médias français.

Juke-box

Juke-box est pour moi l’é­mis­sion coup de cœur de l’an­née. Elle pro­pose de par­cou­rir à chaque épi­sode un évé­ne­ment du pas­sé par des archives et musiques, com­plé­tées par une nar­ra­tion drôle, et pleine de détails pas­sion­nants. On se pro­mène dans la Syrie des années 70, aux confins des pré­mices du mythe de la Poly­né­sie, à Mar­seille entre 1960 e t 1980 pour y décou­vrir sa scène rock… 

C’est l’une des pre­mières émis­sions musi­cales que j’aime écou­ter, car il ne s’a­git pas ici de par­ler entre deux mor­ceaux, mais plu­tôt d’é­cou­ter des extraits pour illus­trer un propos.

Mécaniques du complotisme

La sil­houette de trois per­sonnes qui dis­cutent, dans la cases éclai­rée d’une façade d’im­meuble vitré.

Méca­niques du com­plo­tisme est une série pro­duite par France Culture, qui pro­pose d’ex­plo­rer sous forme de séries de 3 ou 4 épi­sodes un sujet lié au com­plo­tisme : 11 sep­tembre, néga­tion­nisme, révo­lu­tion fran­çaise. Rela­ti­ve­ment bien docu­men­té, il per­met d’ex­plo­rer un mou­ve­ment qui a explo­sé avec les outils de com­mu­ni­ca­tion d’in­ter­net, mais qui semble avoir exis­té bien avant.

L’Acentrale

L’A­cen­trale est une webra­dio décen­tra­li­sée, qui est née au moment des mou­ve­ments sociaux qui gron­daient alors, notam­ment contre la pro­jet de loi sur les retraites. On y retrouve notam­ment les copains et copines du Brui­ta­gène. En avril 2020, l’é­mis­sion se pour­suit tous les same­dis, mal­gré le confi­ne­ment, pour racon­ter ce qui se passe un peu par­tout en France : les colères, les luttes, l’or­ga­ni­sa­tion solidaire…

La trogne

le visuel de la trogne, sil­houettes ani­males devant un feu de branchages.

La trogne est une toute jeune chro­nique pro­duite depuis la Perche, en période de confi­ne­ment. Le pre­mier épi­sode, très réus­si, rap­pelle un peu par sa forme et le ton Radio Réus­site ou Lai­tue noc­turne.

Por­traits de gens du coin, de leurs acti­vi­tés et quo­ti­diens, réflexions et dis­cus­sions, le tout s’en­chaîne très agréablement.


Et vous, vous écou­tez quoi ?

Écouter la ville

Dans le cadre de mes pro­jets de recherche autour de la per­cep­tion spa­tiale, j’ai enre­gis­tré il y a un mois le son de la ville à dif­fé­rents endroits, comme des pho­to­gra­phies sonores de l’environnement.

Cha­cun de ces enre­gis­tre­ments fait 15 minutes, le temps de se plon­ger dans une ville d’a­vant le confi­ne­ment, quand les espaces vivaient de mille déplacements.

Juste après avoir fait ces enre­gis­tre­ments, j’a­vais fait jouer mes ami·e·s à un quizz : « où a été enre­gis­tré ce son ». Quelques temps plus tard, en voi­ci une ver­sion inter­ac­tive, en ligne : sonsdelaville.jmtrivial.info. À vous de jouer !

Le quizz en ligne, pour essayer d’as­so­cier un son à un lieu.

Cartographie poétique de confinement

On peut vivre le confi­ne­ment #COVID-19 de plein de manières dif­fé­rentes. De mon côté, entre autres choses, j’en pro­fite pour me faire des sprints de déve­lop­pe­ment logi­ciel, ce qui me rap­pelle la post-ado­les­cence, écrans catho­diques en moins.

Entre deux moments consa­crés aux outils pour ACTIV­map, je viens de finir une contri­bu­tion au site inter­net unkm.fr pro­po­sé par Ayme­rick. Ini­tia­le­ment, le site inter­net per­met­tait de visua­li­ser le cercle d’un kilo­mètre auto­ri­sé à la sor­tie, dans le cadre du confi­ne­ment impo­sé par le gouvernement.

Un cercle d’un kilo­mètre de rayon des­si­né sur une carte, à par­tir d’un point choi­si par l’utilisateur.

Quand on voit ce cercle, impos­sible de ne pas ima­gi­ner le suivre « pour de vrai », dans les rues de sa ville, autour de son domi­cile. Mais voi­là, dans bien des cas, si l’on veut à la fois suivre le cercle, et res­ter à l’in­té­rieur du disque, dif­fi­cile de repé­rer le che­min à emprunter.

C’est donc ce que j’ai ajou­té à l’ou­til ini­tial, en uti­li­sant over­pass pour récu­pé­rer les don­nées car­to­gra­phiques d’OpenS­treet­Map, puis en uti­li­sant quelques algo­rithmes mai­son pour obte­nir le tra­cé des rues de la pro­me­nade cir­cu­laire. Enfin, il n’é­tait pas accep­table de ne pas des­si­ner le plus court che­min qui mène à cet iti­né­raire. En uti­li­sant lea­flet pour l’af­fi­chage, et flat­bush pour l’op­ti­mi­sa­tion, on se retrouve avec un outil fonc­tion­nel… Du moins, qui montre les don­nées OpenS­treet­Map telles qu’elles sont. Il vous man­que­ra peut-être des che­mins de cam­pagne, cer­taines bre­telles d’au­to­routes ne seront pas inter­dites aux pié­tons, et des iti­né­raires bizarres peuvent appa­raître quand une ave­nue est com­po­sée de deux voies de cir­cu­la­tion. Il manque cer­tai­ne­ment plein de choses à prendre en compte, mais la ver­sion en ligne pro­pose déjà un aper­çu intéressant !

La figure ci-des­sous donne une intui­tion rapide de l’algorithme :

  1. cher­cher le seg­ment de rue à la même lati­tude que le centre choi­si par l’u­ti­li­sa­teur, et la plus à l’ouest.
  2. par­cou­rir les rues en ne tour­nant qu’à gauche, jus­qu’à reve­nir au pre­mier segment.
  3. sup­pri­mer les sec­tions où le che­min emprunte la rue dans les deux sens.
Un sché­ma illus­trant le par­cours du contour d’un graphe planaire.

Il y a plein de sub­ti­li­tés d’im­plé­men­ta­tion liées aux don­nées, mais le prin­cipe géné­ral est là. Et pour cal­cu­ler le che­min depuis chez soi jus­qu’à la balade, on uti­lise l’in­con­tour­nable algo­rithme de Dijks­tra !

Si vous êtes curieux·se et vou­lez en savoir plus, vous pou­vez aller jeter un coup d’œil au code source du site, et bien sûr aller jour sur unkm.fr. Peut-être que le virus de la contri­bu­tion à OpenS­treet­Map va vous rattraper !

Outil numérique pour la communication alternative augmentée

Les outils numé­riques peuvent-ils répondre de manière effi­cace aux besoins de com­mu­ni­ca­tion des per­sonnes qui n’ont pas accès à une com­mu­ni­ca­tion verbale ?

Depuis quelques temps, je m’in­té­resse aux outils issus de réflexions sur la com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée. Des moyens de conti­nuer à s’ex­pri­mer quand on perd la parole. Cepen­dant, la plu­part de ces outils sont ima­gi­nés pour des uti­li­sa­teurs voyants. Il faut donc réflé­chir et adap­ter les choses pour les per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle. C’est un che­mi­ne­ment logique qui pro­longe ce que j’ex­pé­ri­mente déjà sur le blog acces­si­bi­li­té, que je vous invite à consulter.

L’une des pistes les plus inté­res­sante que nous avons explo­rées est l’u­ti­li­sa­tion de pic­to­grammes tac­tiles : de petits des­sins en relief, fabri­qués très sim­ple­ment grâce à la tech­nique du ther­mo­gon­flage.

Pictogrammes tactiles
Quelques pic­to­grammes tactiles

Mais l’au­to­no­mie de l’u­ti­li­sa­teur n’est pas com­plète. Pour­quoi ne pas cou­pler le concept avec un dis­po­si­tif per­met­tant de jouer des échan­tillons sonores ? On pour­rait alors dis­po­ser d’un outil à la fois tac­tile, et qui « dit » à haute voix pour l’utilisateur. 

Quelques solutions existantes

On trouve sur le mar­ché des outils per­met­tant une telle aide à la com­mu­ni­ca­tion, sur lequel on pour­rait pla­cer des pic­to­grammes tac­tiles, mais ils sont très oné­reux, leur prix s’é­le­vant à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros. On trouve aus­si des solu­tions très peu chères, mais dont la qua­li­té de fabri­ca­tion rend dif­fi­cile l’u­sage, tant les bou­tons sont capricieux.

Utiliser un contrôleur midi

La pre­mière piste que j’ex­pé­ri­mente depuis quelques temps uti­lise un contrô­leur midi, un petit ordi­na­teur et une petite enceinte.

D’un point de vue logi­ciel, il s’a­git de suivre la piste que j’a­vais explo­rée récem­ment pour jouer des échan­tillons sonores : on pré­pare pour chaque touche un fichier son, où l’on a enre­gis­tré le mes­sage à dif­fu­ser, puis on asso­cie à une note midi ce son, et le contrô­leur est l’in­ter­face utilisateur. 

Un contrô­leur type launch­pad, com­po­sé d’une grille de 8 par 8 bou­tons carrés.

Dans ce contexte, j’i­ma­gi­ne­rais uti­li­ser un contrô­leur de type launch­pad, et col­ler sur chaque bou­ton un pic­to­gramme. Ces inter­faces per­met­tant de prendre en compte l’in­ten­si­té de pres­sion, on pour­rait même ima­gi­ner avoir une ver­sion chu­cho­tée, une ver­sion pro­non­cée nor­ma­le­ment, et une ver­sion criée de chaque son. 

Pour l’in­for­ma­tique, un mini ordi­na­teur type rasp­ber­ry pi, consom­mant peu, mais fai­sant tour­ner un sys­tème GNU/Linux semble être une bonne piste. On peut alors bran­cher une enceinte com­pacte pour la dif­fu­sion du son.

sché­ma décri­vant les bran­che­ments entre les dif­fé­rents élé­ments du dis­po­si­tif (launch­pad, rasp­ber­ry pi, enceinte, 220v)

Le défaut de cette approche, c’est l’en­com­bre­ment et la consom­ma­tion élec­trique. On pour­rait bien sûr conce­voir une coque qui réunit les trois dis­po­si­tifs (contrô­leur, ordi­na­teur et enceinte), mais il fau­drait tout de même bran­cher l’ap­pa­reil sur une prise élec­trique, ou tra­vailler à l’in­té­gra­tion d’une batterie.

Au final, on se retrou­ve­rait à conce­voir un dis­po­si­tif com­plet, ce qui sou­vent est une approche plus coû­teuse que de s’ap­puyer sur une solu­tion maté­rielle grand public, et est sou­vent peu main­te­nable et repro­duc­tible. En réflé­chis­sant un peu plus loin, j’ai ima­gi­né une autre piste, celle de la tablette tactile.

Utiliser une tablette tactile

Une tablette tac­tile a cet avan­tage de dis­po­ser d’une face qui réagit au tou­cher, d’un ordi­na­teur capable de réa­li­ser tous les trai­te­ments dési­rés, d’un haut-par­leur inté­gré, et a une bonne capa­ci­té d’au­to­no­mie élec­trique. On en trouve à des tarifs très rai­son­nables, parce qu’is­sus de fabri­ca­tion en grande série pour le grand public. Ne peut-on pas l’a­dap­ter à nos besoins ?

Notons pour com­men­cer que la tablette détecte le contact d’un doigt grâce à une tech­no­lo­gie capa­ci­tive qui capte les varia­tions élec­tro­sta­tiques induites par cette proxi­mi­té. Si l’on place un papier entre l’é­cran et le doigt, la tablette est tou­jours capable de détec­ter la pré­sence d’un doigt.

Cla­ria vox, un télé­phone maté­ria­li­sant les boutons

La dif­fi­cul­té qui per­siste est la non maté­ria­li­sa­tion des bou­tons pour une per­sonne en situa­tion de défi­cience visuelle. Il faut donc pro­po­ser, à la manière de Cla­ria vox, d’une grille phy­sique per­met­tant de retrou­ver la posi­tion de cha­cun des boutons.

La pre­mière idée que j’ai ima­gi­née était l’u­ti­li­sa­tion d’une impri­mante 3D pour fabri­quer une coque en sili­cone, qui entou­re­rait toute la tablette, et vien­drait repro­duire cette idée. Il suf­fi­rait alors de glis­ser la feuille ther­mo­gon­flée entre l’é­cran et la coque.

Cepen­dant, cette approche a le défaut de rendre dif­fi­cile le chan­ge­ment des pic­to­grammes. Or, les tablettes ayant géné­ra­le­ment une taille de 10 à 12 pouces en dia­go­nale, on peut dif­fi­ci­le­ment pla­cer plus de 20 pic­to­grammes si on veut qu’ils soient lisibles au doigt. Après réflexion, il me semble plus facile d’i­ma­gi­ner un dis­po­si­tif où l’on découpe dans un car­ton épais (ou du medium fin) une grille, sous laquelle on vient col­ler la feuille ther­mo­gon­flée. En fixant sur le des­sus de la tablette quelques plots de posi­tion­ne­ment, on peut ain­si ima­gi­ner un dis­po­si­tif faci­le­ment interchangeable.

Tablette équi­pée de plots de posi­tion­ne­ment, pour accueillir une planche de pictogrammes

D’un point de vue logi­ciel, plu­sieurs ques­tions se posent, qu’il fau­dra un peu expé­ri­men­ter : com­ment dis­tin­guer le geste de l’u­ti­li­sa­teur qui explore le pic­to­gramme pour l’i­den­ti­fier, du geste de l’u­ti­li­sa­teur qui sou­haite déclen­cher le son ? Une com­bi­nai­son de condi­tions sur la durée et le dépla­ce­ment pour­rait fonctionner.

Une amé­lio­ra­tion simple du dis­po­si­tif pour­rait consis­ter à inté­grer un petit tag NFC à chaque planche de pic­to­grammes, afin que la tablette détecte auto­ma­ti­que­ment celle qui vient d’être posi­tion­née à sa surface.

Extensions possibles

Une fois ima­gi­née cette inter­face par planches, on peut même ima­gi­ner d’autres uti­li­sa­tions que celles de la com­mu­ni­ca­tion non ver­bale. Ain­si, on pour­rait ima­gi­ner une inter­face sim­pli­fiée de lec­ture audio, pour que l’u­ti­li­sa­teur devienne auto­nome dans son écoute d’his­toires audio. On pour­rait ain­si avoir une case lecture/pause, une case pour le volume qui inté­gre­rait le glis­sé du doigt, et une case par type d’his­toire, clas­sée sui­vant les usages de l’u­ti­li­sa­teur (par durée, par type, etc.).

Edit

Depuis la publi­ca­tion de cet article, j’ai échan­gé avec plu­sieurs per­sonnes, qui ont ame­né à plu­sieurs sug­ges­tions intéressantes :

  • Uti­li­ser un outil d’i­mi­ta­tion de voix type Real-Time Voice Clo­ning (qui ne marche pour l’ins­tant qu’en anglais) pour que les bou­tons parlent avec la voix de l’u­ti­li­sa­teur. Il faut pour cela avoir des enre­gis­tre­ments audio (plus ou moins longs sui­vant la tech­no­lo­gie) pour obte­nir quelque chose d’intéressant.
  • Les cap­teurs NFC ont une posi­tion variable sur les tablettes, par­fois au centre, par­fois sur les bords, avec une por­tée de 2 à 3 cm. Il fau­dra donc faire atten­tion à l’en­droit où col­ler la puce NFC, mais leur taille réduite actuelle per­met beau­coup de choses.
  • Uti­li­ser un simple tap pour lan­cer le son est sans doute une mau­vaise piste, car il peut arri­ver que l’on explore un pic­to­gramme en lais­sant le doigt sta­tique. Pour cela, plu­sieurs approches : uti­li­ser le double tap, ou rem­pla­cer le dis­po­si­tif par des bou­tons qui s’en­foncent (avec un peu de méca­nique, ou des maté­riaux souples), afin de dis­tin­guer tou­cher et appui.
  • Le ther­mo­gon­flage s’use assez vite. Il pour­rait être inté­res­sant d’u­ti­li­ser un autre maté­riau, comme l’im­pres­sion 3D souple, ou l’u­si­nage de matière. Une autre piste pour­rait être l’u­ti­li­sa­tion de vernis.
  • Une solu­tion alter­na­tive aux plots consiste à fabri­quer un boî­tier autour de la tablette, comme une boîte ouverte, sur laquelle la planche inter­chan­geable vien­drait se pla­cer. Cela per­met, à la manière d’une coque, d’a­voir une pro­tec­tion pour la tablette. On peut ima­gi­ner une impres­sion 3D, ou toute autre forme de fabrication.

Jouer des échantillons sonores

Il existe pas mal de contextes où l’on a besoin de lan­cer des sons à la demande. On peut par exemple pen­ser aux habillages d’une émis­sion de radio, aux extraits musi­caux d’un spec­tacle, aux samples (ou échan­tillons) dans un direct musical.

Pour lan­cer les sons, on peut vou­loir uti­li­ser la sou­ris ou le cla­vier d’un ordi­na­teur, ou encore un contrô­leur dédié, comme un cla­vier maître ou un pad. Voi­ci détaillées quelques solu­tions que j’ai pu uti­li­ser par le pas­sé, et en par­ti­cu­lier celle que je viens d’ex­pé­ri­men­ter, avec le for­mat sfz.

En radio, le cartoucheur

En radio, on uti­lise en géné­ral un logi­ciel appe­lé car­tou­cheur pour lan­cer les extraits sonores d’une émis­sion de radio : habillage (géné­rique, vir­gules, tapis…), extraits musi­caux ou de repor­tage, etc.

Un car­tou­cheur est un logi­ciel qui pro­pose à l’u­ti­li­sa­teur de char­ger dans chaque bou­ton un son dif­fé­rent. Dis­po­sés en grille régu­lière, ces bou­tons per­mettent de lan­cer et d’ar­rê­ter indé­pen­dam­ment cha­cun des sons. Il existe plein de logi­ciels dif­fé­rents, sou­vent gra­tuits, ou à faible licence, qui pro­posent ce type de service. 

L’in­ter­face de PlayIt

Sous GNU/Linux, on trouve par exemple Linux Show Player, un outil qui semble très modu­laire, même si je ne l’ai jamais utilisé.

La prin­ci­pale limi­ta­tion des car­tou­cheurs est le faible contrôle que l’on a sur chaque extrait sonore. On peut en lan­cer la lec­ture, l’ar­rê­ter. Par­fois on peut faire une pause dans son écoute, mais la plu­part des confi­gu­ra­tions sont glo­bales, comme par exemple le fon­du en entrée ou en sor­tie. Et puis le pilo­tage de ce type de logi­ciel se fait à la sou­ris, ce qui peut par­fois être peu ergo­no­mique, par exemple quand on doit enchaî­ner ou super­po­ser plein de sons.

En live, le logiciel de samples pour DJ

Dans le cadre de l’é­mis­sion Léthar­giques Sub­stances Dis­pa­rates, j’ai pris le par­ti d’u­ti­li­ser, après l’a­voir confi­gu­ré spé­cia­le­ment, le logi­ciel Mixxx, conçu en pre­mier lieu pour les DJ numé­riques, sou­vent consi­dé­ré comme un clône de Trak­tor.

Inter­face du logi­ciel Mixxx pour la réa­li­sa­tion d’une émis­sion aux mul­tiples super­po­si­tions de sons.

Sur l’in­ter­face de ce logi­ciel, on peut contrô­ler jus­qu’à 4 fichiers audio de manière très pré­cise, avec points de répé­ti­tion, éga­li­sa­tion, effets, etc. Puis en des­sous, on peut char­ger un grand nombre de courts fichiers échan­tillons (samples), que l’on pour­ra lan­cer à la demande, ponctuellement.

Ce qui est très inté­res­sant, c’est que ce genre d’ou­til peut se pilo­ter très sim­ple­ment par n’im­porte quel contrô­leur midi. Dans le mon­tage ci-des­sous, j’illustre très rapi­de­ment com­ment les quatre pre­mières pistes sont contrô­lées par un nano Kontrol2 de chez Korg, très acces­sible. Ces réglages me sont tout à fait spé­ci­fiques, car chaque uti­li­sa­teur peut faire les asso­cia­tions de son choix.

En uti­li­sant la par­tie basse du logi­ciel, on peut faci­le­ment trans­for­mer Mixxx en un car­tou­cheur, pour répondre aux besoins d’une émis­sion de radio classique.

Les instruments virtuels échantillons

Cepen­dant, ces deux confi­gu­ra­tions ne satis­fai­saient pas plei­ne­ment cer­tains de mes besoins. En effet, si on y charge les fichiers par glisser/déposer , et que l’on peut sau­ver la confi­gu­ra­tion dans un fichier, je trouve cette confi­gu­ra­tion pré­caire : une mau­vaise mani­pu­la­tion, et on peut tout casser.

Quand je réflé­chis­sais à tout cela, j’ai pen­sé au petit cla­vier Bon­tem­pi uti­li­sé par ma fille (que j’a­vais mis en pho­to sur un pré­cé­dent billet), et qui per­met de lan­cer sim­ple­ment de courts échan­tillons, à la manière d’Ar­dis­son dans ses émis­sions télé­vi­sées des années 2000.

Et c’est là que j’ai décou­vert les for­mats sf2 et sfz, aus­si appe­lés sound­font. L’i­dée est d’as­so­cier à chaque note midi un échan­tillon sonore, qui sera joué par un petit logi­ciel, en y ajou­tant des contraintes de répé­ti­tion, d’ef­fets, etc.

On trouve en ligne beau­coup de biblio­thèques à ce for­mat, per­met­tant d’a­jou­ter faci­le­ment à une sta­tion audio­nu­mé­rique (ardour, rea­per) des sons réa­listes joués par une piste midi. Cer­tains sont payants, d’autres gra­tuits (free sfz sound­fonts, free sound­fonts, etc.)…

Dans la suite, je vais racon­ter mes expé­ri­men­ta­tions avec le for­mat sfz, depuis la fabri­ca­tion du fichier jus­qu’à la confi­gu­ra­tion logi­cielle et du contrôle midi.

Écrire un fichier sfz

Il existe plu­sieurs docu­men­ta­tions dis­po­nibles pour le for­mat sfz, tout d’a­bord sur le site du for­mat lui-même, mais aus­si sur le site de linux­sam­pler. Dans le fichier qui suit, j’ai créé deux groupes d’é­chan­tillons. Ceux du pre­mier groupe ne seront joués qu’une fois, quand ceux du second le seront en boucle jus­qu’à ce que la touche soit relâ­chée (loop_mode=loop_continuous). À noter cepen­dant que pour que cela fonc­tionne avec linux­sample, j’ai dû ren­sei­gner le début et la fin de la boucle (loop_start et loop_end).

Dans ce fichier sfz, que j’ai pla­cé dans le même dos­sier que l’en­semble des fichiers échan­tillons au for­mat wav, j’ai éga­le­ment impo­sé que la vélo­ci­té soit for­cée, et non contrô­lée par le cla­vier (amp_veltrack=0). En effet, par défaut les contrô­leurs midi per­mettent de doser l’in­ten­si­té d’un son. Ici, j’ai envie que tous mes extraits soient joués avec la même inten­si­té sonore.

Pour finir, j’ai asso­cié une note midi (iden­ti­fiée par un entier dans la norme) à chaque échan­tillon. Ici, je n’ai choi­si que les touches blanches de mon contrô­leur, pour en faci­li­ter l’utilisation.

<global>
amp_veltrack=0 
<group>
loop_mode=one_loop
<region> sample=son-01.wav key=60
<region> sample=son-02.wav key=62
<region> sample=son-03.wav key=64
<region> sample=son-04.wav key=65
<region> sample=son-05.wav key=67
<region> sample=son-06.wav key=69
<region> sample=son-07.wav key=71
<region> sample=son-08.wav key=72
<region> sample=son-09.wav key=74
<region> sample=son-10.wav key=77
<region> sample=son-11.wav key=81


<group> 
loop_mode=loop_continuous
<region> sample=boucle-12.wav key=76 loop_start=0 loop_end=140731
<region> sample=boucle-13.wav key=79  loop_start=0 loop_end=129874

Les pos­si­bi­li­tés de ce for­mat sont bien plus grandes que celles pré­sen­tées ici. On peut contrô­ler beau­coup d’as­pects de la dif­fu­sion du son, pour l’a­dap­ter à son cas d’u­ti­li­sa­tion. Je vous laisse par­cou­rir la docu­men­ta­tion pour en savoir plus.

À noter que j’ai uti­li­ser le logi­ciel poly­phone pour connaître la durée de mes deux fichiers boucle. Poly­phone est une inter­face gra­phique per­met­tant de fabri­quer des fichiers sf2 sans rien écrire à la main. Les réglages pro­po­sés semblent aus­si com­plets que ce que le for­mat per­met de faire à la main. Inté­res­sant pour quel­qu’un qui serait effrayé par l’é­cri­ture d’un fichier à la syn­taxe précise…

Configurer un contrôleur midi avec jackd

Sous GNU/Linux, on dis­pose d’un ser­veur son temps réel, jackd, qui prend éga­le­ment en charge le midi. J’u­ti­lise pour ma part l’in­ter­face Cadence pro­po­sée par KXS­tu­dio pour démar­rer mon ser­veur jackd. À noter, comme illus­tré dans la cap­ture d’é­cran ci-des­sous, qu’il ne faut pas oublier d’ac­ti­ver le pont MIDI entre alsa et jackd. On peut aus­si faire ça en ligne de com­mande, c’est assez bien docu­men­té, mais assez subtil… 

L’in­ter­face de Cadence pour contrô­ler Jack

Jouer les sons d’un sfz au clavier

Le logi­ciel que j’u­ti­lise pour lan­cer des sons sfz depuis un contrô­leur audio est QSam­pler, une inter­face gra­phique à linux­sam­pler. Quand on lance QSam­pler, il lance linux­sam­pler en arrière-plan. On peut alors uti­li­ser Catia pour connec­ter la cap­ture midi du sys­tème à l’en­trée midi de Linux­Sam­pler (connec­tion rouge), puis la sté­réo sor­tate de Linux­Sam­pler aux play­back du sys­tème (deux lignes bleues en haut à droite).

Cap­ture d’é­cran de Catia, qui pro­pose une inter­face très flexible de rou­tage du son et du midi de jack.

Dans QSam­pler, on peut alors ajou­ter un canal, en y char­geant le fichier sfz écrit pré­cé­dem­ment, puis en confi­gu­rant l’en­trée et la sor­tie sur jack.

On peut main­te­nant jouer au cla­vier sans se pré­oc­cu­per des détails les sons choi­sis, et sans risque de cas­ser quelque chose pen­dant le direct…

Glo, le cachalot polyphonique

C’est grâce à Simon the Mag­pie, un for­mi­dable bidouilleur ce cir­cuits élec­tro­niques pour faire du son, que j’ai décou­vert glo, the poly­pho­nic whale.

Simon the Mag­pie nous parle de glo.

Le petit appa­reil m’a tout de suite sem­blé for­mi­dable, par ses pos­si­bi­li­tés sonores. Quelques semaines plus tard, je met­tais les oreilles dedans, et l’u­ni­vers que je décou­vrais était à la hau­teur de mes intuitions…

S’il fal­lait décrire glo le cacha­lot, je dirais que c’est l’é­qui­valent audio d’un kaléi­do­scope : ce petit appa­reil cap­ture le son qui l’en­toure, puis le déforme, l’a­gré­mente, le démultiplie… 

Sui­vant les modes que l’on choi­si (il y en a 12 de dis­po­nibles, qui sont d’ailleurs très confi­gu­rables), on se retrouve à explo­rer un uni­vers dif­fé­rent, qui exploite la réver­bé­ra­tion, la répé­ti­tion, l’am­pli­fi­ca­tion d’har­mo­niques, l’a­jout de mélo­dies, de tex­tures sonores toutes plus réus­sies les unes que les autres.

L’au­di­teur est loin d’être pas­sif, et glo est qua­si­ment un ins­tru­ment, car le petit boî­tier modi­fie les sons pro­duits sui­vant l’in­cli­nai­son de l’ap­pa­reil (à gauche, à droite, devant, der­rière), et sui­vant les sons qu’on lui pro­pose : ambiances natu­relles, grat­te­ments sur le boî­tier, paroles, chan­sons, … On peut éga­le­ment acti­ver les basses fré­quences alpha, beta, gam­ma ou the­ta, qui guident le cer­veau vers la médi­ta­tion, le repos, etc. 

Les pos­si­bi­li­tés sont gigan­tesques, telles que le démontrent les vidéos pro­po­sées sur la chaîne du col­lec­tif qui pro­duit ces petits appareils.

Conçus, fabri­qués et assem­blés en Irlande, les pro­duits de cette équipe sont conçus dans une démarche très ouverte. Sur le site de leur syn­thé­ti­seur gecho, on trouve plein d’in­for­ma­tions, de docu­men­ta­tion pour prendre en main leurs outils, les modi­fier, les assem­bler, les pro­gram­mer. On peut ain­si voir tous les élé­ments qui sont assem­bés dans glo, comme le sam­pler gra­nu­laire, dont les tex­tures pro­duites sont par­ti­cu­liè­re­ment impressionnantes…

Pour finir cette décou­verte, je vous pro­pose d’é­cou­ter quelques expé­ri­men­ta­tions sonores très simples, réa­li­sées avec glo le cacha­lot. Dif­fi­cile de per­ce­voir en les écou­tant le plai­sir que l’on a quand on inter­agit avec le dis­po­si­tif, car chaque son pro­duit, chaque geste que l’on fait est trans­for­mé dans l’u­ni­vers de glo… Mais avec ces quelques sons, aux cou­leurs très dif­fé­rentes, vous pour­rez per­ce­voir com­bien les uni­vers pos­sibles sont variés avec ce for­mi­dable petit objet.

Mercator, fanzine de cartographie

Il y a quelques semaines, j’ai vu dans mes fils d’ac­tua­li­té appa­raître le visuel d’un très bel objet, un fan­zine de car­to­gra­phie, édi­té par les arti­sans car­to­graphes.

Coup de chance, quand je suis allé visi­ter leur bou­tique en ligne, il res­tait encore un exem­plaire. Quelques jours plus tard, il arri­vait dans ma boîte aux lettres.

La cou­ver­ture, à la fois épu­rée et géo­gra­phique, séri­gra­phiée, la reliure japo­naise, le for­mat qua­si­ment car­ré. Tout donne envie de le parcourir.

Pour ce pre­mier numé­ro, le thème était « large », et chaque carte pro­po­sée vient don­ner une illus­tra­tion du thème.

Jus­tine Vignat pro­pose « une ville qui s’é­lar­git », bande des­si­née qui raconte la crois­sance d’une ville.

Chaque page déve­loppe son style, par­fois figu­ra­tif et tech­nique, par­fois oni­rique, dans un ensemble très réus­si. Pour qui aime les cartes, c’est un petit recueil de belles planches, à par­cou­rir sans retenue.

Vive­ment le deuxième numéro !

Ruse48, le replay

Comme chaque année, en août c’est Uto­pie Sonore. Et cette année, truc de fou, on s’est lan­cés le défi de faire 48 heures de radio non stop. C’é­tait drôle, pas­sion­nant, épui­sant, émou­vant… Avec Théo du cri de la girafe, on s’est défon­cés, en s’im­pli­quant sur tous les aspects avec nos cama­rades : ins­tal­la­tion des lieux, mise en place du pla­teau, du strea­ming en direct, orga­ni­sa­tion des émis­sions, ani­ma­tions, etc. 

Évi­dem­ment, il fal­lait finir de mettre ça en réécoute. Grâce aux radios FM qui ont redif­fu­sé l’é­mis­sion (mer­ci à Radio Cam­pus Cler­mont et à Canal Sud), on a ras­sem­blé la qua­si-tota­li­té des 48 heures. Après un tra­vail achar­né d’A­naïs, on a pu retrou­ver en ligne les prin­ci­paux moments de ce flux.

Et puis on a pré­pa­ré l’ou­til qui per­met la réécoute : un lec­teur en ligne des 48 heures, sous forme d’un site inter­net dyna­mique… Anaïs a pro­po­sé le desi­gn, et je me suis col­lé à la mise en œuvre : html, css, javas­cript. Et voi­là : Ruse48, la réécoute.

En plus des petits bonus cachés ici ou là dans le flux, on peut retrou­ver ma voix dans dif­fé­rentes émissions.

La présentation de Ruse

Un petit moment d’im­pro­vi­sa­tion aux grandes lignes conve­nues avec Anaïs, pour racon­ter ce qu’est Ruse48, et Uto­pie Sonore.

Conversation inutile : mettre ses chaussures avant ou après le manteau ? 

Une per­for­mance col­lec­tive issue des expé­ri­men­ta­tions de l’a­te­lier impro­vi­sa­tion mené par Solène.

Le coloriste

À Uto­pie Sonore cette année, j’ai ren­con­tré Julien, un type très chouette au métier qui me pas­sionne : colo­riste modèle. 48 heures de radio, ça lais­sait lar­ge­ment le temps d’une interview !

Portrait de Pol’n

En arri­vant à Pol’n, j’ai eu très envie de faire un por­trait du lieu… Pol’n, c’est un espace dont les murs appar­tiennent à la ville, et où des asso­cia­tions et col­lec­tifs font vivre leurs pro­jets. Un léger goût de co-wor­king, de tiers-lieu et d’agile et de dis­rup­tif… Vous en vou­lez encore une louche ?

Le manifeste du CLHEE

On trouve sur le site du Col­lec­tif Lutte et Han­di­caps pour l’Égalité et l’Émancipation le mani­feste qui porte ses valeurs. Il était tôt le matin, ma lec­ture n’est pas fluide, mais heu­reu­se­ment Fred Spout­nik offre à nos oreilles une belle impro­vi­sa­tion à la guitare…

Émission sur le validisme

Nous étions plu­sieurs à nous inté­res­ser à cette ques­tion du vali­disme, et nos dis­cus­sions ont mené à la réa­li­sa­tion d’une émis­sion où l’on explore quelques-uns des aspects du vali­disme, et de la remise en ques­tion de la norme en général.

Sur la voix

Quand on réunit une bande de passionné·e·s du son autour d’un pla­teau avec des micros, dif­fi­cile de se rete­nir de par­ler de la voix…

Émission sur la fiction

La fic­tion est sou­vent consi­dé­rée comme un exer­cice périlleux à la radio, même par les gens qui la pra­tiquent régu­liè­re­ment. Dans cette émis­sion, on aborde la manière de faire de la fic­tion, et le plai­sir d’en écouter.

Impro de 4 heures du matin

Quand on fait de la radio sans inter­rup­tion pen­dant 48 heures, en dor­mant à peine un heure ou deux, on en arrive vite à faire un peu n’im­porte quoi… Vers 4 heures du mat”, on appelle ça de l’impro !

Le caca

Un sujet qui pour­rait paraître glis­sant, mais que Solène et les participant·e·s de ce pla­teau radio ont réus­si à évo­quer sans gêne ni mal­adresse. C’é­tait la pre­mière émis­sion où j’é­tais com­plè­te­ment à la réa­li­sa­tion, et j’ai aus­si un peu pris le micro, pour par­ler de gant de toilette.

La langue

J’ai eu la chance d’é­chan­ger avec Laris­sa Cle­ment­Bel­ha­cel sur de son tra­vail de la série Lin­guis­tics qu’elle est en train de réaliser.

Désordre salutaire

Anaïs au micro, Fred et jm au micro, et puis Iris à la tex­ture sonore, puis au mon­tage avec Anaïs, pour échan­ger sur l’a­léa­toire, le hasard, le chaos, et tout ce qui va avec.

Music-hall et audiodescription

L’au­dio­des­crip­tion, c’est quelque chose qui me pas­sionne. Quand Laure me pro­pose d’é­chan­ger avec elle sur cette pra­tique au micro de Ruse48, sûr que je ne dis pas non.

Lectures pour une cartographie sensorielle

Dans quelques jours, j’or­ga­nise avec Med­dy Escu­riet, doc­to­rant en géo­gra­phie, et Gau­thier Fillières-Riveau, doc­to­rant en infor­ma­tique, un ate­lier inti­tu­lé par­cours urbains et car­to­gra­phies sen­so­rielles, dans le cadre de SAGEO, la confé­rence fran­co­phone en géo­ma­tique. Il s’a­git d’une cer­taine manière d’un pont entre les pro­blé­ma­tiques de recherche déjà explo­rées autour de la car­to­gra­phie et des outils mul­ti­sen­so­riels pour l’ac­ces­si­bi­li­té spa­tiale d’une part, et de mes acti­vi­tés autour du son.

Afin de pré­pa­rer au mieux cet ate­lier, aux fron­tières entre géo­gra­phie et infor­ma­tique, j’ai repen­sé à mes lec­tures pas­sées, et explo­ré de nou­veaux titres. J’ai aus­si beau­coup repen­sé à Gilles Mala­tray et à son approche de l’é­coute de la ville. J’a­vais eu la chance de par­ti­ci­per à une de ses pro­me­nades à l’oc­ca­sion du fes­ti­val [SONOR] en 2016, et je conti­nue de le lire avec plai­sir. Une manière d’in­ves­tir concrè­te­ment la ville, par l’é­coute et le son.

Le paysage sonore

Une des approches les plus mar­quantes sur la ques­tion du pay­sage sonore, c’est bien sûr le tra­vail de Mur­ray Scha­fer, retrans­crites dans un livre récem­ment repu­blié, dont j’a­vais par­lé il y a deux ans. Ses tra­vaux, qui s’ap­pa­rentent à une démarche à la fois scien­ti­fique et artis­tique, s’in­té­ressent à la ques­tion des pay­sages sonores, de leur dimen­sion éphé­mère, évo­lu­tive, et pro­pose quelques outils pour les étu­dier. J’aime par­ti­cu­liè­re­ment y retrou­ver la lec­ture sim­pli­fiée des notions construites par Pierre Schaef­fer sur la des­crip­tion des sons.

De l’espace sonore

J’a­vais par­lé il y a peu de Tacet, cette revue de recherche bilingue qui aborde les arts sonores sous toutes ces facettes, pro­po­sée par la Haute école des arts du Rhin et Les Presses du réel.

Le numé­ro trois aborde l’es­pace sonore. Cha­cun des articles aborde une par­tie de l’his­toire de l’ap­pro­pria­tion de l’es­pace par les artistes, évi­dem­ment en sol­li­ci­tant Mur­ray Scha­fer, mais en par­cou­rant aus­si tout les mou­ve­ments liés aux ins­tal­la­tions, et à l’oc­cu­pa­tion de l’es­pace public. Très riche et com­plé­men­taire des tra­vaux pré­sen­tés dans les autres livres de cette sélection.

L’espace sonore en milieu urbain

Solène Mar­ry est doc­teur en urba­nisme. L’es­pace sonore en milieu urbain est une édi­tion de ses tra­vaux de thèse, aux Presses Uni­ver­si­taires de Rennes, que je trouve très acces­sibles, et qui défrichent un cer­tain nombre de pro­blé­ma­tiques liées au voca­bu­laire de l’es­pace public, et à l’im­por­tance de la dimen­sion sonore de ces places. Construit autour d’une série d’en­quêtes, ce tra­vail ques­tionne notam­ment la place que l’on donne au sonore dans notre res­sen­ti de l’am­biance des espaces publics. Dans ces enquêtes, on retrouve aus­si beau­coup d’in­ter­ro­ga­tions autour des maté­riaux (miné­raux, végé­taux) qui ali­mentent le res­sen­ti de ces places. On y trouve aus­si plu­sieurs exemples de cartes men­tales sonores, ce à quoi pour­raient res­sem­bler les pro­duc­tions de notre ate­lier de novembre.

Les Cinq sens de la ville

À l’oc­ca­sion de Lon­gueur d’ondes 2017, j’a­vais ren­con­tré Mylène Par­doën, qui avait pré­sen­té à mon micro son pro­jet de recons­ti­tu­tion sonore du Paris du 18e siècle, pour l’émis­sion sen­sa­tion. J’ai tou­jours éprou­vé pour son tra­vail une grande fas­ci­na­tion, pour sa dimen­sion scien­ti­fique et artis­tique. Les cinq sens de la ville est une pro­me­nade par­mi les ques­tion­ne­ments et pro­blé­ma­tiques des his­to­riens de la ville et des sens. Mylène Par­doën y parle ici de la musique mili­taire et de sa place dans la ville. Évi­dem­ment, le sonore a plei­ne­ment sa place dans ce livre, mais les autres sens sont aus­si pré­sents, qui évoquent ain­si la ques­tion de l’am­biance et de l’i­den­ti­té de la ville. 

Poli­tique, contrôle social, et inti­mi­té, XIXe siècle, Paris, Istam­bul, époque médié­vale, musique dans les villes alle­mandes, on peut lire beau­coup dans notre per­cep­tion sen­so­rielle de la ville.

Paysages sensoriels, essai d’anthropologie

Sous-titré « essai d’an­thro­po­lo­gie de la construc­tion et de la per­cep­tion de l’en­vi­ron­ne­ment sonore », cet ouvrage aux nom­breux auteurs impri­mé sur beau papier, et avec une très chouette cou­ver­ture m’a été sug­gé­ré par Med­dy Escu­riet, avec qui je vais co-ani­mer l’a­te­lier de SAGEO. On y retrouve évi­dem­ment un cha­pitre au sujet du CRESSON, cette équipe de recherche de l’é­cole d’ar­chi­tec­ture de Gre­noble, dont le tra­vail est pas­sion­nant. On parle aus­si de musique (et de Scha­fer), mais aus­si de pay­sage sonore alpin, de car­to­gra­phie sonore, ou d’es­pace sculp­té par le son. Je n’ai pas encore fini de le lire, mais chaque article apporte un point de vue com­plé­men­taire et pas­sion­nant sur la ques­tion, défi­ni­ti­ve­ment moderne ! 

Paysages sensoriels, approches pluridisciplinaires

Sous-titré « approches plu­ri­dis­ci­pli­naires », cet ouvrage édi­té par les Presses Uni­ver­si­taires de Rennes. Chaque article s’ancre défi­ni­ti­ve­ment dans une approche mul­ti­dis­ci­pli­naire, en inter­ro­geant le concepte de pay­sages sen­so­riels depuis les sciences humaines et sociales. Là aus­si un article de Mylène Par­doën, qui y raconte son pro­jet Bre­tez. On se pro­mène aus­si à Byzance, en Rome ancienne, on écoute les grèves minières du XIXe siècle…

Pay­sages mono­sen­so­riels et plu­ri­sen­so­riels, sen­si­bi­li­té, sub­jec­ti­vi­té, mais aus­si synes­thé­sie. De nom­breuses points d’en­trée pour sen­tir la ville…

Comment j’apprends sur la musique

Depuis deux ans main­te­nant, j’ai com­men­cé à apprendre beau­coup sur la musique. À part la flûte au col­lège, et des bidouilles avec FastTraker2 sans len­de­main au lycée, je n’a­vais jamais eu l’oc­ca­sion de com­prendre com­ment tout cela marchait.

Il y a plein de manières d’ap­prendre. J’ai bien sûr sui­vi la voie clas­sique en lisant sur la théo­rie de la musique. Mais il y avait fina­le­ment dans ma pra­tique des portes plus évidentes.

D’une part, depuis la phy­sique du son, on peut com­prendre plein de choses sur les har­mo­niques, la matière même de la musique, sur la manière de fabri­quer des ins­tru­ments… De ces explo­ra­tions, j’ai pro­duit un docu­ment à des­ti­na­tion des enseignant·e·s en mathé­ma­tiques qui parle de son et mathé­ma­tiques, et un pos­ter qui raconte ce qu’est le son. Tout cela per­met aus­si de com­prendre plein de choses à la mode, comme le son binau­ral.

Une autre porte d’en­trée natu­relle depuis ma pra­tique vers la musique est le che­min qui part de l’ex­pres­sion radio­pho­nique. Là aus­si, au fil de mes explo­ra­tions, j’ai com­pris plein de choses, que j’ai ten­té de retrans­mettre régu­liè­re­ment ici : réa­li­sa­tion d’un conduc­teur dyna­mique, uti­li­sa­tion d’un enre­gis­treur, ou encore quelques élé­ments d’une pièce radio­pho­nique, qui com­mence à s’in­ter­ro­ger sur la manière de construire une émis­sion de radio avec des outils que pour­rait sol­li­ci­ter un musicien.

Une der­nière porte évi­dente, c’est la musique elec­tro­nique. J’en écoute depuis tou­jours, j’aime énor­mé­ment lire à ce sujet, et je me suis amu­sé il y a quelques étés à pro­po­ser sous forme de carte men­tale inter­ac­tive quelques élé­ments de l’his­toire de cette pra­tique musi­cale. Dans ma pra­tique d’ar­ti­san du son pour la radio, j’ai pro­gres­si­ve­ment affi­né ma com­pré­hen­sion des outils infor­ma­tiques, pour mon­ter, mixer, mais aus­si pro­duire du son syn­thé­tique. Je racon­tais ces décou­vertes il y a quelques temps sur ce blog, en évo­quant les logi­ciels pour le mon­tage son sous GNU/Linux.

Bien sûr, j’ai beau­coup lu sur ces ques­tions, et dis­cu­té avec des gens qui font, à Radio Cam­pus Cler­mont, à Uto­pie Sonore, et dans plein d’autres endroits aus­si. Mais il ne faut pas oublier la puis­sance des vidéos en ligne, qui per­mettent de décou­vrir plein de conte­nus, sou­vent très péda­go­giques, par­fois drôles, tou­jours enri­chis­sants. Je vou­lais pro­po­ser ici une liste non exhau­sive des chaînes you­tube qui ont mar­qué mon appren­tis­sage, et le jalonnent encore.

Monter, mixer, et travailler du son en numérique

Unfa, c’est grâce à lui que j’ai iden­ti­fié une grande par­tie des logi­ciels que j’u­ti­lise au quo­ti­dien pour faire du son. Dans ses vidéos, il axe prin­ci­pa­le­ment son pro­pos sur la pro­duc­tion de musique, mais les approches qu’il pré­sente sont uti­li­sables pour tout type de pro­duc­tion sonore.

Voi­ci par exemple une vidéo qui pro­pose un aper­çu des logi­ciels qu’ils utilise :

Quels logi­ciels libres uti­li­ser pour pro­duire de la musique ?

Au fil des mois, j’ai trou­vé sur sa chaîne plein d’exemples très bien illus­trés d’é­ga­li­sa­tion, de com­pres­seurs, d’am­plis, de trai­te­ments side chain. Une mine d’in­for­ma­tion, que l’on peut faci­le­ment trans­po­ser à d’autres logi­ciels, car Unfa explique soi­gneu­se­ment les choses, et pas uni­que­ment sur l’as­pect inter­face logiciel.

J’a­vais déjà écrit sur le site du cri de la girafe au sujet d’É­tienne Trem­blay, de la machine à mixer. J’aime beau­coup son éner­gie, les exemples variés qu’il pro­pose, là aus­si pour mixer/masteriser de la musique. On y trouve des choses très poin­tues, mais aus­si des choses plus simples, comme cette vidéo sur le low cut :

Quand et com­ment uti­li­ser un low cut, par Étienne Trem­bay, de la machine à mixer.

Sur d’autres sujets, plus orien­tés vers la créa­tion vocale, on peut aus­si écou­ter ce que fait Roo­mie, comme par exemple cette vidéo sur l’autotune :

Cor­ri­ger une chan­son avec auto­tune, ça peut aller jus­qu’à où ?

Il existe plein de manières de tra­vailler le son pour le stu­dio. J’aime beau­coup le tra­vail d’An­drew Huang, et la manière dont il se pro­mène entre numé­rique et élec­tro­nique (voir plus bas). Dans les vidéos qu’il pro­pose, on trouve notam­ment ce petit défi lan­cé à des pro­duc­teurs-you­tu­beurs, qui partent de la même banque de sons pour pro­duire cha­cun un mor­ceau différent : 

4 pro­duc­teurs, une banque de son. Ani­mé par Andrew Huang.

Capter du son

Quand on devient un geek du micro et de l’en­re­gis­tre­ment, on en arrive vite à repé­rer la chaîne Booth Jun­kie. On y apprend plein de choses sur les micros, sur la manière de trai­ter une cabine d’en­re­gis­tre­ment, sur la manière de poser sa voix, d’u­ti­li­ser un filtre anti-pop, … Les vidéos sont assez tech­niques, mais l’au­teur est enthou­siaste, dyna­mique, et je ne me lasse jamais de son travail.

Quel filtre anti-pop choisir ?

Roo­mie (dont j’ai par­lé plus haut) est un you­tu­beur qui raconte beau­coup de choses de sa vie de chan­teur. Par­mi ses vidéos orien­tées plus per­for­mances, il pro­pose par­fois du conte­nu autour de la cap­ta­tion du son, de la voix pour le micro :

Astuces pour le chant

Dans un style très dif­fé­rent, beau­coup plus ingé­nieur du son, on peut regar­der la chaîne Sound speed, avec des vidéos comme cut­ting thru the mix, qui raconte les fré­quences pro­duites par la voix, cap­tées par les micros, enceintes de moni­to­ring, leur réponse, évoque la pres­by­cou­sie, puis com­ment fil­trer les fré­quences pour gar­der la cla­ri­té d’une voix par­mi un mix :

Travailler le son en électronique

Dans les chaînes pré­sen­tées jus­qu’à pré­sent, on aborde plus la ques­tion du mixage par une sta­tion de tra­vail numé­rique (un ordi­na­teur, quoi). Mais il existe plein de maté­riel élec­tro­nique pour faire de la musique : syn­thé­ti­seurs (modu­laires ou non), oscil­la­teurs, équa­li­seurs, filtres, etc.

Pour décou­vrir les pra­tiques actuelles, j’aime bien regar­der ce que fait Andrew Huang, car il s’in­té­resse à la fois aux pra­tiques his­to­riques, mais n’hé­site pas à com­bi­ner dans sa pra­tique des machines plus récentes, et même l’ordinateur :

Un syn­thé­ti­seur ana­lo­gique, le Life­forms Modu­lar sv‑1

Alex Ball quant à lui est un fon­du des syn­thé­ti­seurs et ins­tru­ments ana­lo­giques anciens, qui pro­pose des démons­tra­tions live de ses ins­tal­la­tions. Pour en prendre plein les yeux, et plein les oreilles :

Synths et drum machines trai­tées par un mixer Maxon vintage.

Les bidouilleurs de machines

True Cuckoo est un bidouilleur de son qui pro­pose des vidéos sur plein de maté­riel, outils, délires autour du son et de la musique. J’aime son enthou­siasme et sa curio­si­té délicate :

PO-35 speak, un sam­pler et modi­fieur de voix.

Si vous aimez la grosse bidouille, la sou­dure, les ardui­no et l’im­pres­sion 3D, vous connais­sez for­cé­ment Evan Kale. Ou alors allez voir ses vidéos, au rythme décoif­fant, plein d’es­sais-erreurs, de tests, d’ex­plo­ra­tions, et de ter­ribles réussites.

Un cla­vier midi en mode cyberpunk.

Il y a aus­si Simon The Mag­pie, qui soude, casse, assemble, dis­tord à peu près tout ce qui lui passe dans la main, en essayant d’être le moins poli­ti­que­ment correct. 

Et si on conti­nue d’ex­plo­rer les limites de l’im­pos­sible, on tombe vite sur Look mum no com­pu­ter, un grand malade qui assemble un maxi­mum de machines qui ne sont pas des ordi­na­teurs (ou du moins pas plus récents que des 486) pour faire du son… Qui sonne bien. Game boys, fur­bies, cir­cuits mai­son, tout devient élé­ments de son énorme syn­thé­ti­seur modulaire…

Uti­li­ser trois game­boys comme géné­ra­trices oscil­la­toires, pour la syn­thèse de son.

Comprendre et écrire la musique

Avant de s’in­té­res­ser à la manière d’é­crire de la musique, il est inté­res­sant d’a­voir les clés pour écou­ter et com­prendre la musique exis­tante. Par­mi les chaînes you­tube inté­res­santes sur la ques­tion, je trouve le tra­vail de pvno­va super acces­sible aux non experts. J’aime bien par exemple sa série expé­rience, qui raconte com­ment créer un mor­ceau de musique actuelle, en s’im­po­sant suc­ces­si­ve­ment 28 styles dif­fé­rents. Ça per­met de décor­ti­quer soi­gneu­se­ment ces styles musi­caux, sous une forme vrai­ment ludique.

Com­po­ser des ins­trus rap, par pvnova

Andrew Huang, dont j’ai par­lé plus tôt, anime une com­mu­nau­té très enthou­siaste. Quand il s’in­té­resse à la com­po­si­tion, ça peut don­ner ça :

Quand les abon­nés à la chaîne de Andrew Huang finissent puis arrangent tous le même débur de mélodie.

Dans un style plus poin­tu, et où l’on découvre la pra­tique quo­ti­dienne d’une com­po­si­trice-inter­prète, j’aime bien regar­der le tra­vail de Nahre Sol. Plein d’i­dées, et de pro­po­si­tions d’ac­ti­vi­tés, comme par exemple ces exer­cices simples au clavier :

Exer­cices d’é­chauf­fe­ment au clavier.

Il y a aus­si Ben Levin, gui­ta­riste qui en met plein les yeux et les oreilles, qui sait emme­ner son audi­teur dans une ana­lyse fine de la pra­tique. Sur sa chaîne, on trouve des choses très variées, comme par exemple ce qu’est réel­le­ment écrire une chanson :

Écrire une chan­son, la réa­li­té selon Ben Levin.

Adam Nee­ly est aus­si quel­qu’un que j’aime beau­coup écou­ter. Il faut ici une bonne maî­trise du sol­fège pour com­prendre plei­ne­ment ce qu’il explore. Ce n’est pas mon cas, mais j’y trouve tout de même mon compte. Je le trouve très bon vul­ga­ri­sa­teur, il donne une bonne intui­tion des pro­blé­ma­tiques de la com­po­si­tion et des arran­ge­ments. Ici par exemple, il pré­sente un tra­vail de réhar­mo­ni­sa­tion d’un mor­ceau, pour que les accords tra­duisent l’in­ten­tion émo­tion­nelle du texte :

Adam Nee­ly raconte com­ment il tra­vaille à la réhar­mo­ni­sa­tion d’un morceau.

Enfin, j’aime écou­ter David Bruce, un com­po­si­teur qui raconte sa pra­tique, mais pro­pose aus­si de par­cou­rir un grand nombre de registres et de thèmes de la com­po­si­tion. Il parle d’orches­tra­tion, de théo­rie de la musique, de rythme, d’ins­tru­ments… On trouve sur sa chaîne plein de choses amu­santes pour les geeks de la musique, comme cette vidéo dédiée à la ques­tion de la com­po­si­tion avec une seule note :

Com­ment com­po­ser avec une seule note.

Il existe encore bien sûr une foule d’autres canaux pour décou­vrir cette ques­tion, sans doute des pod­casts j’i­ma­gine. Si vous en connais­sez que je n’ai pas cité, n’hé­si­tez pas à les indi­quer en com­men­taire, ça m’in­té­resse énormément !

Electrosound

Dans le cadre de la fête de la science, la média­thèque Hugo Pratt de Cour­non d’Au­vergne accueille l’ex­plo­si­tion Elec­tro­sound. C’est jus­qu’au 2 novembre 2019, foncez‑y !

Très bien pen­sée, inter­ac­tive, l’ex­plo­si­tion est com­po­sée de plus d’une dizaine de modules, cha­cun d’eux per­met­tant de com­prendre un aspect du son, avec une dimen­sion très orien­tée musique. Les infor­ma­tions com­plé­men­taires sont mises en avant par un gra­phisme dyna­mique, qui perd par­fois un peu l’œil, mais offre un ensemble visuel très attirant.

On y trouve par exemple une sta­tion de mixage, com­po­sée d’un logi­ciel mul­ti­plistes (rea­per) accom­pa­gnée d’un contrô­leur (Korg nano­KON­TROL Stu­dio). Cha­cune des huit pistes cor­res­pond à un élé­ment du groupe de musique, ou est une piste d’ef­fets. On se retrouve alors en contexte pour contrô­ler le niveau de cha­cune des pistes, à la manière d’un tech­ni­cien son lors d’un concert. 

Décou­vrir le mix de concert avec un contrô­leur 8 tranches.

On trouve aus­si des modules orien­tés vers la décou­verte du son en géné­ral, avec une borne d’é­coute agré­men­tée d’un écran, pour mettre en évi­dence des phé­no­mènes amu­sants. Il pro­pose notam­ment à l’é­coute l’ex­pé­rience bien connue de son binau­ral avec le salon de coif­fure virtuel.

Un module pro­po­sant quelques phé­no­mènes et illu­sions sonores : l’effet Dop­pler, le para­doxe de She­pard, l’effet McGurk, …

Un peu plus loin, on trouve un module quizz, qui per­met d’é­cou­ter trois ver­sions d’un même mor­ceau, plus ou moins gros­siè­re­ment enco­dé en mp3. Et il faut le dire, vrai­ment dur de déce­ler la dif­fé­rence à l’é­coute rapide entre mp3 128, mp3 192 et wav non compressé !

« The­re’s A Word » de Neil Young, pro­po­sé pour le quizz à la com­pres­sion mp3.

Les sons du monde

Il y a quelques années, la décou­verte du tra­vail de Mur­ray Scha­fer sur l’é­co­lo­gie sonore avait inten­si­fié mon inté­rêt pour l’é­coute atten­tive du monde. Cette ques­tion du pay­sage sonore, pro­duit par tous les élé­ments de la bio­sphère, de l’hu­ma­ni­té, de ses machines, ça invite à se ques­tion­ner sur notre écoute, et sur les moyens que nous avons d’y être attentifs.

Cette semaine à Cler­mont-Fer­rand, deux ren­dez-vous per­met­taient de s’y confronter.

L’esprit des lieux

L’es­prit des lieux est un film docu­men­taire de Sté­phane Man­che­ma­tin et Serge Steyer, qui nous per­met de tendre une oreille dans l’u­ni­vers de Marc Nam­blard, un audio-natu­ra­liste qui capte avec ses micros les sons du monde.

J’a­vais raté le film aux fes­ti­vals traces de vies et lon­gueur d’ondes l’an­née der­nière, mais on m’en avait dit le plus grand bien. Et cette semaine, c’é­tait la Jetée qui le pro­gram­mait pour son heure du doc.

Pen­dant 1h31, on découvre pro­gres­si­ve­ment le quo­ti­dien de Marc Nam­blard, sa pra­tique d’en­re­gis­tre­ment de la forêt, l’im­por­tance de l’é­coute dans son quo­ti­dien et celui de sa famille. À la fois très peu par­lant quand on est sur le ter­rain, et au contraire plein de voix qui racontent le son pen­dant les séances d’é­coutes, on est gui­dés dans la décou­verte des fré­quences d’ex­pres­sion des ani­maux, dans les rythmes de la forêt et de ses habi­tants à poils et à plumes.

Pour celles et ceux qui aiment le son et sont atten­tifs au monde, cette pro­me­nade sonore est un véri­table bonheur.

On en res­sort aus­si avec le sen­ti­ment d’a­voir été gui­dés par les réa­li­sa­teurs dans un monde pai­sible, par­fois presque arti­fi­ciel tel­le­ment tout semble bien se pas­ser. C’est à la fois très beau, et un peu dérou­tant. Hors du temps, hors du monde.

La voix humaine parmi les sons du monde

Ce jeu­di, dans le cadre de la fête de la science, astu’s­ciences pro­po­sait une confé­rence dis­cus­sion, ani­mée par Julien Mar­tin, chan­teur-voca­liste, et inti­tu­lée la voix humaine par­mi les sons du monde.

L’a­morce de la dis­cus­sion a été la défi­ni­tion par le dic­tion­naire ou l’en­cy­clo­pé­die de la voix humaine, l’i­den­ti­fi­ca­tion de limi­ta­tions liées à cette défi­ni­tion (quid de la voix chu­cho­tée, des clics)… Puis on a dis­cu­té d’har­mo­niques, de dic­tion, de boucle audio-pho­na­toire. Comme des échos à notre pro­po­si­tion du same­di pas­sé, mais aus­si à quelques lec­tures pas­sées, notam­ment autour de l’appa­reil pho­na­toire.

Une fois fixés sur le péri­mètre plus ou moins pré­cis de la défi­ni­tion de voix humaine, Julien nous a amené·e·s à explo­rer les sons du monde, avec le même esprit d’é­coute de la nature que celle racon­tée par le film l’es­prit des lieux, et par le pay­sage sonore. On a par­lé bandes de fré­quences, niches pho­niques, évo­lu­tion, musi­ca­li­té des chants. On a écou­té une chauve-sou­ris grâce à des trans­po­si­tions, décou­vert les sub­ti­li­tés du chant d’une fau­vette à tête noire grâce au relen­tis­se­ment de la bande. Puis on a fini par écou­ter une cap­ta­tion d’un chant de tra­vail au milieu d’une forêt, les oiseaux et les humains se syn­chro­ni­sant en mélo­die et en rythmes.

C’é­tait riche, pas­sion­nant, et ça donne encore envie d’en voir plus. Ça tombe bien, je conti­nue cet après-midi les ate­liers coder la musique, cette fois-ci à la média­thèque Hugo Pratt de Cour­non d’Auvergne.

Le son, qu’est-ce que c’est ?

Same­di der­nier, nous pro­po­sions avec le cri de la girafe une ani­ma­tion sur le mar­ché de Riom autour de la des­crip­tion du son, dans le cadre de la fête de la science. En quelque sorte une exten­sion de l’a­te­lier ch’ai faire, ch’ai dire.

Pour accom­pa­gner les participant·e·s sur la des­crip­tion du son, j’ai construit une affiche, en m’ins­pi­rant des idées déve­lop­pées pour l’ac­ti­vi­té de l’I­REM son et mathé­ma­tiques.

Aper­çu de l’af­fiche le son, qu’est-ce que c’est ? qui raconte la pro­pa­ga­tion du son, et son ana­lyse, puis le voca­bu­laire de des­crip­tion associé.

Nous avons tiré le pos­ter au for­mat A0, ce qui per­met de voir tous les détails. Pro­pa­ga­tion du son, fré­quence, inten­si­té, spec­tro­gramme, enve­loppe, grain, … Les prin­ci­paux ingré­dients pour dire des choses sur le son. À télé­char­ger depuis le lien Le son, qu’est-ce que c’est ? au for­mat pdf.

Bien sûr, je tiens à la dis­po­si­tion de qui le sou­haite la ver­sion source, au for­mat svg. Je le met­trai pro­chai­ne­ment en ligne, accom­pa­gné de la licence adaptée.

Radio, sons, composition

Voi­là quelques années main­te­nant que je m’in­té­resse à la ques­tion du son, et à tous les livres qui traitent du sujet. En par­ti­cu­lier, j’aime explo­rer la diver­si­té des points de vue, des dis­ci­plines qui en parlent. 

Je conti­nue donc à par­ta­ger quelques-uns des livres que j’ai croi­sé ces der­niers mois.

Les compositeurs et l’art radiophonique

C’est quelques semaines avant de com­men­cer l’é­mis­sion Léthar­giques Sub­stances Dis­pa­rates que j’ai dévo­ré ce livre d’An­drea Cohen, qui reprend les grandes idées qu’elle a déve­lop­pé dans sa thèse de doc­to­rat en musi­co­lo­gie. J’a­vais déjà dit ici que j’ai­mais le tra­vail de Jean-Yves Bos­seur, son direc­teur de thèse. On retrouve dans le tra­vail d’An­drea Cohen la grande curio­si­té au monde de la musique, un tra­vail d’ex­haus­ti­vi­té, à la fois pré­cis, com­pré­hen­sible, et passionnant. 

On par­court avec l’au­trice le XXe siècle, pour s’in­ter­ro­ger sur les pra­tiques des com­po­si­teurs à la radio, sur les dif­fé­rentes formes que cela peut prendre, sur les contraintes et les pos­si­bi­li­tés liées au for­mat. C’est clai­re­ment avec ce texte en tête que nous avons construit l’é­mis­sion Léthar­giques Sub­stances Disparates…

Les com­po­si­teurs d’art contem­po­rain, Andrea Cohen

Intimité, de Nicolas Frise

Dans ce jour­nal de la rési­dence du com­po­si­teur Nico­las Frize et des sala­riés de l’u­sine PSA Peu­geot Citroën de Saint-Ouin, qui a mené au pro­jet Inti­mi­té, on découvre la ren­contre entre des ouvriers qui savent que leur usine va bien­tôt s’ar­rê­ter, et un com­po­si­teur pas­sion­né de son, et de ren­contres humaines. On y lit la décou­verte de l’é­coute, les mots pour dire le son, pour racon­ter un quo­ti­dien où le mot péni­bi­li­té existe…

Inti­mi­té, usine PSA, créa­tion musi­cale, Nico­las Frize

Tacet, sound in the arts

Tacet, c’est une revue de recherche bilingue — tous les articles sont impri­més en anglais et en fran­çais — qui aborde les arts sonores sous toutes ces facettes. Elle est pro­po­sée par la Haute école des arts du Rhin et Les Presses du réel.

Le troi­sième numé­ro, l’es­pace sonore, a une cou­ver­ture argen­tée. Il réveille en moi les doux sou­ve­nirs véhi­cu­lés par la col­lec­tion ailleurs et demain. Les articles sont riches, divers, et explorent la ques­tion de l’es­pace sous tous ces angles. On y trouve des points com­muns avec Locus Sonus, dont j’a­vais déjà par­lé ici. Le qua­trième numé­ro traite des sono­ri­tés de l’u­to­pie, et c’est grâce à un exem­plaire croi­sé à Uto­pie Sonore 2019 que j’ai décou­vert la revue. Une manière pas­sion­nante de ques­tion­ner le son, où plein de choses s’y croise. On y lit même un texte sur Pierre Schaef­fer, qui pour­tant semble loin de la ques­tion des utopies…

Tacet, sound in the arts, #4 : sono­ri­tés de l’utopie

L’hypothèse du Baobab, de Thomas Baumgartner

Sous-titré notes sur la radio, ce petit bou­quin d’une soixan­taine de pages fait par­fois pen­ser à un autre livre du même auteur, Le goût de la radio et autres sons, dont j’a­vais déjà par­lé ici. Il s’a­git là aus­si d’un recueil de textes sur la radio, mais qui semblent plus per­son­nelles. Aucune réfé­rence n’est d’ailleurs don­née, on se pro­mène avec l’au­teur dans ses réflexions autour de la radio et du son. C’est sou­vent drôle, et pour qui a pra­ti­qué la radio, sou­vent très évocateur…

L’hy­po­thèse du Bao­bab, de Tho­mas Baumgartner

Musiques du Kébèk, ouvrage collectif présenté par Raôul Duguay

C’est Fran­çois qui a rame­né ce livre du Qué­bec. Je ne connais­sais pas Raôul Duguay, mais de l’autre côté de l’At­lan­tique, c’est une référence.

Ce livre, édi­té en 1971, raconte une his­toire de la musique contem­po­raine, vue depuis le Qué­bec, où la musique d’im­pro­vi­sa­tion et le jazz libre semblent avoir une part impor­tante. Les articles sont par­fois très tech­niques, sou­vent pas­sion­nés. Une curio­si­té pour un lec­teur européen.

Musiques du Kébèk, ouvrage col­lec­tif pré­sen­té par Raôul Duguay

Fête de la science 2019

Comme chaque année, les labo­ra­toires, uni­ver­si­tés, asso­cia­tions scien­ti­fiques se mobi­lisent en octobre à tra­vers la France pour orga­ni­ser des évé­ne­ments à des­ti­na­tion du grand public avec une idée clé : faire décou­vrir les beau­tés de la science.

Depuis le début de mes acti­vi­tés uni­ver­si­taires, j’y ai peu par­ti­ci­pé. Mais cette année, plu­sieurs élé­ments m’ont pous­sé à pro­po­ser des ateliers.

Tout d’a­bord, l’as­so­cia­tion Asc­tu’s­cience a choi­si cette année comme thème Raconte le son. Et ça fait un paquet de temps que je m’in­té­resse à cette ques­tion. Et puis avec les dif­fé­rents pro­jets qui émergent dans la trace de Com­pas, j’ai très envie de racon­ter des choses au sujet de la car­to­gra­phie, et de l’accessibilité. 

Alors voi­là le programme !

Coder la musique

Coder la musique, c’est un ate­lier qui sera pro­po­sé le same­di 5 octobre à la média­thèque de Riom, et le same­di 12 octobre à la média­thèque de Cour­non d’Au­vergne. Il s’a­git de l’a­te­lier mathé­ma­tiques et musique que nous avons conçu l’an­née der­nière à l’I­REM de Cler­mont, dans le groupe Infor­ma­tique sans Ordi­na­teur, et qui sera bien­tôt pro­po­sé sur le site de l’Ins­ti­tut pour les ensei­gnants de pri­maire et collège.

En quelques mots, il s’a­git d’ex­plo­rer ce qu’est un spec­tro­gramme, com­ment on le lit, et com­ment c’est lié à la musique, à la hau­teur des notes, à leur durée, etc. C’est scien­ti­fique et ludique, et on fini par un petit concert de boomw­ha­kers !

Ch’ai faire, ch’ai dire

Ch’ai faire, ch’ai dire, c’est un ate­lier ima­gi­né avec Théo du cri de la girafe, que l’on avait notam­ment pro­po­sé à Uto­pie Sonore 2017, et auprès d’un public de jeunes défi­cients visuels.

Dans cet ate­lier, on explore le voca­bu­laire qui per­met de décrire le son, en construi­sant col­lec­ti­ve­ment un cor­pus de mots, les plus pré­cis et com­pré­hen­sibles pos­sible, en s’ins­pi­rant au besoin s’ins­pi­rant des tra­vaux de Schaef­fer. Puis on cherche à décrire avec cet outil tous les sons du monde.

Cette fois-ci, on a pro­po­sé aux copines de la com­pa­gnie por­tée de parole de nous rejoindre, pour pro­po­ser une ver­sion au cœur du mar­ché de Riom, le same­di 5 octobre. Ce sera une ver­sion sans élec­tri­ci­té, mais où on invi­te­ra tous les par­ti­ci­pants et par­ti­ci­pantes du mar­ché à par­ti­ci­per, pour finir par une criée de restitution…

Cartographier l’accessibilité

À l’oc­ca­sion de la nuit de la géo­gra­phie en 2018, nous avions déjà eu l’oc­ca­sion d’or­ga­ni­ser une car­to­par­tie sur l’ac­ces­si­bi­li­té, avec Gau­thier, doc­to­rant du pro­jet ACCRIL. Cette fois-ci, on se foca­lise sur le cam­pus uni­ver­si­taire, et on se ques­tion­ne­ra sur l’ac­ces­si­bi­li­té des bâti­ments : est-elle bien car­to­gra­phiée dans OpenS­treet­Map ? Et d’ailleurs, que peut-on repré­sen­ter dans l’é­tat actuel des pra­tiques de cette base de données ?

Cet ate­lier est pro­po­sé en étroite col­la­bo­ra­tion avec l’UMR Ter­ri­toires, dans le cadre du pro­jet MSH HAC­CES­col, où la ques­tion de l’ac­cès à l’é­du­ca­tion est ques­tion­née d’un point de vue géo­gra­phique, géo­ma­tique, et législatif.

Et au delà…

Bien sûr, je ne suis pas le seul à pro­po­ser des acti­vi­tés, et par­tout en France, vous trou­ve­rez des acti­vi­tés pas­sion­nantes, du 5 au 13 octobre à tra­vers toute la France, et en par­ti­cu­lier à l’Uni­ver­si­té Cler­mont Auvergne, et dans le pro­gramme d’As­tu’s­ciences.