Partage de connaissances par vidéo

Peertube et seipa search, l'alternative réaliste à Youtube

Hier avec les copains et copines du cri de la girafe, on tra­vaillait sur notre pro­chaine émis­sion. Au fil des dis­cus­sions, on a beau­coup par­lé de la place que prennent les tech­no­lo­gies dans nos quo­ti­dien. S’op­po­saient alors deux points de vue : d’un côté on enten­dait que ces tech­niques sont l’ou­til de contrôle des puis­sants et il faut s’en débar­ras­ser, et de l’autre il se disait qu’il est pos­sible de se réap­pro­prier col­lec­ti­ve­ment la tech­nique pour choi­sir com­ment on l’utilise.

Évi­dem­ment, vous l’au­rez com­pris, je suis par­ti­san de la deuxième équipe, celle qui croit que la meilleure manière de lut­ter contre l’emprise des GAFAM (les géants du Web : Google, Apple, Face­book, Ama­zon et Micro­soft) passe par une mise en com­mun des savoirs, et par une réap­pro­pria­tion col­lec­tive de ces tech­niques. Évi­dem­ment, c’est une ques­tion com­plexe. Mais le mou­ve­ment du logi­ciel libre, de l’édu­ca­tion popu­laire, ou encore des réseaux d’A­MAP per­met ça : se struc­tu­rer pour que celles et ceux qui explorent un sujet puissent en faire pro­fi­ter les autres, en toute trans­pa­rence, en don­nant les moyens aux autres de s’ap­pro­prier ces outils et tech­niques s’ils le souhaitent.

S’affranchir des GAFAM

Alors bien sûr, on peut faire tout ça sans uti­li­ser ni ordi­na­teur ni inter­net, en uti­li­sant des fan­zines, en s’é­chan­geant loca­le­ment les savoir-faire, en ayant des col­por­teurs de connais­sances qui tra­versent le pays. Mais l’ou­til inter­net existe. Et mieux, il a été conçu dès ses débuts pour être un espace d’é­change sans contrôle cen­tral. Alors bien sûr, les GAFAM mettent aujourd’­hui bien à mal ce méca­nisme. Heu­reu­se­ment, régu­liè­re­ment des ini­tia­tives naissent pour redon­ner à l’in­ter­naute l’in­dé­pen­dance, et redon­ner le contrôle au col­lec­tif.

En France, on peut saluer le tra­vail de la qua­dra­ture du net, qui agit poli­ti­que­ment et léga­le­ment au quo­ti­dien pour pro­té­ger les liber­tés indi­vi­duelles, et par là même l’i­dée ori­gi­nale de ce réseau d’é­changes de connais­sance. Et puis bien sûr, il est impos­sible de ne pas s’ar­rê­ter sur l’énorme tra­vail de Fra­ma­soft, qui agit de manière concrète pour pro­po­ser des outils de dégoo­gli­sa­tion d’in­ter­net, ou plus géné­ra­le­ment d’in­dé­pen­dance aux GAFAM, et à leur inter­net décérébrant.

Quels outils numériques pour la diffusion de connaissance

Par­mi les outils usuels que l’on uti­lise pour se par­ta­ger de la connais­sance sur inter­net, il y a pen­dant long­temps eu IRC, dont les usages res­semblent à la manière dont on uti­lise aujourd’­hui dis­cord ou twitch, les forums, rem­pla­cés pro­gres­si­ve­ment dans les usages par les groupes facebook. 

Mais une très grande par­tie de l’ap­pren­tis­sage auto­nome passe par l’u­sage des vidéos. You­tube est évi­dem­ment aujourd’­hui LA pla­te­forme incon­tour­nable pour ces par­tages de connais­sance, ce qui n’est pas satis­fai­sant pour plein de rai­sons, notam­ment parce qu’elle nous rend dépen­dant à l’in­fra­struc­ture et aux ser­veurs de Google, mais aus­si parce qu’elle ali­mente en reve­nus cette entre­prise, notam­ment grâce à la publi­ci­té, en s’ap­puyant sur le sui­vi de nos acti­vi­tés indi­vi­duelles sur la pla­te­forme. Il s’a­git donc de trou­ver d’autres alternatives.

Peertube et ses fédérations

Depuis 2018, Fra­ma­soft a sou­te­nu puis aidé au déve­lop­pe­ment puis déploie­ment de Peer­Tube, un logi­ciel libre de par­tage de vidéos. Ce déve­lop­pe­ment a notam­ment été pos­sible grâce au finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif, une manière concrète de se fédé­rer col­lec­ti­ve­ment pour construire nos propres outils.

Peer­Tube est donc un logi­ciel qui per­met de déployer rapi­de­ment sur son site inter­net un équi­valent à You­Tube. L’ou­til offre la pos­si­bi­li­té de mettre en ligne des vidéos, de pro­po­ser aux inter­nautes d’in­te­ra­gir sous forme de com­men­taires, de s’a­bon­ner, etc.

Dans cette pre­mière ver­sion, on a donc un outil local, sur son ser­veur, mais qui ne per­met pas d’a­voir une gigan­tesque base de don­nées unique où aller cher­cher et dif­fu­ser de l’in­fo. On appelle cha­cun de ces ser­veurs des ins­tances.

La pre­mière pro­po­si­tion tech­nique pour désen­cla­ver les ins­tances Peer­Tube s’ap­pelle les fédé­ra­tions. Chaque ins­tance peut en effet choi­sir les autres ins­tances qu’elle suit. Les vidéos des ins­tances qu’elles suit seront alors visibles de manière trans­pa­rente depuis la pre­mière ins­tance, de même que toutes les inter­ac­tions (com­men­taires, abon­ne­ments, j’aime, etc.). 

Les ins­tances et fédé­ra­tions peuvent aus­si se réfé­ren­cer sur le site prin­ci­pal de Peer­Tube. Cela per­met aux inter­nautes de cher­cher sui­vant des thé­ma­tiques les ins­tances qui se sont réfé­ren­cées, pour ensuite pour­quoi pas s’y ins­crire, et en suivre les dif­fu­sions à la manière de ce qu’on ferait sur YouTube.

Sepia search

Mais com­ment décou­vrir de nou­velles ins­tances qui regroupent du conte­nu qui nous inté­resse, à part la recherche citée plus haut ?

En sep­tembre 2020, Fra­ma­soft a offi­cia­li­sé la mise en ligne de sepia search, un outil qui per­met de recher­cher par­mi toutes les vidéos conte­nues dans les ins­tances indexées. Et là, ça ouvre la porte à beau­coup plus de possibilités. 

Admet­tons que je m’in­té­resse au pain au levain. Je peux donc cher­cher avec le mot clé levain sur sepia search. Au moment où j’é­cris cet article, on trouve 19 résul­tats sur les 591 sites web Peer­Tube indexés.

Cap­ture d’é­cran des résul­tats à la recherche « levain » sur Sepia Search

Un outil à faire grandir

Évi­dem­ment, face à la masse de conte­nus dis­po­nibles sur You­Tube, on est encore très loin du compte. Il y a trois ans, quand Peer­Tube est appa­ru, on n’i­ma­gi­nait cepen­dant pas la vitesse à laquelle il allait se déployer, deve­nant aujourd’­hui un outil certes nais­sant, mais aux fonc­tion­na­li­tés et aux pos­si­bi­li­tés crédibles. 

En sen­si­bi­li­sant les groupes mili­tants, les gens qui s’in­té­ressent au par­tage de connais­sance, les acteurs de l’é­du­ca­tion popu­laire à uti­li­ser cet outil — qui cor­res­pond d’ailleurs exac­te­ment à leurs valeurs — je suis convain­cu que l’on peut faire de cet outil un espace d’é­man­ci­pa­tion et de par­tage de connais­sances à la hau­teur du défi auquel on doit faire face. 

Et un jour peut-être pour le son ?

En tant que pro­duc­teur et écou­teur de conte­nu audio, je rêve que l’ou­til s’é­man­cipe pro­gres­si­ve­ment des fonc­tion­na­li­tés de You­Tube, pour héber­ger un jour du conte­nu 100% audio ! 

Un moyen là aus­si de pro­po­ser une solu­tion indé­pen­dante, arti­sa­nale et décen­tra­li­sée aux pla­te­formes de pod­cast existantes.

Enregistrer une interview à distance

Dans un article récent, je pré­sen­tais quelques outils pour tra­vailler avec le son avec les outils les plus simples que vous puis­siez avoir : un smart­phone, un ordinateur. 

Tout ça c’est mignon, mais si on est confi­nés chez soi, on ne peut pas rejoindre phy­si­que­ment ses interlocuteur·ices pour un entre­tien à plu­sieurs. Quels outils a‑t-on à notre dis­po­si­tion pour enre­gis­trer une inter­view à dis­tance ? Dans cet article, je vous pro­pose quelques solu­tions, qui néces­sitent plus ou moins de maî­trise tech­nique, et qui s’ap­puient sur dif­fé­rents outils de communication. 

Bien sûr, la qua­li­té du son de ces enre­gis­tre­ments dépen­dra de votre micro, et de la manière dont vous vous ins­tal­le­rez pour enre­gis­trer. Je vous invite donc à lire l’ar­ticle sur le son nomade pour trou­ver vos bonnes pratiques.

Enregistrer un appel téléphonique

Sur les télé­phones intel­li­gents, il existe des appli­ca­tions qui per­mettent d’en­re­gis­trer les conver­sa­tions télé­pho­niques, telle Call Recor­der. Cepen­dant, cette solu­tion n’est sou­vent pas rete­nue, pour dif­fé­rentes raisons. 

Tout d’a­bord, le son des com­mu­ni­ca­tions télé­pho­niques est d’une qua­li­té bien moindre que celle des autres solu­tions pré­sen­tées en des­sous. Il s’a­git de l’hé­ri­tage d’un temps où les com­mu­ni­ca­tions étaient moins bonnes, et où on choi­sis­sait de fil­trer la voix en ne gar­dant que les fré­quences medium pour éco­no­mi­ser de la bande pas­sante. D’autre part, de plus en plus de res­tric­tions sont impo­sées par les fabri­cants des appa­reils, qui brident la ver­sion d’An­droid, afin que les appli­ca­tions ne puissent plus enre­gis­trer ces com­mu­ni­ca­tions. À vous donc d’es­sayer sur votre télé­phone, vous décou­vri­rez peut-être que tout marche encore pour vous. Ou pas. 

Une solu­tion alter­na­tive consiste à mettre le télé­phone en haut par­leur pen­dant la conver­sa­tion, et à enre­gis­trer le son avec un autre appa­reil, par exemple un second télé­phone en mode dic­ta­phone. Mais la qua­li­té sonore des deux inter­lo­cu­teurs sera très différente.

Utiliser une application dictaphone sur chacun des téléphones

Pour peu que les deux inter­lo­cu­teurs soient un peu agiles avec leur télé­phone, une solu­tion simple à mettre en place consiste à s’ap­pe­ler avec des smart­phones, tout en uti­li­sant sur chaque appa­reil une appli­ca­tion dic­ta­phone, comme celles citées dans l’article dédié à l’en­re­gis­tre­ment nomade. Il ne reste plus alors qu’à assem­bler les fichiers son.

Utiliser le mode enregistrement d’une visio

Cer­taines pla­te­formes de com­mu­ni­ca­tion visio ou audio pro­posent l’en­re­gis­tre­ment inté­gré. La qua­li­té du son sur ces pla­te­formes est sou­vent bien meilleure que celle des appels télé­pho­niques. Cepen­dant, on peut noter que ces pla­te­formes réa­lisent tout de même sou­vent un trai­te­ment sur le son : détec­tion des silences, filtres anti-bruit, ou encore com­pres­sion ou fil­trages de fré­quences. Il s’a­git donc de choi­sir la pla­te­forme dont la qua­li­té de son et dont les capa­ci­tés d’en­re­gis­tre­ment cor­res­pondent à vos besoins et usages.

L’ou­til qui semble le plus robuste pour cela est skype, qui docu­mente pré­ci­sé­ment com­ment enre­gis­trer une conver­sa­tion sur son site inter­net. C’est une des solu­tions cou­ram­ment uti­li­sées par les radios asso­cia­tives pour mener leurs inter­views à dis­tance. Les expé­riences que j’ai pu réa­li­ser montrent que le son est par­ti­cu­liè­re­ment com­pres­sé1Lise dirait que c’est un son à la NRJ.. L’en­re­gis­tre­ment est dis­po­nible pen­dant 30 jours en télé­char­ge­ment, au for­mat mp3.

Les pla­te­formes Teams de Micro­soft et Zoom (atten­tion cepen­dant au res­pect du RGPD) per­mettent éga­le­ment d’en­re­gis­trer une conver­sa­tion, de même que les outils Jit­si et Big Blue But­ton, si la fonc­tion a été acti­vée sur le ser­veur que vous uti­li­sez. On trouve aus­si des solu­tions un peu tech­niques pour les conver­sa­tions Dis­cord, qui néces­sitent par exemple d’u­ti­li­ser un bot dédié.

Pre­nez donc le temps de lire la docu­men­ta­tion de vos outils de visio habi­tuels, et d’es­sayer leurs pos­si­bi­li­tés. Cela pour­rait conve­nir à vos besoins.

Utiliser les deux entrées d’un enregistreur 

Si ces solu­tions ne vous conviennent pas, mais que vous avez à votre dis­po­si­tion un enre­gis­treur muni de deux entrées, comme un Zoom H4n ou un Tas­cam DR-40, et que vous avez quelques câbles et un micro, vous pou­vez connec­ter la sor­tie casque d’un ordi­na­teur sur l’une des entrées de votre enre­gis­treur, et uti­li­ser un micro pour enre­gis­trer votre voix. En réglant cor­rec­te­ment votre enre­gis­treur, et en uti­li­sant un outil de visio de votre choix, vous obtien­drez ain­si un enre­gis­tre­ment com­por­tant dans l’un des canal votre voix, et dans l’autre canal toutes les autres voix de vos cor­res­pon­dants. Et pour écou­ter la conver­sa­tion en direct, bran­chez un casque sur l’enregistreur !

Utiliser une solution dédiée

Il existe des pla­te­formes dédiées à l’en­re­gis­tre­ment d’in­ter­views à dis­tance. Je pense en par­ti­cu­lier à zen­cas­tr, qui pro­pose en cette période de confi­ne­ment un accès gra­tuit à sa pla­te­forme pour les amateur·ices.

Une fois créé un compte, on peut créer des épi­sodes, et y invi­ter des participant·e·s. Lorsque qu’on lance la ses­sion d’en­re­gis­tre­ment, l’ou­til enre­gistre sépa­ré­ment chaque participant·e, et à la fin de la ses­sion, autant de fichiers mp3 sont dis­po­nibles au téléchargement.

L’ap­pli­ca­tion zen­cas­tr avec un seul participant.

La qua­li­té du son est ici dif­fé­rente de celle de Skype, avec moins de com­pres­sion, mais avec un gate (détec­teur de silence) qui est réglé un peu trop bru­ta­le­ment, et qui peut rendre dif­fi­cile l’ex­ploi­ta­tion de l’en­re­gis­tre­ment, sui­vant les usages.

Si cet outil ne vous convient pas exac­te­ment, il existe d’autres outils assez simi­laires comme Clean­feed par exemple. Le compte gra­tuit de cette pla­te­forme per­met notam­ment d’en­re­gis­trer au for­mat wave, mais sans avoir une piste par intervenant. 

Choisir une solution générique

Si on maî­trise com­plè­te­ment le rou­tage des sons entre logi­ciels dans son sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, par exemple en uti­li­sant pul­seau­dio sous GNU/Linux, on peut uti­li­ser n’im­porte quel outil de com­mu­ni­ca­tion audio (skype, meet, jit­si, etc.), et le com­bi­ner à un logi­ciel d’en­re­gis­tre­ment (auda­ci­ty, ardour, rea­per, …) . Les vidéos ci-des­sous raconte com­ment faire ça sous GNU/Linux et Win­dows 10 (je n’ai pas pu tes­ter cette solution) :

Enre­gis­trer n’im­porte quelle dis­cus­sion audio sous GNU/Linux
Enre­gis­trer n’im­porte quelle dis­cus­sion audio sous Win­dows 10

On trouve aus­si des outils clé en main pour faire cet enre­gis­tre­ment, mais ils sont majo­ri­tai­re­ment dédiés à l’en­re­gis­tre­ment audio ET vidéo, comme par exemple OBS. Il fau­dra alors extraire l’au­dio de l’en­re­gis­tre­ment vidéo, et on aura peu de maî­trise sur la qua­li­té de l’au­dio enregistré.

Utiliser un plugin pour DAW

Les sta­tions audio­nu­mé­riques (ou DAW en anglais) telles que Rea­per, Ardour, Pro Tools ou encore Auda­ci­ty peuvent sou­vent être équi­pées de plu­gins (ou VST) per­met­tant une dif­fu­sion du son entre plu­sieurs ordi­na­teurs. Il faut pour cela que les participant·e·s dis­posent de ce type de logi­ciel, et d’un moyen d’enregistrement. 

On peut notam­ment citer le plu­gin lis­ten­to de chez Audio­mo­vers, Source-Connect, vst-connect ou encore Audreio. À chaque solu­tion ses pos­si­bi­li­tés tech­niques et ses contraintes finan­cières. On peut aus­si aller pui­ser du côté des outils dédiés à la créa­tion sonore col­la­bo­ra­tive.

Mettre en place son propre serveur

Un peu plus tech­nique, mais bien plus confi­gu­rable, on peut aus­si choi­sir d’ins­tal­ler puis de régler son propre ser­veur de confé­rences. Team­Talk est un de ces outils, assez simple à déployer, que l’on peut ensuite uti­li­ser très sim­ple­ment. On peut aus­si citer des outils plus com­plexes mais extrê­me­ment flexibles comme Aste­risk ou dar­kice, qui sont sou­vent une des briques élé­men­taires des autres outils cités ici.

Se débrouiller autrement

Quand on n’a pas trou­vé une solu­tion satis­fai­sante avec les pro­po­si­tions lis­tées ci-des­sus, une solu­tion bri­co­lée est tout de même pos­sible. Il s’a­git d’u­ti­li­ser sur un ordi­na­teur sup­plé­men­taire un logi­ciel du type Auda­ci­ty pour enre­gis­trer la conversation. 

En effet, on peut faci­le­ment réus­sir à enre­gis­trer le son qui sort d’un logi­ciel de cette manière. Le défaut prin­ci­pal est que cette solu­tion ne per­met sou­vent pas d’en­re­gis­trer la voix de l’utilisateur·ice de l’or­di­na­teur d’en­re­gis­tre­ment. On uti­lise donc cette machine sup­plé­men­taire comme un enre­gis­treur de la conver­sa­tion, et on s’y connecte chacun·e avec son propre ordi­na­teur ou télé­phone. Pour 5 participant·e·s, on aura donc 6 connexions à la conver­sa­tion… Mais ça marche !

Les outils nomades pour faire du son

J’ai beau­coup par­lé sur ce blog des tech­niques d’en­re­gis­tre­ment et des outils pour le mon­tage et mixage du son. Cepen­dant, on n’a pas tou­jours accès à du maté­riel dédié, ni la pos­si­bi­li­té d’ins­tal­ler des logi­ciels sur une sta­tion de travail. 

Dans cet article, je vous pro­pose d’é­vo­quer quelques outils faciles à uti­li­ser pour faire les choses avec les moyens du bord.

Enregistrer sans matériel dédié

Quand on n’a pas d’en­re­gis­treur, de carte son externe ou de micro spé­ci­fique, on se croit par­fois dému­ni. Or, vous avez fort pro­ba­ble­ment à votre dis­po­si­tion un ou deux appa­reils munis d’un micro (notam­ment en ces temps de visio) : un télé­phone intel­li­gent, un ordinateur. 

Sur un smart­phone, il suf­fit d’u­ti­li­ser une appli­ca­tion de type dic­ta­phone, ou enre­gis­treur audio (audio recor­der). Il en existe de nom­breuses libres et gra­tuites, cha­cune avec ses avan­tages et incon­vé­nients. N’ou­bliez pas de bien repé­rer la posi­tion du micro, pour avoir une prise la plus propre pos­sible. On trouve même des appli­ca­tions pour modi­fier sa voix.

Enre­gis­trer sa voix avec un smartphone

Sur un ordi­na­teur por­table, le micro inté­gré est aus­si un outil fonc­tion­nel, même si en géné­ral, le micro est moins bon que celui d’un télé­phone intel­li­gent. À noter que la direc­ti­vi­té des micros peut beau­coup varier d’un modèle à l’autre. Il semble que les micros des Macs soient très direc­tifs : si vous n’êtes pas tout à fait en face, on vous entend à peine. À l’in­verse, beau­coup de modèles de PC seraient plus omni­di­rec­tion­nels. À confirmer.

Sur un ordi­na­teur, on peut ins­tal­ler un logi­ciel dédié à l’en­re­gis­tre­ment, comme par exemple Auda­ci­ty, un logi­ciel assez simple, mais effi­cace. Mais en mode nomade, on peut être encore plus éco­nome en pré­pa­ra­tion : le site inter­net Online Voice Recor­der pro­pose un outil d’en­re­gis­tre­ment basique mais effi­cace, pour enre­gis­trer un son :

Enre­gis­tre­ment avec Online Voice Recorder
Écoute et ajus­te­ments d’un son enre­gis­tré via Online Voice Recorder

Une fois l’en­re­gis­tre­ment ter­mi­né, on peut écou­ter la prise, ajus­ter le début et la fin du son, puis le sau­ver sur son ordinateur.

Les conditions de la prise de son

Quel que soit l’ou­til que vous uti­li­sez pour enre­gis­trer, il faut bien sûr prê­ter une grande atten­tion à l’es­pace dans lequel on est. Par exemple, l’en­vi­ron­ne­ment doit être calme si on veut enre­gis­trer une voix seule. Sui­vant l’ef­fet choi­si, on fera aus­si atten­tion à l’a­cous­tique de la pièce. Le son peut y être brillant ou mat, on peut entendre un cer­tain écho, ou au contraire entendre un son feu­tré. L’é­qui­libre entre ces deux pre­miers extrêmes doit être trou­vé sui­vant ce que l’on souhaite.

Au fil du temps, j’ai par exemple uti­li­sé un dres­sing ou un pla­card ouvert rem­pli de vête­ments pour étouf­fer le maxi­mum de réver­bé­ra­tions pos­sibles, et avoir un son de voix la plus « neutre » pos­sible (une voix off par exemple), un salon pour que l’au­di­teur entende que je suis dans un espace convi­vial, le son sem­blant plus natu­rel, une salle de bain ou un cou­loir aux murs car­re­lés et assez nus, pour un effet de réver­bé­ra­tion, un jar­din public pour entendre un petit bruit de fond, …

Poser sa voix est aus­si impor­tant, trou­ver une ambiance, … Si cette ques­tion vous inté­resse, vous trou­ve­rez cer­tai­ne­ment dans l’ar­ticle réa­li­ser de la fic­tion audio quelques idées pour ali­men­ter vos réflexions.

Un autre aspect impor­tant est la dis­tance et la posi­tion par rap­port au micro. Évi­dem­ment, les micros embar­qués dans les télé­phones et les ordi­na­teurs ne sont pas pré­vus pour un enre­gis­tre­ment soi­gneux, même s’ils per­mettent déjà de faire pas mal de choses. Il arrive aus­si qu’un trai­te­ment soit réa­li­sé sur votre enre­gis­tr­ment sans que vous ne puis­siez le contrô­ler (sup­pres­sion de cer­tains sons, fil­trage, etc.). La meilleure solu­tion est donc de faire des tests, en fai­sant atten­tion aux bruits de tou­ché de l’ap­pa­reil, aux plo­sives (que l’on n’a pas envie de trai­ter a pos­te­rio­ri), à la dis­tance et à l’o­rien­ta­tion du micro par rap­port à notre bouche…

Faire du montage depuis n’importe où

Une fois que les enre­gis­tre­ments sont faits, on récu­père des fichiers son, au for­mat wav ou mp3. Sur la qua­li­té des enre­gis­tre­ments, on peut lire l’in­tro­duc­tion de cet article sur le bon usage d’un enre­gis­treur, tout en gar­dant à l’es­prit que la solu­tion que vous aurez choi­sie (appli­ca­tion, logi­ciel) ne vous per­met­tra peut-être pas une telle finesse de réglages.

Pour assem­bler ces fichiers en un son fina­li­sé, on uti­lise géné­ra­le­ment un logi­ciel de mon­tage, de mixage, et de mas­te­ring. On peut bien sûr choi­sir d’ins­tal­ler des logi­ciels com­plexes et dédiés, comme ceux évo­qués dans cet article sur le mon­tage son. Auda­ci­ty, cité pré­cé­dem­ment, est une solu­tion très simple pour com­men­cer, même si elle ne per­met pas toute la palette des trai­te­ments existants. 

Mais si on ne veut ou ne peut pas ins­tal­ler de logi­ciel, il existe tout de même des solu­tions. Sur ordi­na­teur, je vous conseille­rai l’u­ti­li­sa­tion d’Audio­Mass, une appli­ca­tion en ligne uti­li­sable direc­te­ment et sans créa­tion de compte.

inter­face d’Au­dio­mass, un logi­ciel en ligne de mon­tage son

Et si vous uti­li­sez un smart­phone, le site d’Au­da­ci­ty pro­pose éga­le­ment un tour d’ho­ri­zon des appli­ca­tions qui per­mettent de faire du mon­tage son sur ce type d’appareil.

Faire son pain en deux soirs

Depuis quelques mois je fais mon pain. J’a­vais racon­té dans un pré­cé­dent billet ce que j’a­vais com­pris du pro­ces­sus, et com­ment je fai­sais mon pain. Depuis, les choses ont un peu changé.

D’une part, j’ai trou­vé à la petite réserve des sacs de farine de 5kg de pro­duc­teurs d’Au­vergne. De la farine de blé T80 du mou­lin Gri­bo­ry, et de la farine de blé T110 de Cel­nat. Pour la farine de seigle, je suis pour l’ins­tant tou­jours fidèle au Day by day de Cler­mont-Fer­rand.

Mais sur­tout, j’ai repris le che­min de l’u­ni­ver­si­té, après plus de 6 mois en télé­tra­vail. Dans mon métier, on tra­vaille de 8 à 14 heures par jour sui­vant les périodes.1Que fait un ensei­gnant-cher­cheur : pré­pa­ra­tion des cours, cours, pré­pa­ra­tion des exa­mens, cor­rec­tion de copies, tâches admi­nis­tra­tives d’en­sei­gne­ment, mon­tage de dos­siers pour obte­nir des finan­ce­ments, ges­tion des pro­jets finan­cés, recru­te­ment, accueil et réunion avec les col­lègues cher­cheurs recru­tés, déve­lop­pe­ment d’ou­tils pour la recherche, explo­ra­tions et expé­ri­men­ta­tions scien­ti­fiques, recherche pro­pre­ment dite, rédac­tion d’ar­ticles, dif­fu­sion des acti­vi­tés de recherche auprès du grand public, ani­ma­tion de groupes de recherche, relec­ture d’ar­ticles, orga­ni­sa­tion d’é­vé­ne­ments, etc. Quand on tra­vaille de chez soi, il est sou­vent pos­sible de faire une pause pour pétrir son pain. Mais quand on est loin de chez soi de 7h30 à 20h30, com­ment fait-on pour conti­nuer à faire son pain tout en gar­dant une hygiène de som­meil satisfaisante ?

J’ai trou­vé une orga­ni­sa­tion qui marche très bien, et qui m’a même per­mis d’a­mé­lio­rer ma pra­tique. Cela néces­site d’a­voir deux soirs à suivre où l’on peut pas­ser un peu de temps chez soi, au lieu de ren­trer pour juste dormir.

Faire son pain en deux soirs

Le pre­mier soir, je sors mon levain du fri­go, je lui donne un peu de farine, puis je le laisse une heure se réchauf­fer. Quand il est prêt, je pré­pare mon pâton, et je le pétris. Je le laisse mon­ter toute la nuit dans un sala­dier recou­vert d’un tor­chon humi­di­fié. Cette pre­mière levée dure quelque chose comme 7 ou 8 heures. 

Quand je me lève le matin, je mets le sala­dier au fri­go, et je pars pour ma journée.

Le deuxième soir, je sors mon pâton du fri­go, et je le laisse reve­nir à cha­leur ambiante pen­dant une heure envi­ron. Là je façonne, puis je cuis.

Dans mes der­niers essais, je suis reve­nu à une tem­pé­ra­ture de 260 degrés, car je trou­vais qu’à 270° le cœur du pain n’é­tait pas tou­jours bien cuit. Je cuis donc un peu plus long­temps, quelque chose comme 30 minutes pour un pain de 400 grammes (quan­ti­té à la louche, car je ne pèse rien). 

La pousse longue durée comme je pra­tique ici (soit qua­si­ment 24 heures en tout) amène le pâton à for­mer de grandes alvéoles, qui quand le pain cuit pro­duisent un réseau assez irré­gu­lier, mais une mie très très souple. Je peux sans dif­fi­cul­té gar­der mon pain 5 à 6 jours, ce qui m’a­mène à faire un peu plus d’une four­née par semaine, un rythme qui me convient bien, d’au­tant que les opé­ra­tions à mener les deux soirs sont très simples, et demandent peu de temps.

PS : retrou­vez cet article, et d’autres encore sur mon nou­veau blog dédié à la bou­lange : https://boulange.jmtrivial.info/

Pictoparle, saison 2

Cet été, j’ai fait une pause dans le déve­lop­pe­ment de Pic­to­parle, l’ou­til de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée que je déve­loppe depuis le début de l’an­née 2020. Le site inter­net pré­sente son fonc­tion­ne­ment actuel, et l’a­van­cée de son développement.

Pen­dant l’é­té, j’ai iden­ti­fié des limi­ta­tions dans cette pre­mière ver­sion, et la semaine qui vient de s’é­cou­ler a été l’oc­ca­sion de com­men­cer à fabri­quer un deuxième exem­plaire de Pic­to­parle, car le pre­mier est main­te­nant dans les mains d’une uti­li­sa­trice et de ses accompagnant·e·s. J’ai aus­si pu échan­ger avec de nom­breuses per­sonnes, afin de faire une syn­thèse des besoins. Je suis main­te­nant prêt à reprendre le déve­lop­pe­ment de Pic­to­parle. Peut-être pas à la même fré­quence que pen­dant la pre­mière par­tie de l’an­née, mais régu­liè­re­ment, j’ap­por­te­rai des amé­lio­ra­tions. Pic­to­parle devien­dra de plus en plus adap­té aux besoins. 

Dans la suite de ce billet, je fais l’é­tat des lieux des besoins d’a­mé­lio­ra­tion identifiés.

Améliorations des interactions

Pen­dant l’é­té, nous avons uti­li­sé Pic­to­parle dans plein de situa­tions dif­fé­rentes. Nous avons repé­ré quelques dif­fi­cul­tés d’u­sage. Pic­to­parle doit donc être modi­fié, ce qui a déjà en par­tie été initié :

  • il arrive que la paume de la main déclenche invo­lon­tai­re­ment le son asso­cié à un pic­to­gramme de bas de tablette quand la main explore le haut. Le double tap devra être amé­lio­ré pour évi­ter ces désagréments.
  • il arrive que le double tap marche mal. Il fau­dra régler le délai entre deux taps. Il s’a­git plus d’a­jus­te­ments qu’autre chose.
  • quand il y a beau­coup de lumière alen­tours, la détec­tion du QRcode se passe mal, et par­fois même Pic­to­parle ne détecte pas le fait que la planche ait été posée. J’ai iden­ti­fié quelques rai­sons de ce dys­fonc­tion­ne­ment, et com­men­cé à modi­fier en consé­quence la forme des planches. Les pro­chaines semaines seront l’oc­ca­sion de véri­fier que cette cor­rec­tion suffit.

Améliorations de la présentation des planches

En dis­cu­tant avec des accompagnant·e·s qui décou­vraient le pro­to­type, nous avons fait le constat qu’il pou­vait man­quer sur la planche des infor­ma­tions per­met­tant de s’ap­pro­prier faci­le­ment le dis­po­si­tif. En par­ti­cu­lier, j’a­jou­te­rai prochainement :

  • Pour chaque pic­to­gramme, un sous-titre écrit sur la planche qui indique ce que décrit le pic­to­gramme, à des­ti­na­tion des accompagnant·e·s. On pour­ra par exemple l’im­pri­mer dans une cou­leur pâle pour qu’elle ne soit pas thermogonflée.
  • Pour chaque planche, une ins­crip­tion qui nomme la planche, pour les accompagnant·e·s.
  • On pour­ra aus­si ima­gi­ner une ver­sion en relief de cette iden­ti­fi­ca­tion de planche.

Création de nouvelles planches

Après les trois pre­mières planches qui sont main­te­nant uti­li­sées (repas, acti­vi­tés de loi­sir et fun), nous sommes en train de conce­voir avec une ergo­thé­ra­peute et une édu­ca­trice spé­cia­li­sée deux nou­velles planches, l’une des­ti­née aux jeux de socié­té, et l’autre des­ti­née à l’ac­ti­vi­té de cuisine.

De nou­veaux pic­to­grammes sont des­si­nés, et ces deux planches vien­dront pro­chai­ne­ment rejoindre les trois premières.

Amélioration des plans de fabrication de la boîte

J’ai pro­fi­té de la réou­ver­ture du Débrouillo’­Lab, le fablab des Petits Débrouillards ins­tal­lé récem­ment à la Goguette pour aller décou­per une nou­velle boîte, et ain­si fabri­quer un deuxième prototype.

La décou­peuse laser du Débrouillo’Lab

Pen­dant la fabri­ca­tion, et en échan­geant avec Jen­ni­fer et Samuel, j’ai iden­ti­fié de nom­breuses amé­lio­ra­tions possibles :

  • Il faut mesu­rer avec une grande pré­ci­sion les planches, sinon l’as­sem­blage se passe dif­fi­ci­le­ment. Par exemple, j’a­vais trou­vé des planches medium A4 à un peu plus d’un euro la planche, avec une épais­seur annon­cée de 2 mil­li­mètres. Dans les faits, elle mesurent 2,3 mil­li­mètres, et j’au­rais dû ajus­ter cette épais­seur dans la fabrique de Pic­to­parle.
  • Il faut bien choi­sir le kerf. Dans la construc­tion que nous avons faite, nous avions réglé un kerf de 3/10 de mil­li­mètres, mais c’é­tait trop large. On pour­rait indi­quer sur la page qu’un kerf trop fin est pré­fé­rable à un kerf trop large, puis­qu’a­près l’as­sem­blage, on colle.
  • L’as­sem­blage n’est pas facile car il manque des ins­crip­tions. Une idée consis­te­rait à gra­ver sur les pièces une numé­ro­ta­tion des pièces et de leur lieu de fixation.
  • On pour­rait pla­cer les pièces dans l’ordre d’as­sem­blage sur la planche.
  • Cer­tains cré­ne­lages sont peut-être orien­tés dans le mau­vais sens, et leur assem­blage est complexe. 
  • Il pour­rait être per­ti­nent d’ar­ron­dir les coins des cré­ne­lages, pour que l’as­sem­blage se fasse plus facilement.
  • On pour­rait ima­gi­ner dépla­cer les cré­ne­lages d’as­sem­blage pour en faire aus­si des détrom­peurs d’o­rien­ta­tion des pièces.
  • On pour­rait aus­si ajou­ter une gra­vure pour loca­li­ser l’en­droit où col­ler le QRcode et le papier ther­mo­gon­flé, pour en faci­li­ter l’assemblage. 

De manière géné­rale, il fau­dra aus­si revoir le conte­nu des pdf qui per­mettent d’im­pri­mer QRcode et feuille ther­mo­gon­flée, pour que le numé­ro de la planche reste écrit à côté du QRcode, et que le pdf contienne les para­mètres (nom de la planche, type de tablette, mise à l’é­chelle, etc.). Cela per­met­tra de véri­fier que les docu­ments sont les bons avant l’impression.

Correction de bugs dans la fabrique

À l’oc­ca­sion de la découpe pour le nou­veau pro­to­type, conçu autour d’une tablette de modèle dif­fé­rent, nous avons consta­té quelques bugs dans la fabrique :

  • La géné­ra­tion de cer­tains cré­ne­lages rate com­plè­te­ment quand la planche devient très fine. Les deux par­ties ne s’as­semblent plus.
  • Quand on a vou­lu fabri­quer la planche, le choix du modèle de tablette n’a pas été pris en compte, et on a décou­pé deux fois une planche pour le mau­vais modèle de tablette. Les fichiers géné­rés pour­rait por­ter le nom du modèle de tablette, en plus du nom de la planche.

Faciliter la contribution

En dis­cu­tant avec Jéré­my, une per­sonne inté­res­sée à la par­tie logi­cielle du pro­jet, j’ai remar­qué que la manière d’a­jou­ter un nou­veau modèle de tablette à l’ap­pli­ca­tion n’é­tait pas facile. Je pré­vois donc dans les temps prochains :

  • D’u­ti­li­ser les mêmes fichiers xml côté fabrique et côté appli­ca­tion Android, et de réduire au maxi­mum les endroits où il faut ajou­ter des informations.
  • De rédi­ger un docu­ment qui explique com­ment mesu­rer une tablette exis­tante pour pou­voir l’a­jou­ter faci­le­ment à celles pro­po­sées par la fabrique de Pictoparle.
  • Le fichier zip géné­ré par la fabrique devrait aus­si conte­nir les infor­ma­tions de fabri­ca­tion, et notam­ment le type de tablette. Cela per­met­trait de régler auto­ma­ti­que­ment les réso­lu­tions dans l’ap­pli­ca­tion sans devoir pas­ser par le menu de confi­gu­ra­tion. Cela per­met­trait aus­si de sau­ver l’é­di­tion d’une planche pour la reprendre plus tard, en gar­dant aus­si les réglages de fabrication.

Ajout d’un lecteur multimédia

La pre­mière uti­li­sa­trice de Pic­to­parle est une très grande consom­ma­trice d’his­toires audio. Les dif­fé­rents endroits où elle est accueillie lui pro­posent des acti­vi­tés, mais il serait inté­res­sant que Pic­to­parle per­mette aus­si d’é­cou­ter des histoires. 

L’i­dée serait cette année d’é­tendre Pic­to­parle pour qu’en plus des planches de com­mu­ni­ca­tion, il y ait des planches d’ac­ti­vi­té. On pour­rait par exemple avoir une planche conte­nant quelques pic­to­grammes : petite his­toire, moyenne his­toire, longue his­toire pour lan­cer une his­toire, puis un pic­to­gramme pause. Le déclen­che­ment d’un pic­to­gramme his­toire lan­ce­rait une nou­velle his­toire, après avoir dit son nom et sa durée grâce à la syn­thèse vocale, en choi­sis­sant la pro­chaine dans la liste cor­res­pon­dante. Le pic­to­gramme pause per­met­trait d’ar­rê­ter la lec­ture, ou de la reprendre (en indi­quant le nom de l’his­toire, et la durée restante).

Lectures estivales

Depuis quelques mois, j’u­ti­lise Twit­ter, pour suivre l’ac­tua­li­té sur les sujets qui m’in­té­ressent. C’est comme ça que j’ai vu pas­ser plu­sieurs des livres qui sont deve­nues mes lec­tures estivales.

MAD MAPS, l’atlas qui va changer votre vision du monde, de Nicolas Lambert et Christine Zanin

Je lis sou­vent avec inté­rêt les posts de Nico­las Lam­bert, le car­to­graphe encar­té. Avec sa col­lègue Chris­tine Zanin, ils viennent de sor­tir chez Armand Colin un super atlas inti­tu­lé Mad Maps.

Détail de la cou­ver­ture de Mad Maps, de Nico­las Lam­bert et Chris­tine Zanin

C’est un conden­sé de repré­sen­ta­tions du monde comme on aime les voir, intel­li­gentes et per­cu­tantes. J’ai ado­ré le par­cou­rir, notam­ment cer­taines doubles-pages très bien conçues, à la repré­sen­ta­tion pro­po­sée super per­ti­nente. Je pense par exemple à cette carte qui pro­pose d’ob­ser­ver le ratio cadre/ouvriers dans chaque ville de France, d’une effi­ca­ci­té redoutable.

Très bon outil pour par­ta­ger sa pas­sion pour les cartes avec un entou­rage qui s’in­té­resse à la poli­tique, à l’é­co­lo­gie, ou plus glo­ba­le­ment qui est curieux du monde qui l’entoure.

L’é­di­teur en fait des caisses avec cette vidéo à la musique tré­pi­dante, mais le bou­quin est génial

Pour la recherche urbaine, ouvrage collectif

La revue Urba­ni­tés pro­po­sais en juillet de décou­vrir l’ou­vrage col­lec­tif Pour la recherche urbaine. Très théo­rique, plu­tôt ani­mé par des cher­cheurs et cher­cheuses il inter­roge la pra­tique de la recherche autour de la ville. À tra­vers cette série d’ar­ticles, on par­court les dimen­sions sociales, éco­lo­giques, poli­tiques, maté­rielles de la ville. 

Détail de la cou­ver­ture de Pour la recherche urbaine, ouvrage collectif

L’ar­ticle « Big city, smart data ? » ques­tionne par exemple les pra­tiques de pra­tiques scien­ti­fiques et tech­niques répan­dues dans les dis­ci­plines scien­ti­fiques où je pra­tique ma recherche, notam­ment sur la mobi­li­té et sur la e‑santé.

Je n’ai pas eu le temps de lire tous les articles, mais j’y revien­drai avec plai­sir et inté­rêt. Les textes sont denses, et il faut prendre le temps de les apprécier.

L’architecture de la voie, Histoire et théories, d’Éric Alonzo

C’est sur Face­book que j’ai décou­vert récem­ment le tra­vail d’É­ric Alon­zo. Par chance, la librai­rie les Vol­cans avait dans ses rayons un exem­plaire de l’ar­chi­tec­ture de la voie, ouvrage de l’au­teur qui m’at­ti­rait le plus. 

Détail de la cou­ver­ture de L’ar­chi­tec­ture de la voie, His­toire et théo­ries, d’É­ric Alonzo

Le conte­nu est à la hau­teur de mes attentes, car il retrace l’his­toire des écrits et pra­tiques de la concep­tion de voies de cir­cu­la­tion, urbaines et extra-urbaines, depuis l’an­ti­qui­té jus­qu’à la fin du XXe siècle. Riche­ment illus­tré de repro­duc­tion extraites des livres qui sont cités, on se pro­mène par­mi les pra­tiques et les convic­tions des obser­va­teurs et des bâtis­seurs de voies de cir­cu­la­tion. Des cartes, des plans, des sché­mas, des vues en coupes, trans­ver­sales ou lon­gi­tu­di­nales, des gra­vures, des pho­tos… On y retrouve illus­trées les pra­tiques de près de 20 siècles de tra­cé et de fabri­ca­tion des voies. D’ar­chi­tec­ture de la voie, finalement.

Très acces­sible, four­ni en réfé­rences et cita­tions, il rap­pelle dans une cer­taine mesure, en plus vul­ga­ri­sé et moins tech­nique, le manuel Élé­ments de topo­gra­phie, qui s’in­té­res­sait lui à décrire uni­que­ment la pra­tique du début du XXe siècle. Tout sim­ple­ment passionnant.

Contrôle, comment s’inventa l’art de la manipulation sonore, de Juliette Volcler

J’aime beau­coup le tra­vail de Juliette Vol­cler, que je lisais dans Syn­tone, que j’a­vais ren­con­tré à Uto­pie Sonore, recroi­sé à Lon­gueur d’ondes (en 2018 peut-être ?), que j’a­vais décou­vert der­rière feu perce-oreilles, l’an­nuaire de pod­casts furieu­se­ment bien fourni…

Détail de la cou­ver­ture de Contrôle, com­ment s’in­ven­ta l’art de la mani­pu­la­tion sonore, de Juliette Volcler

Et depuis quelques mois, je tom­bais régu­liè­re­ment sur des posts face­book de lec­teurs de son bou­quin Contrôle, com­ment s’in­ven­ta l’art de la mani­pu­la­tion sonore. Une lec­ture sti­mu­lante en cet été d’une année 2020 pour le moins étrange.

Le fil conduc­teur du livre, c’est Harold Bur­ris-Meyer, qui semble avoir été de toutes les expé­ri­men­ta­tions du contrôle par le son. Contrôle de l’é­mo­tion des spec­ta­teurs de théâtre, contrôle de l’ac­ti­vi­té sala­riée dans les usines, ou encore outil au ser­vice de la guerre. Riche en anec­dotes, en réfé­rences, le livre de Juliette Vol­cler se pro­mène à tra­vers le XXe siècle, en dévoi­lant l’im­por­tance pré­do­mi­nante du sonore dans les pra­tiques des indus­tries du contrôle des masses.

Je vais m’arranger, comment le validisme impacte la vie des personnes handicapées, de Marina Carlos, illustré par Freaks

Mari­na Car­los fait par­tie du col­lec­tif les Déva­li­deuses, et gra­vite dans l’une des twit­to­sphères que je suis avec pas­sion. C’est avec grand inté­rêt que j’ai vu ses annonces puis le lan­ce­ment du livre « Je vais m’arranger : com­ment le vali­disme impacte la vie des per­sonnes han­di­ca­pées », dont elle est l’au­trice, et pour lequel elle s’est asso­ciée avec Freaks pour les illustrations.

Détail de la cou­ver­ture de Je vais m’ar­ran­ger, com­ment le vali­disme impacte la vie des per­sonnes han­di­ca­pées, de Mari­na Car­los, illus­tré par Freaks.

Le livre peut être vu comme une bro­chure éten­due de 80 pages, qui se pro­pose de décons­truire les méca­nismes du vali­disme, qui pèse sur le quo­ti­dien des per­sonnes en situa­tion de han­di­cap, par­fois même sans que ces prin­ci­pales concer­nées ne s’en rendent compte.

Les pages sont aérées et fluides, les idées sont déve­lop­pées de manière simple et lim­pide, et les illus­tra­tions étayent encore un peu plus ce confort de parcours. 

Voi­là un livre à mettre entre toutes les mains, pour que la voix des Déva­li­deuses, du CLHEE, du CLE Autistes et de tous les mou­ve­ments por­tés par les per­sonnes concer­nées arrive aux oreilles de toutes et de tous.

Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle

En pas­sant à la librai­rie de Cler­mont pour récu­pé­rer l’exem­plaire de Mad Maps que j’a­vais com­man­dé grâce au site chez mon libraire, on a choi­si avec ma fille un roman de vacances, sur les conseils de la libraire.

Le pre­mier volume de Tobie Lol­ness de Thi­mo­thée de Fom­belle s’in­ti­tule la vie sus­pen­due. On y suit l’his­toire d’un jeune gar­çon de un mil­li­mètre et demi qui vit avec ses sem­blables sur l’é­corce d’un arbre, où la gra­nu­la­ri­té de l’é­corce sculpte les pay­sages, où on élève les larves de cha­ran­çon pour se nour­rir, et où le ter­rible Jo Mitch élève les adultes pour creu­ser d’é­normes tun­nels à tra­vers l’é­corce de l’arbre.

Tobie Lol­ness, de Timo­thée de Fombelle

Avec les per­son­nages, on se ques­tionne sur la sur­vie de l’arbre, sur le rôle de l’in­dus­trie, on découvre les ques­tions de classe, de géo­gra­phie des cimes et des basses branches, de l’im­por­tance du soleil, de l’a­mi­tié, de l’amour.

L’é­cri­ture est moderne, les per­son­nages et l’u­ni­vers déli­ca­te­ment racon­tés, on dévore le livre, où l’in­trigue est pal­pi­tante, et la struc­ture nar­ra­tive dyna­mique à ne plus vou­loir lâcher le livre.

Faire son pain et comprendre comment ça marche

Il y a plus de 13 ans, quand je tenais un blog sur la cui­sine végé­ta­rienne, j’a­vais fait mon pre­mier pain, à la levure de bou­lan­ger. Pen­dant le confi­ne­ment, j’a­vais bien sûr ten­té de démar­rer mon levain, pour par­ti­ci­per comme tout le monde au grand jeu du pain au levain. Mais j’ai com­plè­te­ment échoué.

À la sor­tie du confi­ne­ment, j’ai pas­sé du temps avec une amie appren­tie bou­lan­gère, qui m’a appris plein de choses. On a deman­dé à une bou­lan­ge­rie du coin un peu de son levain, qu’ils nous ont don­né avec gen­tillesse, et j’ai ain­si pu com­men­cer à pra­ti­quer. J’a­vais aus­si énor­mé­ment envie de lire sur la ques­tion. Cet article de blog est donc une prise de notes pour que je me sou­vienne com­ment je fais, mais aus­si pour don­ner quelques liens sur des docu­ments qui expliquent super bien la chi­mie du pain. Si le sujet vous inté­resse, je vous invite d’ailleurs à lire le trai­té de bou­lan­ge­rie au levain, de Tho­mas Tef­fri-Cham­bel­land, que j’ai eu la chance de par­cou­rir, et que je trouve très très inté­res­sant. Il est cer­tai­ne­ment un peu trop tech­nique pour com­men­cer, mais peut être une bonne réfé­rence à consul­ter quand on a envie de tout com­prendre, jus­qu’au moindre détail.

Vous trou­ve­rez à la fin de cet article quelques réfé­rences de docu­ments dis­po­nibles en libre accès sur inter­net, et qui per­mettent de com­prendre un max de choses.

Dans la suite de cet article, je raconte com­ment je fais. On m’a appris comme ça, et comme il y a autant de manières de faire que de per­sonnes, vous ne faites sans doute pas pareil. N’hé­si­tez pas à indi­quer en com­men­taire de cet article là où votre pra­tique dif­fère de celle que j’ai apprise.

Le levain

Pen­dant le confi­ne­ment, j’ai ten­té de démar­rer mon propre levain, mais j’ai échoué. La pre­mière fois parce que j’a­vais pris de la farine trop blanche — car les rési­dus de son pré­sents dans les farines com­plètes aident au démar­rage d’un levain — puis cer­tai­ne­ment par manque d’attention.

Grâce à ma bou­lan­gère pré­fé­rée, j’ai décou­vert qu’on pou­vait aller deman­der du levain dans une bou­lan­ge­rie, à condi­tion de repé­rer celles qui en uti­lisent, et qui sont d’ac­cord pour par­ta­ger. C’est comme ça que j’ai accueilli un levain dans mon frigo.

Un levain de blé, récem­ment sor­ti du fri­go et nour­ri à l’eau et à la farine de blé.

Comme vous le ver­rez en par­cou­rant les docu­ments poin­tés dans la der­nière sec­tion de cet article, il existe plein de levains dif­fé­rents, et plein de manière de l’en­tre­te­nir. Il y a les règles de l’art, et puis les faci­li­tés que l’on s’ac­corde, quand on maî­trise la chose, ou par ignorance.

Pour ma part, j’en­tre­tiens mon levain comme on me l’a appris : conser­va­tion au fri­go pour une pousse lente, je lui donne une fois tous les 2 ou 3 jours à man­ger de la farine, et j’é­qui­libre la tex­ture avec de l’eau. La tex­ture va déter­mi­ner en par­tie le goût du pain : une levure liquide favo­rise la pro­duc­tion d’a­cide lac­tique, qui donne un pain au un goût moins acide que ce qu’on obtient avec un levain ferme, qui favo­rise l’a­cide acétique.

Par­fois, le levain consomme très vite sa farine, et vire un peu à une odeur vinai­grée. Alors je me dépêche de faire du pain, et je n’en garde qu’un peu, à qui je donne un max de farine et eau.

Car oui, quand on fait du pain, il faut pen­ser à ne prendre qu’une par­tie du levain, pour conti­nuer à le gar­der. Géné­ra­le­ment, j’en prends la moi­tié (soit 100 à 200 grammes), et je nour­ris la moi­tié res­tante puis la remet au fri­go. Par­fois j’en jette un peu, si la quan­ti­té est trop grande pour ma pro­duc­tion de pain.

Le pétrissage

On com­mence donc par pré­pa­rer ses ingré­dients. J’u­ti­lise du gros sel, que je dis­sous dans de l’eau claire, en mélan­geant pen­dant une à deux minutes. Au début, je chauf­fais un peu l’eau pour faci­li­ter la dilu­tion, et la gar­dait tiède dans la suite. Mais au final, ça accé­lère arti­fi­ciel­le­ment la fer­men­ta­tion, et ça ne sert pas à grand chose pour la fonte du sel.

Je choi­sis ensuite mes farines, avec de la farine de blé de T65 à T1501Tiens d’ailleurs, j’ai décou­vert qu’en France, on uti­li­sait une tech­nique assez scien­ti­fique pour éva­luer le type des farines, en la brû­lant, et en mesu­rant la quan­ti­té de matière miné­rale res­tante. Chaque pays pra­tique une échelle dif­fé­rente, et on trouve des tableaux d’é­qui­va­lence pra­tiques quand on passe une fron­tière., et de la farine de seigle, pour don­ner un peu de carac­tère au pain.

Il s’a­git ensuite de mélan­ger les ingré­dients, puis de pétrir soi­gneu­se­ment pour obte­nir une pâte homo­gène, avec de bonnes pro­prié­tés élas­tiques, et une bonne tenue.

Pla­cer dans un sala­dier un peu du levain.

La quan­ti­té d’eau en pro­por­tion de la farine est une ques­tion impor­tante. On m’a dit qu’en bou­lan­ge­rie bio, on hydra­tait à hau­teur de 70% à 100%, c’est-à-dire que pour 100 grammes de farine, on met­tait entre 70 et 100 grammes d’eau. En des­sous, le levain manque d’eau pour son pro­ces­sus de fer­men­ta­tion, et la levée n’est pas satisfaisante.

Plus la pâte est hydra­tée, plus le façon­nage sera déli­cat. Quand cette quan­ti­té est vrai­ment éle­vée, on peut uti­li­ser un moule, par exemple un moule à cake. Cepen­dant, plus le pain est hydra­té, plus le volume des pains aug­mente, car on favo­rise l’ac­ti­vi­té micro­bienne. Le pain sera donc beau­coup plus alvéolé.

La levée

On laisse ensuite la pâte lever. Sui­vant la tem­pé­ra­ture et l’hu­mi­di­té ambiante, la tem­pé­ra­ture et quan­ti­té d’eau uti­li­sée, cette levée prend de 3 heures à 5 heures. Il faut à la fois lais­ser le temps au levain de faire son tra­vail, mais ne pas attendre trop, sinon tout retombe. Il existe des tech­niques avec sondes ther­mo­mètre pour éva­luer le bon moment où arrê­ter la levée. On peut aus­si faire comme moi, à l’in­tui­tion, autour de 4 heures de levée.

Le façonnage et le lamage

Dans les pra­tiques docu­men­tées, on voit que les gens pra­tiques une double levée, en réa­li­sant un bou­lage après quelques heures de levée, puis de nou­veau une levée d’une heure. Le bou­lage consiste à sépa­rer la pâte en petites boules, qui ser­vi­ront ensuite à fabri­quer le pain. Dans cette pra­tique, on laisse le temps au levain de pour­suivre son tra­vail, pour que le réseau d’a­mi­don se recons­ti­tue après cette manipulation.

Car il faut le dire, la struc­ture du pain, alvéo­lée, uni­forme, à la fois souple et struc­tu­rée, on la doit pré­ci­sé­ment au réseau. Et plus on mani­pule la pâte, plus on déchire la struc­ture du réseau, et moins la tenue sera bonne.

On m’a appris une tech­nique où il n’y a pas de seconde levée. Il s’a­git de mani­pu­ler le plus rapi­de­ment pos­sible la pâte, en com­men­çant par la cou­per le plus déli­ca­te­ment pos­sible, avec une lame fine, et en essayant de ne pas déchi­rer la pâte.

On mani­pule ensuite chaque boule déli­ca­te­ment, en réa­li­sant le moins de gestes pos­sibles. Pour que la pâte ne colle pas, on peut soit uti­li­ser de l’eau sur nos mains, soit de la farine. J’u­ti­lise géné­ra­le­ment de l’eau pour décol­ler la pâte du sala­dier, puis de la farine pour façon­ner2C’est d’ailleurs cette farine que l’on retrou­ve­ra sur le pain après la cuis­son. Car oui, la farine ne grille pas quand le pain cuit, elle reste blanche. C’est une manière d’a­voir un pain à l’ap­pa­rence contras­tée, puisque nor­ma­le­ment la par­tie lamée n’a pas eu de farine, et est donc plus fon­cée que la par­tie plat..

Le prin­cipe consiste à don­ner de la force à la pâte. On com­mence par l’aplatir gros­siè­re­ment avec le plat de la main sur la table, puis on replie une ou plu­sieurs fois la pâte, en l’al­lon­geant un peu au fur et à mesure. La der­nière sou­dure, appe­lée la clé, se place sous la boule. On uti­lise ensuite l’adhé­rence à la table — que l’on dose éven­tuel­le­ment à l’aide d’un peu de farine — pour fer­mer la clé en quelques mou­ve­ments de glis­se­ment sur la table, les mains sou­te­nant la boule pour conser­ver la tenue générale.

On place alors le pain sur la plaque de cuis­son, au préa­lable fari­née. Les der­nières fois, j’a­vais oublié cette étape, et le pain colle alors à la planche, c’est une vraie galère. Sur la pho­to qui suit, j’y suis allé un peu fort en farine, comme pour com­pen­ser les cuis­sons pré­cé­dentes. On y va mol­lo quand même ! J’ai remar­qué que si on ne met pas de farine, la forme de la boule est plus écra­sée à la base, sans trop d’ar­ron­di, plus sous la forme d’une demie lentille.

Au der­nier moment, quand le four est chaud — voir la sec­tion sui­vante pour le détail de la cuis­son — on lame le pain. L’i­dée est de don­ner quelques inci­sions sous forme de lignes bien pro­fondes, avec une lame très cou­pante. J’ai pour ma part uti­li­sé de bons cou­teaux, ou un rasoir, mais je ne maî­trise pas encore bien ce geste, et sur la pho­to vous ver­rez que les entailles ne sont pas assez pro­fondes : elles com­mencent même à se refermer. 

L’ob­jec­tif du lamage est d’ou­vrir des che­mi­nées, par les­quelles les gaz pro­duits par la fer­men­ta­tion pen­dant la cuis­son pour­ront sor­tir. Sans cela, le pain risque d’ex­plo­ser, en se déchi­rant à des endroits non maî­tri­sés du pain. C’est moche, je le sais parce que j’ai déjà essayé. Et ça change un peu l’ap­pa­rence de la croûte et de la mie, de ce que j’ai expérimenté.

L’enfournage et la cuisson

On règle le four assez chaud, de mon expé­rience entre 240 et 250 degrés, dans un mode qui évite aux ali­ments de sécher — par exemple cha­leur tour­nante — mais qui soit en même temps irra­diant en des­sous, et pos­si­ble­ment au des­sus aus­si — par exemple avec le grill acti­vé. L’i­déal étant d’ac­ti­ver les deux, voire d’u­ti­li­ser la fonc­tion pain du four, si elle existe.

en mode cuis­son à 240 degrés.

Le four a atteint la tem­pé­ra­ture sou­hai­tée, et notre pain est lamé. On peut main­te­nant enfour­ner. L’i­dée est d’ou­vrir le moins long­temps pos­sible la porte du four. On ouvre, on place la plaque, et on ferme. 

Pour gar­der l’hu­mi­di­té dans le four, et for­mer une bonne croûte dorée, on peut rou­vrir le four juste après, en jetant dans le fond du four un demi verre d’eau. Ça pro­duit immé­dia­te­ment de la vapeur, et si on est assez rapides, on a fer­mé la porte, et la vapeur reste un moment dans le four. 

On peut aus­si lais­ser au fond du four un réci­pient rem­pli d’eau, pour assu­rer un bon niveau d’hu­mi­di­té ambiant.

Les pains cuisent, ils montent et prennent une belle teinte.

La durée de la cuis­son dépend d’é­nor­mé­ment de para­mètres. Sans outil ni expé­rience, on se fie à la cou­leur de la croûte, qui doit com­men­cer à dorer. De mon expé­rience, les petits bâtards mettent de 15 à 18 minutes à cuire, quand une boule met­tra plu­tôt de 16 à 20 minutes. 

Afin de gar­der une bonne humi­di­té et une bonne tem­pé­ra­ture, on n’ouvre le four sous aucun pré­texte, encore moins pen­dant les 10 pre­mières minutes.

Et quand le pain est cuit, on le sort. Une étape que j’a­vais oubliée au début, qui s’ap­pelle le res­suage, consiste à aérer le des­sous du pain pour qu’il perde son humi­di­té en refroi­dis­sant. On peut mettre les pains à l’en­vers, ou les pla­cer sur une grille. Et sur­tout, on retient sa gour­man­dise, et on ne coupe le pain que quand il a refroi­di, sous peine de lui faire perdre une bonne par­tie de son humidité.

Deux pains qui manquent un peu de cuis­son, et dont le lamage est vrai­ment amé­lio­rable, on voit que le réseau avait com­men­cé à se recons­truire, refer­mant l’ouverture.

Apprécier le pain

Que cherche-t-on dans un bon pain ? Pour l’as­pect san­té et nutri­tion, on pri­vi­lé­gie­ra des farines com­plètes, et des céréales bio, pour­quoi pas autre que du blé. 

Pour le goût, on tra­vaille sur le type de fer­men­ta­tion, pour gar­der un peu d’a­ci­di­té mais pas trop, on choi­si­ra des farines avec un carac­tère, comme le seigle ou le petit épeautre par exemple. Quand on ne sale pas l’eau au moment du pétris­sage, ça se sent pas mal, il faut y pen­ser. On pour­ra aus­si uti­li­ser un peu d’huile d’o­live, des herbes, des graines ou des fruits pour par­fu­mer le pain. Ils sont intro­duits dans la pâte au moment du pétris­sage, mais peuvent chan­ger la chi­mie de la levée, pas tout le temps simple à gérer.

Une mie un peu aérée, une croûte fine. Le pain manque un peu de cuis­son, son goût manque de carac­tère. Le pain est très souple, un peu élas­tique, et il a com­men­cé à sécher au bout de 3 jours.

La tex­ture de la mie et de la croûte est aus­si un aspect que l’on cherche à maî­tri­ser. On cherche une mie alvéo­lée, plus ou moins dense sui­vant les goûts, souple, plus ou moins élas­tique. On pré­fère la croûte fine, ou épaisse, molle, cra­quante ou crous­tillante. Tout cela se règle à cha­cune des étapes de la pré­pa­ra­tion du pain. 

Par exemple, plus le four sera chaud pen­dant la cuis­son, plus la croûte sera fine. Le côté crous­tillant ou cra­quant de la croûte dépend de la tem­pé­ra­ture du four, de l’hu­mi­di­té, mais aus­si de la qua­li­té de la fer­men­ta­tion et de la construc­tion du réseau. C’est quelque chose que je trouve encore dur à com­prendre. Je suis loin d’en maî­tri­ser les aspects les plus simples.

La conser­va­tion du pain est aus­si une pro­blé­ma­tique dif­fi­cile à maî­tri­ser. Les farines com­plètes et la mie dense semble sécher moins vite, mais c’est une impres­sion, que je n’ar­rive pas à ajuster.

Et quand il devient sec ?

Et quand le pain devient trop sec, qu’en fait-on ? Il y a le tra­di­tion­nel grille-pain par exemple. Mais pour­quoi pra­tique-t-on ce mode de pré­pa­ra­tion ? On aime y retrou­ver le crous­tillant à l’ex­té­rieur, et le moel­leux à l’intérieur.

Retrou­ver un pain moel­leux est en effet pos­sible, et simple à réa­li­ser, quand on a com­pris une par­tie de la chi­mie du pain. En effet, une par­tie du dur­cis­se­ment du pain réside dans l’ap­pa­ri­tion de ponts hydro­gène, qui figent la struc­ture du pain. Une chauffe pen­dant quelques minutes à moins de 40 degrés per­met de cas­ser ces ponts sans griller le pain. Les pra­tiques sug­gèrent sou­vent de mouiller le pain avant de l’en­four­ner pour lui redon­ner sa sou­plesse. Si les détails vous inté­ressent, je vous invite à pour­suivre la lec­ture de cet article en consul­tant le lien don­né ci-des­sous, qui pointe vers le site je pense donc je cuis.

Bonne dégus­ta­tion !

Améliorations…

Depuis ce billet, j’ai de nou­veau échan­gé avec mon amie appren­tie bou­lan­gère, et j’ai ajus­té mon pro­ces­sus. J’ai aug­men­té la durée de levée à 5 heures — j’ar­rê­tais trop tôt la pousse — ce qui a gran­de­ment faci­li­ter le façon­nage et le lamage. J’ai fari­né mes pains avant de lamer en forme de croix pour amé­lio­rer l’es­thé­tique, et j’ai cuit à 270°C. Le résul­tat est vrai­ment meilleur, notam­ment au niveau du crous­tillant de la croûte, et de la struc­ture du réseau.

Une nou­velle four­née, mieux réus­sie grâce à des ajus­te­ments dans la préparation.

J’es­père conti­nuer encore et encore à affi­ner ma pra­tique, à la fois en expé­ri­men­tant, et en lisant sur le pain…

Comprendre le pain

Par­mi les sites inter­net très four­nis sur la ques­tion du pain, de la pra­tique à la théo­rie, on trouve le site Pâtis­se­rie 21 — pour une pâtis­se­rie et bou­lan­ge­rie arti­sa­nale au XXIème siècle — avec une page dédiée à la tech­no­lo­gie bou­lan­gère, très bien documentée.

Le site je pense donc je cuis consacre un article à la ques­tion du pain qui dur­cit et un autre à l’a­mi­don, avec des expli­ca­tions simples et com­pré­hen­sibles des méca­nismes chi­miques à l’œuvre dans la fabri­ca­tion du pain et des pâtes en général.

Sur la ques­tion du levain, on trouve un docu­ment pdf de 10 pages édi­té par la Fédé­ra­tion régio­nal des agri­cul­teurs bio­lo­giques Midi-Pyré­nées inti­tu­lé quelques tech­niques pour bien réus­sir son levain, qui est à la fois poin­tu et fonc­tion­nel. Pour ma part, je repro­duis ce qu’on m’a appris, et si ça marche mal (le levain devient trop acide par exemple), je par­cours ce docu­ment pour com­prendre le pour­quoi du com­ment, et pour répa­rer mes erreurs.

Sur la fabri­ca­tion du pain en géné­ral, on trouve plu­sieurs docu­ments très com­plets au for­mat pdf3Le pdf est le for­mat que je trouve le plus facile à archi­ver et à réuti­li­ser, j’ai donc majo­ri­tai­re­ment col­lec­té ce type de res­sources. Ils sont sou­vent écrits par des pas­sion­nés, par­fois édi­tés dans des revues spé­cia­li­sées, par­fois conçus pour être mis à dis­po­si­tion sur inter­net. Je pense notam­ment à l’ar­ticle levains et pani­fi­ca­tion du sup­plé­ment tech­nique des Nou­velles de la Bou­lan­ge­rie Pâtis­se­rie de mars 1996, qui traite notam­ment de l’his­toire du levain, puis de son éla­bo­ra­tion avec plu­sieurs tech­niques, tableaux chif­frés à l’ap­pui, puis qui détaille beau­coup de tech­niques de pré­pa­ra­tion et cuis­son du pain, le tout à des­ti­na­tion de pro­fes­sion­nels. Je pense aus­si au docu­ment de télé­for­ma­tion bon pain bon levain, un repor­tage com­plet (pho­to à l’ap­pui) sur la créa­tion d’un levain, puis de sa pani­fi­ca­tion et de sa cuis­son. Il est pro­po­sé par l’as­bl Pense à 2 Mains, une plate-forme d’é­du­ca­tion per­ma­nente. Je pense aus­si aux publi­ca­tions du site faire soi-même son pain, ani­mé par un pas­sion­né, qui contient plein de liens et de réfé­rences vers d’autres docu­ments, avec notam­ment un docu­ment de 32 pages très com­plet et bien docu­men­té, inti­tu­lé la fabri­ca­tion du pain.

Quand on com­mence à pra­ti­quer, on a envie de varier les farines, les cuis­sons, les temps de levage, etc. On peut alors regar­der du côté du livret de recettes de pains au levain pro­po­sé par les Ambas­sa­deurs du pain qui donne quelques outils indis­pen­sables à la com­pré­hen­sion du levain, puis qui donne nombre de recettes, avec ingré­dients, type de pousse, de levain, et au pro­cé­dé de fabri­ca­tion effi­ca­ce­ment décrit pour qui maî­trise la panification.

PS : retrou­vez cet article ain­si que d’autres conte­nus sur mon nou­veau blog dédié à la bou­lange : https://boulange.jmtrivial.info/.

Pictoparle, treizième sprint

Trei­zième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Ce sprint a été l’oc­ca­sion d’as­sem­bler une ver­sion défi­ni­tive du deuxième pro­to­type phy­sique avec medium et papier ther­mo­gon­flé. Cela a per­mis d’i­den­ti­fier puis d’a­mé­lio­rer plu­sieurs détails dans les inter­ac­tions. La vidéo ci-des­sous pré­sente le fonc­tion­ne­ment com­plet du prototype :

Démons­tra­tion du fonc­tion­ne­ment de Pic­to­parle, dans une ver­sion qua­si­ment prête à la diffusion.

Pen­dant ce sprint, j’ai véri­fié que la tech­nique de col­lage que j’a­vais pré­vu d’u­ti­li­ser assu­rait la tenue atten­due. Ce type de colle per­ma­nente en ruban est d’une tenue qui semble à toute épreuve.

Pen­dant ce sprint, j’ai éga­le­ment tra­vaillé sur la taille des QRCodes. Dans les ver­sions pré­cé­dentes, leur lar­geur était de 3 cen­ti­mètres, ce qui impo­sait d’a­voir en haut des planches une exten­sion rectangle. 

Un QRcode impri­mé, deux QRcodes des­si­nés à la main.

En dimi­nuant la taille du QRcode, on gagne d’une part en com­pa­ci­té de la planche en reti­rant cette exten­sion, mais on amé­liore aus­si la détec­tion des planches. Avant cet ajus­te­ment, on devait gar­der sta­tique la planche avec un angle d’en­vi­ron 30 degrés pour que la détec­tion se fasse. Avec cette nou­velle dis­po­si­tion, l’angle est beau­coup plus natu­rel (de l’ordre de 10 degrés). Les QRcodes des­si­nés à la main sont bien sûr moins bien recon­nus, il me suf­fi­ra de les réim­pri­mer pour confir­mer leur fonctionnement.

La fabrique de pic­to­parle a bien sûr été mise à jour pour prendre en compte cette modi­fi­ca­tion, et les fichiers qu’elle génère cor­res­pondent à cette nou­velle disposition.

Mise en relief des pic­to­grammes par gommettes.

Pen­dant ce sprint, j’ai éga­le­ment réa­li­sé une planche au conte­nu « fun », com­po­sé de courts extraits de dia­logues de livres audios, pour expé­ri­men­ter un usage ludique, com­plé­men­taire de la fonc­tion ini­tiale de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée. L’ob­jec­tif est de faci­li­ter l’ap­pro­pria­tion de l’ou­til par le jeu. Pour cette planche, j’ai aus­si expé­ri­men­té l’u­ti­li­sa­tion de gom­mettes, une mise en relief alter­na­tive au ther­mo­gon­flage, et tout aus­si fonctionnelle.

Plu­sieurs aspects ont éga­le­ment été amé­lio­rés dans la fabrique de pic­to­parle, comme iden­ti­fié lors du sprint pré­cé­dent. On peut citer l’a­jus­te­ment de la taille des planches pour un assem­blage sans frot­te­ment, et la modi­fi­ca­tion de la forme des fenêtres des­ti­nées à lais­ser le son pas­ser des hauts-par­leurs, pour évi­ter une fra­gi­li­té iden­ti­fiée pré­cé­dem­ment. Des faci­li­tés ont été appor­tées sur la géné­ra­tion du QRcode, sur les mes­sages d’er­reur en cas de mau­vais glisser/déposer.

L’ap­pli­ca­tion Pic­to­parle a éga­le­ment été amé­lio­rée sur de nom­breux aspects, à la fois dans la finesse des inter­ac­tions (détec­tion de la planche, détec­tion des double taps), mais éga­le­ment sur son ergo­no­mie de fonc­tion­ne­ment, en pre­nant en compte des uti­li­sa­tions atypiques.

La ges­tion des planches avec conte­nus par­tiels (par exemple du son mais pas d’i­mage) a été conso­li­dée, notam­ment pour per­mettre la concep­tion de la planche « fun » pré­cé­dem­ment citée.

Et la suite ?

Avec ce sprint, je pense être arri­vé à une pre­mière ver­sion dif­fu­sable. La période esti­vale sera l’oc­ca­sion d’une petite pause dans le déve­lop­pe­ment de Pic­to­parle, où nous aurons l’oc­ca­sion de tes­ter l’ou­til en situa­tion réelle. J’i­den­ti­fie­rai pro­ba­ble­ment des amé­lio­ra­tions à appor­ter, mais je pense que ça sera à la marge.

Ren­dez-vous donc en sep­tembre, pour faire le point sur l’u­ti­li­sa­tion de cette pre­mière ver­sion com­plè­te­ment fonctionnelle !

Pictoparle, douzième sprint

Dou­zième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Cette semaine, j’ai tra­vaillé à deux aspects com­plé­men­taires : assem­blage d’un pro­to­type de boî­tier en medium, et amé­lio­ra­tion de l’application.

Boîtier en medium

La semaine pas­sée, j’a­vais fina­li­sé la com­mande de découpe chez Sculp­teo, et j’ai reçu cette semaine par la poste les dif­fé­rents élé­ments décou­pés, prêts à l’as­sem­blage. L’en­semble était très bien pro­té­gé pour un envoi par la poste.

Le patron de découpe avait été ajus­té au plus près, pour que l’as­sem­blage puisse se faire juste en force. Mais cer­taines petites pièces tenaient dif­fi­ci­le­ment, et je vou­lais m’as­su­rer que le boî­tier ne se démonte pas. Je me suis donc atte­lé à l’as­sem­blage par col­lage de l’en­semble des élé­ments, l’oc­ca­sion de faire un beau time­laps (je com­mence à me prendre au jeu du you­tube game) :

Assem­blage avec super­glue des élé­ments du boî­tier de Pictoparle.

J’ai ain­si pu obser­ver quelques menus détails qu’il me fau­dra ajus­ter sur le patron de découpe : 

  • Dimi­nuer de quelques dixièmes de mil­li­mètres la hau­teur de la planche, pour que l’as­sem­blage se passe bien. En effet, j’ai dû pon­cer un peu les planches pour qu’elles passent sans for­cer dans le boîtier.
  • Ajus­ter les fenêtres des hauts-par­leurs, dont le cadre supé­rieur est trop fin. En effet, j’en ai cas­sé un pen­dant l’as­sem­blage, car il faut for­cer un peu pour que les par­ties s’emboîtent, et je n’a­vais pas fait atten­tion à la soli­di­té de ces par­ties fines.

Excep­té ça, je suis très très content du ren­du final, qui sera je crois plei­ne­ment fonc­tion­nel. Il ne me reste plus qu’à tes­ter avec de vraies planches ther­mo­gon­flées, ça sera pour la semaine prochaine.

Amélioration de l’application

J’ai pris le temps d’a­mé­lio­rer Pic­to­parle sur plu­sieurs points, en sui­vant les obser­va­tions que j’a­vais pu faire lors de sa décou­verte par plu­sieurs uti­li­sa­trices. La vidéo ci-des­sous pré­sente l’u­ti­li­sa­tion de Pic­to­parle avec toutes ces améliorations :

Uti­li­sa­tion de Pic­to­parle avec le boî­tier en medium, et les amé­lio­ra­tions récentes de l’application.

En résu­mé, voi­ci les amé­lio­ra­tions appor­tées avec cette version :

  • Amé­lio­ra­tion de la détec­tion des QRcodes, en rédui­sant le temps entre deux ten­ta­tives de reconnaissance.
  • Modi­fi­ca­tion de la pre­mière page, plus gra­phique, et sans texte inutile.
  • Amé­lio­ra­tion de l’in­ter­face uti­li­sa­teur, et notam­ment de la navi­ga­tion entre les dif­fé­rentes pages de l’ap­pli­ca­tion. L’en­semble est (je l’es­père) main­te­nant plus intuitif.
  • Ajout de pré-réglages de tailles d’é­crans dans les pré­fé­rences pour sim­pli­fier la confi­gu­ra­tion de l’application.
  • Ajout d’une planche oui/non, conçue pour une réso­lu­tion plus petite, per­met­tant une démons­tra­tion fonc­tion­nelle sur smartphone.

Prochains sprints

Les pro­chains sprints seront l’oc­ca­sion de tes­ter de manière plus inten­sive Pic­to­parle, et de l’a­mé­lio­rer pour que son uti­li­sa­tion devienne tou­jours plus confor­table. Par­mi les amé­lio­ra­tions atten­dues, je pense par exemple à l’a­mé­lio­ra­tion de la détec­tion du QRcode, et au réglage du double tap. Je l’ai évo­qué plus haut, il sera éga­le­ment néces­saire d’a­jus­ter un peu le patron du boî­tier pour évi­ter de devoir pon­cer les pièces à la réception.

Pictoparle, onzième sprint

Onzième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Utiliser ses propres voix

La prin­ci­pale contri­bu­tion visible de ce sprint concerne la pos­si­bi­li­té d’u­ti­li­ser des enre­gis­tre­ments per­son­na­li­sées plu­tôt que la syn­thèse vocale d’An­droid. Cela a impli­qué de modi­fier à la fois la fabrique de pic­to­parle et l’ap­pli­ca­tion pic­to­parle. La vidéo ci-des­sous en pré­sente le fonctionnement :

Démons­tra­tion de l’in­té­gra­tion de sons enre­gis­trés dans l’ap­pli­ca­tion Pictoparle.

La fabrique de Pic­to­parle per­met donc d’as­so­cier à chaque pic­to­gramme un son enre­gis­tré au préa­lable, que l’on peut char­ger par bou­ton dédié, ou par glisser/déposer. Le fichier zip trans­mis à la tablette contient donc main­te­nant des fichiers au for­mat mp3 en plus des fichiers image.

Amélioration de la stabilité de l’application

Plu­sieurs cor­rec­tions d’ins­ta­bi­li­té de l’ap­pli­ca­tion ont été appor­tées. En par­ti­cu­lier, deux bugs qui fai­saient plan­ter l’ap­pli­ca­tion sont main­te­nant cor­ri­gés, l’un au démar­rage de l’ap­pli­ca­tion, l’autre lors de la sup­pres­sion d’une planche personnalisée.

Préparation de futures expérimentations

Les échanges avec Sculp­teo ont per­mis d’a­jus­ter le modèle pour la découpe laser, et je devrais avoir entre les mains pro­chai­ne­ment les pièces d’un boî­tier près à l’assemblage.

Nous avons tra­vaillé autour des besoins d’une uti­li­sa­trice, en conce­vant une seconde planche per­son­na­li­sée, et en tra­vaillant sur des enre­gis­tre­ments et net­toyages de voix pour une écoute fluide.

Pictoparle, dixième sprint

Dixième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Cette semaine, il s’a­gis­sait de réa­li­ser les der­niers ajus­te­ments avant d’en­voyer le patron pour le décou­page laser. J’ai donc tra­vaillé sur plu­sieurs élé­ments. Pas de vidéo, mais plein de petits tra­vaux répar­tis un peu par­tout sur le projet.

Amélioration de l’assemblage

L’as­sem­blage des planches et de la boîte a été amé­lio­rée lors du pré­cé­dent sprint, mais me sem­blait encore dif­fi­cile à prendre en main. J’ai donc ajou­té une épais­seur sup­plé­men­taire de chaque côté de la planche, pour faci­li­ter le guidage. 

Le connec­teur en trois couches pour faci­li­ter l’as­sem­blage entre la planche et le boîtier.

Ajout de fenêtres latérales

Afin de lais­ser un accès aux bou­tons de la tablette, ain­si qu’à la prise casque et la prise usb, j’ai ajou­té des fenêtres laté­rales au boî­tier. C’est ce qui m’a pris le plus de temps, car je vou­lais rendre les choses les plus flexibles pos­sibles, dans l’i­dée de pou­voir prendre en charge rapi­de­ment d’autres tablettes.

Au pre­mier plan, la fenêtre per­met­tant d’u­ti­li­ser les bou­tons de la tablette, et la prise usb. Au second plan, la fenêtre per­met­tant de connec­ter par une prise jack un casque ou une petite enceinte.

Uniformisation de l’orientation de découpe

Jus­qu’à pré­sent, le sens de découpe des pièces pour fabri­quer le boî­tier et la planche était un peu inco­hé­rent. Par­fois les pièces étaient décou­pées face exté­rieure vers le haut, par­fois l’in­verse. J’ai donc pris le temps de tout réorien­ter pour une découpe côté faces inté­rieures, afin d’a­voir un ren­du le plus propre pos­sible des arêtes.

J’ai uti­li­sé blen­der pour véri­fier cette bonne orien­ta­tion, en colo­rant en bleu la par­tie supé­rieure du maté­riau avant sa découpe. Le ren­du ci-des­sous confirme que tout est bon maintenant.

La sur­face supé­rieure de la planche a été colo­rée en bleue avant décou­page puis assem­blage, pour véri­fier la cohé­rence de l’orientation

Protection du papier thermogonflé

Dans le cas d’une uti­li­sa­tion intense, notam­ment pen­dant les repas, je cher­chais un moyen de pro­té­ger les par­ties en papier ther­mo­gon­flé. J’ai donc essayé un ver­nis trans­pa­rent mat en bombe. Une fois sec, j’ai tes­té avec suc­cès l’im­per­méa­bi­li­té des planches. On pour­ra donc les laver facilement.

Tests d’im­per­méa­bi­li­té après vernissage

Expérimentations de collage

J’ai éga­le­ment fait quelques essais de col­lage du papier ther­mo­gon­flé sur le cadre de planche. Le résul­tat obte­nu avec un colle repo­si­tion­nable en bombe n’est pas très satis­fai­sant, et je suis reve­nu comme sou­vent à la colle « sou­ris » que j’u­ti­lise depuis quelques temps pour mes assem­blages précis. 

Pré­cise, facile à posi­tion­ner, et très solide, ça semble être la tech­nique la plus adap­tée, même avec cette feuille impri­mée au sprint pré­cé­dent avec un pro­blème d’échelle.

Assem­blage col­lé du papier ther­mo­gon­flé et du carton-bois

Commande d’un découpage

Les patrons de décou­page pour machine outil prêtes, j’ai donc com­man­dé une découpe sur le site scu­pl­teo. Basés dans la région pari­sienne, ils pro­posent des ser­vices très simple d’u­ti­li­sa­tion de fabri­ca­tion, notam­ment pour découpe laser. En atten­dant que mon fablab de proxi­mi­té rouvre, c’é­tait la solu­tion la plus simple pour obte­nir un pre­mier modèle en medium près à tester.

Inter­face de véri­fi­ca­tion de la découpe sur le site du prestataire

J’ai aus­si com­man­dé des planches A4 de medium en 2 mil­li­mètres d’é­pais­seur, pour pré­pa­rer la suite des fabrications.

Quelques planches de medium pour les pro­chains découpages

Prochains développements

Les pro­chaines semaines seront l’oc­ca­sion de tes­ter la pre­mière ver­sion en medium, pro­ba­ble­ment avec plu­sieurs planches, pour tes­ter la mani­pu­la­tion de l’en­semble… À suivre !

Outil de planification de collectif

Cette année, j’ai eu la chance de voir plu­sieurs pro­jets de recherche être rete­nus par l’or­ga­nisme finan­ceur où nous l’a­vions pro­po­sé. En par­ti­cu­lier, l’ANR PRCE ACTIV­map a com­men­cé en mars 2020, pour quatre années de tra­vail col­lec­tif autour de la repré­sen­ta­tion de l’es­pace pour les défi­cients visuels. Une manière de conso­li­der l’ac­ti­vi­té menée depuis quelques temps au sein de Com­pas.

Quand on est nom­breux à tra­vailler sur une période longue, avec un calen­drier pré­vi­sion­nel éta­blit, il est impor­tant de pou­voir se sou­ve­nir de ces enga­ge­ments que l’on a pris. Il est indis­pen­sable de visua­li­ser les échéances, les réunions d’a­van­ce­ment, les moments clés programmés. 

J’a­vais repé­ré Time­line de Jason Reis­man comme un outil inté­res­sant pour géné­rer des frises chro­no­lo­giques en svg à par­tir d’une des­crip­tion struc­tu­rée en json.

Il man­quait cepen­dant des fonc­tion­na­li­tés que j’ai ajou­tées dans un fork que l’on retrouve sur mon github. On peut donc main­te­nant indi­quer des dates incer­taines, décrire les dates sous une forme Jun 11, 2020 + 5 months, mais sur­tout la géné­ra­tion de fichiers au for­mat ical. En cou­plant cet outil avec l’ins­tance Sea­file de mon uni­ver­si­té, on a donc un moyen d’a­li­men­ter auto­ma­ti­que­ment les calen­drier des participant·e·s à par­tir d’un fichier json simple à éditer.

Pictoparle, neuvième sprint

Neu­vième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Cette semaine a été l’oc­ca­sion de faire mani­pu­ler Pic­to­parle à une uti­li­sa­trice, ain­si qu’à deux pro­fes­sion­nelles qui accom­pagnent le pro­jet : une ergo­thé­ra­peute et une ortho­pho­niste. C’é­tait aus­si la pre­mière impres­sion ther­mo­gon­flée d’une planche géné­rée par la fabrique de Pic­to­parle, et conçue spé­cia­le­ment pour une acti­vi­té bien iden­ti­fiée : le repas.

Planche ther­mo­gon­flée inté­grée au pro­to­type de Pictoparle.

De ces échanges et expé­ri­men­ta­tions, plu­sieurs points d’a­mé­lio­ra­tion ont été iden­ti­fiés, qui ont été en par­tie implé­men­tées cette semaine. En voi­ci une liste sans ordre, mais qui donne une idée des pro­blé­ma­tiques et implé­men­ta­tions réalisées :

  • Les fichiers géné­rés par la fabrique sont main­te­nant nom­més à la fois par le nom de l’ac­ti­vi­té, mais aus­si par l’i­den­ti­fiant unique qui lui est asso­cié, afin de pou­voir dis­tin­guer les dif­fé­rentes ver­sions de fichiers que l’on peut choi­sir de géné­rer pen­dant un pro­ces­sus de conception.
  • Modi­fi­ca­tion de la forme du méca­nisme d’as­sem­blage, pour assu­rer une inser­tion sur une plus longue sec­tion, comme illus­tré dans l’i­mage en haut de cette page.
  • Ajout d’un para­mètre per­met­tant de régler le ratio d’im­pres­sion, afin de cor­ri­ger le pro­blème des impri­mantes qui n’im­priment pas réel­le­ment à l’é­chelle deman­dée. La consé­quence est très visible sur la pho­to ci-des­sus pré­sen­tant la planche ther­mo­gon­flée inté­grée au pro­to­type, où le docu­ment a été net­te­ment réduit. C’est un pro­blème bien connu des ensei­gnants, qui doivent régu­liè­re­ment jon­gler avec leurs réglages d’im­pres­sion. On pro­pose dans l’in­ter­face un pre­mier docu­ment à impri­mer, avec dif­fé­rentes mises à l’é­chelle, afin de trou­ver celle cor­res­pon­dant aux capa­ci­tés de l’imprimante.
  • Ajout d’un para­mètre pour ajou­ter un vide de confort autour de chaque pic­to­gramme, s’il n’a pas été pré­vu dans l’image.
  • Prise en charge des images au ratio dif­fé­rent de celui pré­sen­té, avec une mise à l’é­chelle res­pec­tant le ratio initial.
  • Révi­sion com­plète des docu­ments géné­rés pour l’im­pres­sion et le ther­mo­gon­flage, afin d’en faci­li­ter la découpe et l’as­sem­blage. En par­ti­cu­lier, ajout de poin­tillés de gui­dage du décou­page, et pro­po­si­tions de découpe per­met­tant d’é­vi­ter aux deux feuilles (ther­mo­gon­flée, et pic­to­gramme) de se super­po­ser au niveau des pictogrammes.
  • Ajout de plu­sieurs illus­tra­tions sur la page de fabrique de la boîte, afin de rendre plus com­pré­hen­sible les dif­fé­rents para­mètres à choisir.
  • Refonte de la page per­met­tant de fabri­quer une planche, afin de la rendre plus simple d’utilisation.
  • Fina­li­sa­tion de la géné­ra­tion de patrons pour la fabri­ca­tion de la boîte, et cor­rec­tion de nom­breuses erreurs grâce à un assem­blage vir­tuel dans blen­der.
  • Début d’im­plé­men­ta­tion de la découpe d’ou­ver­tures dans les côtés de la boîte, afin de déga­ger les dif­fé­rents bou­tons, connec­tiques et hauts-par­leurs. Démons­tra­tion avec les deux ouver­tures pré­vues pour les hauts-par­leurs de la tablette Leno­vo, visible sur l’as­sem­blage virtuel.

La vidéo ci-des­sous pré­sente l’as­sem­blage vir­tuel du boî­tier et d’une planche dans blen­der, afin de véri­fier la bonne concep­tion de cha­cune des parties.

Assem­blage vir­tuel des élé­ments du boî­tier en accé­lé­ré, pour véri­fier leur bon découpage.

D’autres amé­lio­ra­tions moins visibles et cor­rec­tions de bugs ont été appor­tées à la fabrique de Pic­to­parle, qui s’a­mé­liore chaque semaine un peu plus.

Prochains développements

Il reste encore une bonne par­tie de la découpe des ouver­tures à implé­men­ter, et l’as­sem­blage boîtier/planche est encore faci­le­ment amé­lio­rable. Une fois ces der­niers points réa­li­sés, il s’a­gi­ra de l’en­voyer à la fabri­ca­tion, peut-être chez Sculp­teo, avant que mon fablab de proxi­mi­té ne reprenne son activité.

Pictoparle, huitième sprint

Hui­tième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Cette semaine, j’ai prin­ci­pa­le­ment tra­vaillé à l’a­mé­lio­ra­tion de la fabrique de Pic­to­parle. La vidéo ci-des­sous pré­sente son fonc­tion­ne­ment com­plet, per­met­tant de géné­rer les patrons de fabri­ca­tion de la boîte et des planches :

La fabrique de Pic­to­parle, pré­sen­ta­tion des pages qui génèrent les patrons de fabri­ca­tion de la boîte et des planches

La nou­veau­té majeure de cette ver­sion est donc la géné­ra­tion des fichiers de fabri­ca­tion des par­ties solides de Pic­to­parle : la boîte, et le sup­port rigide de chaque planche. Ces patrons de découpe sont pro­po­sés en deux for­mats : le pdf pour un décou­page manuel, et le dxf pour le pilo­tage d’une machine-outil comme une décou­peuse laser.

Il manque encore quelques détails dans le patron de fabri­ca­tion de la boîte, et il me res­te­ra à vali­der ces plans par la fabri­ca­tion d’une boîte com­plète en sui­vant ces patrons, mais l’es­sen­tiel est implémenté.

J’ai éga­le­ment pro­fi­té de ce sprint pour implé­men­ter le glisser/déposer des images des pic­to­grammes, pour faci­li­ter la concep­tion des planches :

Concep­tion d’une planche par glis­ser déposer

On remar­que­ra que les des­crip­tions asso­ciées à chaque pic­to­gramme (qui sont lues par la syn­thèse vocale de l’ap­pli­ca­tion) sont déduites auto­ma­ti­que­ment du nom du fichier glis­sé. On peut donc pré­pa­rer très faci­le­ment une planche, sans devoir réa­li­ser de double saisie.

Prochains développements

Les pro­chains déve­lop­pe­ments concer­ne­ront la fina­li­sa­tion de l’ex­port des patrons de découpe, en y inté­grant notam­ment les ouver­tures laté­rales faci­li­tant l’ac­cès aux bou­tons de la tablette, et déga­geant les hauts-parleurs.

Une pre­mière impres­sion ther­mo­gon­flée de planche per­met­tra éga­le­ment de faire tes­ter com­plè­te­ment le pro­to­type à une utilisatrice.

Pictoparle, septième sprint

Sep­tième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Cette semaine a été assez active. J’ai tra­vaillé sur le site inter­net pour le rendre plus lisible, j’ai ajou­té l’ex­port pdf des planches pour l’im­pres­sion sur la fabrique de Pic­to­parle, et j’ai fina­li­sé un pre­mier pro­to­type phy­sique, que nous avons pu tester.

Site internet

J’ai refon­du le site inter­net de Pic­to­parle pour bien dis­tin­guer les pages expli­quant com­ment on peut uti­li­ser Pic­to­parle des pages qui décrivent le déve­lop­pe­ment et le fonc­tion­ne­ment interne de l’ou­til.

Cap­ture d’é­cran de la pre­mière page de Pic­to­Parle pré­sen­tant les trois étapes de l’u­sage : fabri­quer son dis­po­si­tif, conce­voir ses planches, uti­li­ser PictoParle

En sépa­rant ces deux par­ties, j’es­père rendre plus com­pré­hen­sible ce pro­jet à deux niveaux de lec­ture différents.

Planches prêtes à l’impression

J’ai ajou­té à la fabrique de pic­to­parle l’ex­port en pdf des deux pages qui per­met­tront à tout uti­li­sa­teur ou uti­li­sa­trice d’im­pri­mer ses propres planches. Chaque pdf ain­si expor­té est com­po­sé de deux pages : la pre­mière page avec les pic­to­grammes pour ther­mo­gon­flage, la seconde qui sera pla­cée au ver­so, en impres­sion simple, et qui com­porte le QRcode pour la détec­tion auto­ma­tique des planches.

Tech­ni­que­ment, j’ai uti­li­sé deux librai­ries très bien pen­sées : jsPDF pour la fabri­ca­tion du pdf, et bwip-js pour la géné­ra­tion du QRcode.

J’en ai pro­fi­té pour amé­lio­rer un peu l’in­ter­face et l’u­ti­li­sa­bi­li­té de la fabrique sur quelques petits détails.

Prototype physique

En début de semaine, j’ai revu l’as­sem­blage des planches et du boî­tier, car la pre­mière solu­tion envi­sa­gée ren­dait les planches trop volumineuses.

Assem­blage sim­pli­fié de la planche sur le boîtier

La nou­velle jonc­tion ima­gi­née me sem­blait inté­res­sante, aus­si je suis pas­sé à sa fabri­ca­tion en car­ton-bois, en sui­vant les conseils de Clé­ment, un ancien étu­diant en archi­tec­ture qui a dû en faire, des maquettes.

L’as­sem­blage s’est presque bien pas­sé, et j’ai pu faire tes­ter le dis­po­si­tif à une uti­li­sa­trice. La pro­chaine étape sera d’im­pri­mer des planches ther­mo­gon­flées com­plètes, ce que je n’a­vais pas eu le temps de faire.

Fabri­ca­tion puis pre­mières uti­li­sa­tions du boî­tier et de la planche PictoParle.

À l’u­sage, la recon­nais­sance de la planche n’est pas encore assez robuste, mais j’u­ti­lise encore les QRcodes des­si­nés à la main, je suis impa­tient d’u­ti­li­ser une ver­sion impri­mée. L’as­sem­blage entre planche et boî­tier est per­fec­tible, d’une part avec une meillure pré­ci­sion d’as­sem­blage, mais éga­le­ment avec un rehaus­se­ment des par­ties laté­rales, et peut-être j’a­jout d’une barre de main­tient, telle que le pré­sen­tait la maquette numérique.

Je suis éga­le­ment impa­tient d’es­sayer la découpe laser de medium, pour obte­nir un ren­du plus solide, et plus agréable… Mais il fau­dra pour cela implé­men­ter un géné­ra­teur de DXF pour la découpe !

J’a­vais un peu peur de la consom­ma­tion de la camé­ra pour la détec­tion de planches, mais d’a­près mes tests, on est à envi­ron 45 mAh pour 10 minutes d’u­ti­li­sa­tion de l’ap­pli­ca­tion, ce qui laisse pré­sa­ger une auto­no­mie de plus d’une dizaine d’heures.

Prochains développements

Les pro­chains déve­lop­pe­ments s’o­rien­te­ront pro­ba­ble­ment sur le géné­ra­teur de DXF pour la découpe laser, et sur des tests uti­li­sa­teur pour vali­der les approches explorées.

Pictoparle, sixième sprint

Sixième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Ce week-end, je me suis essen­tiel­le­ment consa­cré au déve­lop­pe­ment d’un outil per­met­tant de fabri­quer ses propres planches pour Pic­to­parle. En voi­ci une démonstration.

Démons­tra­tion de la fabrique de Pictoparle

Comme pré­sen­té dans cette vidéo, on peut choi­sir par­mi dif­fé­rentes mises en page, ou encore char­ger une planche déjà fabri­quée par le pas­sé. On peut ensuite asso­cier à chaque pic­to­gramme une image, et un texte.

Après avoir choi­si un nom à cette planche, on peut alors la sau­ver. Un fichier au for­mat zip est alors géné­ré. Après avoir trans­fé­ré ce fichier sur la tablette (en la connec­tant par usb à l’or­di­na­teur), on uti­lise alors le ges­tion­naire de planches de Pic­to­parle pour char­ger cette nou­velle planche.

Dans la démons­tra­tion vidéo, on peut voir d’autres mises en page que les mises en page pré­cé­dem­ment présentées.

Pen­dant ce sprint, j’ai uti­li­sé JSZip et boots­trap pour la concep­tion de la fabrique de pic­to­parle, et j’ai éga­le­ment cor­ri­gé quelques bugs dans l’ap­pli­ca­tion Android.

Essayer la fabrique de Pictoparle

La fabrique à Pic­to­parle est dis­po­nible en ligne, n’hé­si­tez pas à l’es­sayer, et à me faire part des dys­fonc­tion­ne­ments, com­por­te­ments pro­blé­ma­tiques, ou amé­lio­ra­tions possibles.

Futurs développements

La fabrique de pic­to­parle en est à sa toute pre­mière ver­sion. Dans les pro­chains sprints, je compte notam­ment ajou­ter la géné­ra­tion des docu­ments per­met­tant la fabri­ca­tion de la planche physique.

Petits plaisirs techniques

Depuis deux mois, je tra­vaille à dis­tance. Ori­gi­nal, me direz-vous. Les acti­vi­tés cultu­relles et sociales étant très réduites, et puisque j’ai plu­sieurs pro­jets en cours néces­si­tant de coder (pic­to­parle, svg-to-stl, flatten.js, unkm.fr, Time­line), j’ai repris un mode de vie proche de celui de mes années lycée et pre­mières années uni­ver­si­taires : un mara­thon heb­do­ma­daire de gee­ke­ries en tout genre. L’oc­ca­sion de sor­tir des sen­tiers que j’a­vais trop bat­tus, et de décou­vrir de nou­veaux outils, librai­ries, tech­no­lo­gies… Voi­ci un petit tour d’ho­ri­zon non exhaus­tif, qui sem­ble­ra banal à certain·e·s geeks, mais que j’ai pris plai­sir à découvrir.

Aver­tis­se­ment : certain·e·s logi­ciels ou biblio­thèques lis­tées ci-des­sous ne sont pas libres au sens de la GPL, car distribué·e·s sous licences équi­valent BSD. Je m’ex­cuse d’a­vance pour toutes les per­sonnes qui pour­raient être cho­quées par ces pra­tiques légères… (fin du mes­sage des­ti­né à Fred)

Rédaction

J’ai déjà écrit il y a peu pour par­ler de MDwi­ki, mais j’a­vais envie de par­ler aus­si un peu de mkdocs, que j’u­ti­lise main­te­nant mas­si­ve­ment pour fabri­quer les sites inter­net de mes dif­fé­rents pro­jets, pro­fes­sion­nels ou per­son­nels (mer­ci Vincent Maze­nod). Facile à prendre en main, il s’ap­puie sur une hié­rar­chie de docu­ments au for­mat mark­down, dis­pose d’un maxi­mum d’ex­ten­sion et de thème, dont le très chouette Mate­rial, notam­ment en action sur le site de pic­to­parle. Pour regar­der sous le capot, vous pou­vez aller faire un tour sur le dépôt qui contient le code source de ce site internet.

Android

Avec Pic­to­parle jus­te­ment, j’ai explo­ré à fond les bonnes pra­tiques d’An­droid, ain­si que quelques biblio­thèques bien pra­tiques. Je pense notam­ment à zxing, conseillé par Laurent Pro­vot, pour lire les QRcodes. Super simple à inté­grer et à uti­li­ser, c’est le pied.

J’ai aus­si pu décou­vrir le méca­nisme de la com­mu­ni­ca­tion entre pro­ces­sus conseillée par les concep­teurs d’An­droid, et très bien docu­men­tée dans cet article de Jani­shar Ali. Le prin­cipe géné­ral est d’a­voir une boucle, qui per­met aux pro­ces­sus d’é­chan­ger des ins­truc­tions exé­cu­tables, ou Run­nable. Les ThreadHand­ler s’oc­cupent de récu­pé­rer les ins­truc­tions des­ti­nées à leur pro­ces­sus, en écou­tant ce qui cir­cule sur la boucle.

J’ai aus­si décou­vert le méca­nisme des frag­ments, per­met­tant de géné­rer auto­ma­ti­que­ment un graphe de navi­ga­tion dans les dif­fé­rentes vues de l’appli­ca­tion. J’ai aus­si mieux com­pris com­ment fonc­tionne le mul­ti­touch sous Android, très orien­té détec­tion de gestes, et que j’ai un peu contour­né pour per­mettre à mon outil d’i­gno­rer les doigts sup­plé­men­taires à la sur­face des pictogrammes.

Géométrie et géomatique

Les opé­ra­tions boo­léennes entre formes géo­mé­triques (union, inter­sec­tion, dif­fé­rence) sont sou­vent peu stables, notam­ment quand elles tra­vaillent avec des nombres à vir­gules flot­tantes. C’est encore plus vrai quand il s’a­git de gérer des super­po­si­tions de bords d’ob­jets… En javas­cript, j’ai décou­vert la librai­rie mar­ti­nez, implé­men­ta­tion d’un article de 2018, qui marche rela­ti­ve­ment bien, en pre­nant en compte plein de cas limites, et qui est très rapide. D’a­bord uti­li­sée dans svg-to-stl, je l’ai aus­si réuti­li­sée dans unkm.fr pour recher­cher effi­ca­ce­ment les inter­sec­tions entre routes.

J’ai aus­si décou­vert RBush et fast­bush, deux outils de détec­tion rapide d’in­ter­sec­tion entre rec­tangles, que j’ai uti­li­sé dans svg-to-stl et dans unkm.fr.

J’ai aus­si redé­cou­vert la sim­pli­ci­té d’u­ti­li­sa­tion de lea­flet, qui per­met très rapi­de­ment de des­si­ner des choses sur une carte. C’est d’ailleurs un outil que j’u­ti­lise avec les copains du pro­jet Com­pas. On aura bien­tôt des choses à mon­trer, j’espère !

Enfin, map­sha­per qui per­met de mani­pu­ler en ligne de com­mande des don­nées géo­gra­phiques au for­mat sha­pe­file ou geo­j­son, par exemple pour sim­pli­fier les contours des dépar­te­ments dans unkm.fr :

mapshaper -i input.shp snap -proj wgs84 -simplify 25% weighted keep-shapes -o format=geojson precision=0.00001 output.json

Scripter, programmer

Map­sha­per per­met­tant de fabri­quer des geo­j­son, on peut vou­loir les modi­fier, comme ce que j’ai fait avec les dépar­te­ments, grâce au super outil jq. On écrit des règles de fil­trage, de par­cours, de sélec­tion, comme à l’é­poque des véné­rables XPath et XSLT, le tout en ligne de com­mande. En une ligne, on extrait d’un gros fichier la géo­mé­trie de chaque département :

jq -c ".features[] | .properties.code_insee" output.json | while read line; do fname=${line//\"}.json; jq -c ".features[] | select(.properties.code_insee==$line)" output.json > $fname; done

Il faut aus­si que je confesse ici avoir mis un doigt dans VSCo­dium (encore une fois grâce à Vincent Maze­nod). Cet édi­teur de code déve­lop­pé par Micro­soft est super bien pen­sé, il se fait trans­pa­rent, s’a­dap­tant flui­de­ment aux usages, avec pas mal de fonc­tion­na­li­tés dis­crètes mais effi­caces. Dis­tri­bué sous licence libre (enfin MIT), il est dis­po­nible sur la plu­part des sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion, notam­ment dans une ver­sion allé­gée des par­ties de tra­cking et de télé­mé­trie main­te­nues par Microsoft.

Multimédia

Dans la famille des outils mul­ti­mé­dias, j’ai d’a­bord décou­vert avec grand plai­sir que kden­live était deve­nu un édi­teur de vidéo très stable. Mon sou­ve­nir datait de 10 ans en arrière, et c’é­tait plu­tôt un sou­ve­nir sombre. Je l’ai cepen­dant uti­li­sé pour une toute petite tran­si­tion, mais il a fait le job très bien. J’ai aus­si fait un peu de modé­li­sa­tion 3D avec blen­der, en pro­fi­tant des bonnes pra­tiques que Blen­der Guru pré­sente sur sa chaîne you­tube, que je suis avec grand plai­sir. Même si j’ai uti­li­sé une ver­sion 2.7x, les vidéos de ces der­niers mois autour de blen­der 2.8x donnent très très envie de s’y frotter.

En par­lant de nou­velles ver­sions de logi­ciels, je ne peux pas m’empêcher de signa­ler qu’inks­cape vient d’être publiée en ver­sion 1.0. La vidéo de démons­tra­tion montre une évo­lu­tion dans la conti­nui­té des ver­sions pré­cé­dentes, avec des concepts simples, mais efficaces :

Pré­sen­tai­ton d’inks­cape 1.0

Et pour finir, je pro­fite de ce billet pour par­ta­ger la décou­verte il y a quelques mois de splee­ter, l’ou­til conçu par Dee­zer pour sépa­rer la voix des musiques depuis un fichier son. Idéal pour se pré­pa­rer un karaoke ! Le résul­tat est sou­vent bluf­fant, et il semble uti­li­ser mas­si­ve­ment l’ap­pren­tis­sage pro­fond. À essayer !

Pictoparle, cinquième sprint

Cin­quième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors des sprints pré­cé­dents, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Assemblage des planches

J’ai tout d’a­bord for­ma­li­sé sous forme d’une maquette numé­rique une pro­po­si­tion d’as­sem­blage des planches, qui prend en compte le fait que la détec­tion des planches est assu­rée par la web­cam et les QRcodes. Il est ain­si néces­saire que le geste soit le plus constant pos­sible à chaque mani­pu­la­tion, afin de faci­li­ter la détection.

Concept d’as­sem­blage des planches.

Dans cette pro­po­si­tion, l’u­ti­li­sa­teur est invi­té à poser le bas de la planche
sur la tablette, puis à la faire glis­ser jus­qu’aux butées pré­vues à cet effet,
avant de faire pivo­ter la planche sur la tablette. J’ai ima­gi­né un bord de tablette éva­sé, de sorte à faci­li­ter le posi­tion­ne­ment de la tablette au début (les deux « pattes » étant plus écar­tées que le bord de la tablette), puis qui s’é­carte vers le bas de la tablette. Une fois posi­tion­né, la planche est sta­bi­li­sée grâce aux pattes, et aux bords sur­éle­vés de la boîte en haut et en bas.

Sur la vue 3D, je n’ai pas vrai­ment tra­vaillé l’é­pais­seur de la planche (les pic­to­grammes semblent un peu trop en creux), ni l’es­pace de confort entre les pic­to­grammes et le bord des cadres. D’ailleurs, la taille des pic­to­grammes est un peu approxi­ma­tive, c’est plus une vue d’ar­tiste qu’un pro­to­type réaliste.

Cette maquette numé­rique a été un outil de dis­cus­sion avec les pro­fes­sion­nelles qui m’ac­com­pagnent dans la concep­tion de cette solution.

Gestion des planches personnalisées

Lorsque j’ai com­men­cé Pic­to­parle, on m’a très vite deman­dé si les planches pour­raient être per­son­na­li­sables. C’é­tait bien sûr mon inten­tion dès le début, mais les pre­miers pro­to­types n’en étaient pas capables.

C’est main­te­nant chose faite, avec la pos­si­bi­li­té d’im­por­ter des planches dans un for­mat dédié, pour lequel je fabri­que­rai pro­chai­ne­ment un outil d’as­sis­tance à la conception :

Ges­tion des planches dans Pictoparle

Dans cet extrait, on découvre que six pic­to­grammes consti­tuent le défaut de Pic­to­parle, qui peut ensuite être enri­chi faci­le­ment de nou­velles planches. Toutes les planches, qu’elles soient fixes ou per­son­nelles, peuvent être désac­ti­vées à volon­té. Le for­mat lu par Pic­to­parle est une archive zip conte­nant un fichier xml de des­crip­tion de la planche, et les images (actuel­le­ment au for­mat png) de cha­cun des pic­to­grammes. Lorsque les sons per­son­na­li­sés seront pris en charge par l’ap­pli­ca­tion, ils seront éga­le­ment inté­grés aux fichiers.

Petites améliorations logicielles

De manière géné­rale, en inté­grant cette nou­velle fonc­tion­na­li­té, j’en ai pro­fi­té pour amé­lio­rer la sta­bi­li­té, la per­for­mance, et l’er­go­no­mie de l’ap­pli­ca­tion. Au fil des sprints, j’es­saye de rendre le code source du logi­ciel le plus facile à prendre en main. Sur ce type de pro­jet, où l’on tra­vaille par inter­mit­tence à son amé­lio­ra­tion, il est essen­tiel d’a­voir un code source bien struc­tu­ré et rela­ti­ve­ment bien docu­men­té, sans code mort. Tout n’est pas par­fait, loin de là, mais j’en suis tout de même assez content.

Réflexions sur les alternatives à Pictoparle

En échan­geant avec un membre d’ISAAC fran­co­phone, je me deman­dais ce qui fai­sait la spé­ci­fi­ci­té de Pic­to­parle par­mi les solu­tions exis­tantes de com­mu­ni­ca­tion amé­lio­rée et aug­men­tée. J’ai donc ajou­té au site inter­net une des­crip­tion de ses spé­ci­fi­ci­tés.

Pictoparle, quatrième sprint

Qua­trième sprint de l’application Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors du sprint pré­cé­dent, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

La vidéo ci-des­sous per­met d’ap­pré­cier une grande par­tie des amé­lio­ra­tions de cette nou­velle version :

Démons­tra­tion du qua­trième prototype

Tout d’a­bord, on peut y voir les pre­miers pro­to­types de planches phy­siques. Elles sont pour l’ins­tant en car­ton souple, et les pic­to­grammes y sont des­si­nés au feutre noir. Pas encore de mise en relief des des­sins, ni des espaces inter-pic­to­grammes. Le sup­port n’est pas non plus assez rigide pour un usage fluide. Une petite exten­sion car­rée en haut de la planche per­met de por­ter au ver­so le QRcode d’i­den­ti­fi­ca­tion de la planche.

Car c’est l’une des avan­cées que j’at­ten­dais depuis long­temps : la détec­tion auto­ma­tique des planches à leur approche au des­sus de la tablette, grâce à cette iden­ti­fi­ca­tion gra­phique. Il y aura bien sûr pas mal d’op­ti­mi­sa­tions pour arri­ver à une uti­li­sa­tion fluide, mais les bases sont là car la détec­tion fonc­tionne même avec des QRCodes des­si­nés à la main. En sui­vant les sug­ges­tions de Laurent Pro­vot, j’ai uti­li­sé la librai­rie zxing.

Grâce aux dis­cus­sions avec les pro­fes­sion­nelles du CRDV impli­quées dans la concep­tion de l’ou­til, cette nou­velle ver­sion per­met de confi­gu­rer des planches conte­nant plu­sieurs pan­neaux de pic­to­grammes dis­tri­bués en grille. Chaque groupe peut avoir sa taille de pic­to­grammes. On peut par exemple repro­duire sur chaque planche un pan­neau fixe, avec les pic­to­grammes récur­rents. C’est ce qui a été expé­ri­men­té sur le pro­to­type de cette semaine.

Par­mi les amé­lio­ra­tions non visibles, mais qui sont essen­tielles au fonc­tion­ne­ment de Pic­to­parle, on peut citer l’u­ti­li­sa­tion d’une tâche (thread) sépa­rée pour gérer la caméra.

Améliorations futures

Les pro­chaines amé­lio­ra­tions concer­ne­ront pro­ba­ble­ment l’in­té­gra­tion de sons enre­gis­trés pour amé­lio­rer les retours audio, la conso­li­da­tion de la détec­tion auto­ma­tique des planches, l’a­mé­lio­ra­tion du pro­to­type phy­sique qui entou­re­ra la tablette, ou encore la pos­si­bi­li­té de chan­ger de planches sans devoir recom­pi­ler l’application.

Pictoparle, troisième sprint

Troi­sième sprint de l’ap­pli­ca­tion Pic­to­parle, un outil de com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive et aug­men­tée des­ti­né aux per­sonnes en situa­tion de défi­cience visuelle ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans la com­mu­ni­ca­tion orale. On peut bien sûr aller voir ce qui s’est pas­sé lors du sprint pré­cé­dent, car je par­le­rai ici uni­que­ment des avan­cées de la der­nière semaine.

Tout d’a­bord, Pic­to­parle se dote d’un site inter­net, acces­sible à l’a­dresse pictoparle.jmfavreau.info. On y retrouve une expli­ca­tion détaillée des objec­tifs de l’ou­til, de son mode de fonc­tion­ne­ment, et on peut suivre dans le détail le déve­lop­pe­ment, grâce à des liens vers les billets de ce blog.

Du côté de l’ap­pli­ca­tion, les avan­cées visibles de cette semaine concernent prin­ci­pa­le­ment l’in­ter­face, et la pos­si­bi­li­té de modi­fier dans les pré­fé­rences cer­tains réglages, pour adap­ter l’ou­til à son uti­li­sa­teur ou uti­li­sa­trice. On com­mence par une vidéo de démonstration :

Démons­tra­tion du troi­sième prototype

L’a­jout qui a pris le plus de temps, mais qui faci­li­te­ra gran­de­ment le déve­lop­pe­ment par la suite, est l’u­ti­li­sa­tion d’une inter­face telle que pré­co­ni­sée, avec une barre supé­rieure, un bou­ton de navi­ga­tion en haut à gauche, et un menu glis­sant sur le côté. 

Menu laté­ral ouvert.

Une fois cela réa­li­sé, j’ai ajou­té une page de pré­fé­rences per­met­tant à l’u­ti­li­sa­teur d’a­jus­ter le com­por­te­ment de l’ap­pli­ca­tion : ver­bo­si­té des noti­fi­ca­tions sonores, réglages du double tap, réglage de la détec­tion de planche, ajus­te­ment de l’af­fi­chage pour éco­no­mi­ser de l’éner­gie, et pour ajus­ter la taille réelle des pictogrammes.

Le pan­neau laté­ral per­met aus­si l’af­fi­chage de la planche de pic­to­grammes. Dans ce cas, un bou­ton caché dans l’une des marges cen­trales per­met de fer­mer cet aper­çu. J’ai ajou­té cette fonc­tion­na­li­té en pen­sant aux tablettes qui pour­raient ne pas avoir de camé­ra, ou ne pas avoir auto­ri­sé l’u­ti­li­sa­tion de la camé­ra par l’application.

À ce pro­pos, j’ai aus­si ajou­té un mes­sage de demande d’au­to­ri­sa­tion d’ac­cès à la camé­ra inté­grée, pour faci­li­ter l’ins­tal­la­tion de l’application.

Demande d’au­to­ri­sa­tion d’ac­cès à la camé­ra, néces­saire à la détec­tion de planche.

J’ai éga­le­ment ajou­té une entrée dans le menu per­met­tant de quit­ter l’ap­pli­ca­tion, ce qui jus­qu’à pré­sent néces­si­tait d’u­ti­li­ser une astuce avec le bou­ton phy­sique on/off de la tablette.

Améliorations futures

Une liste des déve­lop­pe­ments envi­sa­gés sur l’ap­pli­ca­tion est dis­po­nible sur le dépôt github du pro­jet, en langue anglaise. En par­ti­cu­lier, en plus des amé­lio­ra­tions déjà évo­quées pré­cé­dem­ment, je pré­vois la mise à dis­po­si­tion d’une appli­ca­tion en ligne qui per­met­tra de fabri­quer ses propres planches, et de les ajou­ter sim­ple­ment dans l’ap­pli­ca­tion tablette.