J’ai l’immense tristesse de t’annoncer que ma fille Maëlyn est décédée ce dimanche 23 août. La maladie avançait chaque jour un peu plus, et a fini par l’emporter. Elle est partie paisiblement, sans souffrir, et j’étais auprès d’elle.
Je prends petit à petit conscience de sa disparition, et avec mon entourage nous préparons une cérémonie en son hommage. Elle se déroulera le samedi 5 septembre à 9h00 au crématorium de Clermont-Ferrand, et on poursuivra par un repas partagé dans un espace convivial, et qui ressemble à Maëlyn.
Je serai heureux que toutes celles et ceux qui ont tissé la toile d’amitié au fil des années autour de Maëlyn et moi soient présent·e·s pour ces moments.
J’ai rassemblé toutes les informations concernant les différents moments de la journée et les hommages sur cette page : https://maelyn.jmfavreau.info. Tu y trouveras également un espace pour laisser un message si tu le souhaites.
Merci pour votre soutien à toutes et tous au fil de ces années à Clermont-Ferrand, qui ont permis qu’à chaque instant je puisse construire le meilleur cocon pour que mon enfant se sente heureuse. Ce sont ces souvenirs de bonheur que je vais garder, quand le chagrin petit à petit se fera moins présent.
Ayant récemment configuré quelques capteurs et un système Home Assistant, j’ai commencé à collecter quelques données de température. Nous sommes début août 2026, et la quatrième vague de chaleur — certes moins élevée que les précédentes chaleur — permet d’observer quelques phénomènes typiques de l’inertie thermique.
En parcourant le petit relevé qui suit, on va pouvoir illustrer quelques phénomènes classiques, et ainsi consolider la compréhension des phénomènes impliqués dans la gestion thermique d’une habitation de ville.
Description des courbes
Le diagramme ci-dessus représente l’évolution de la température relevée à quatre endroits différents.
La courbe orange, qui oscille entre 21 et 34 degrés correspond à la température relevée à la fenêtre de mon logement, situé au milieu d’une zone urbaine dense. La fenêtre donne sur l’ouest, dans une rue presque tout le temps à l’ombre. On observe bien la montée quotidienne de la température et la redescente nocturne, avec un maximum en général atteint vers 16h, et un minimum vers 7h30.
La courbe bleue et la courbe rouge correspondent au relevé de deux thermomètres d’intérieur, le rouge situé dans une pièce orientée au sud, le bleu situé dans le couloir distribuant les pièces de vie, et plutôt situé au cœur du bâtiment. On constate que ces courbes ont une dynamique plus petite, oscillant entre 24 et 27 degrés.
La courbe pointillée correspond au relevé fourni par Météo France. Il est réalisé en extérieur de ville, sur une commune limitrophe où se situe l’aérodrome local.
Informations complémentaires
En complément de la variation de température, on peut aussi s’intéresser à la variation d’humidité, pour compléter notre compréhension des courbes.
La nuit du 31 juillet au 1er août ainsi que celle du 3 au 4 août ont été l’occasion d’un épisode pluvieux, comme le montre l’évolution de l’humidité ci-joint, où l’humidité extérieure a atteint les 80%, et où l’humidité intérieure a aussi nettement augmenté.
La station Météo France de l’aérodrome (source infoclimat) nous montre aussi plusieurs épisodes de vent, soit en journée les 30, 31 juillet et 3 août, soit en soirée le 2 août, ou encore la nuit du 3 au 4 août. Si le vent s’engage peu dans la ville, les épisodes de pluie et vent ont assurément aidé à refroidir la ville.
Pour compléter ce tableau, il manque également la couverture nuageuse locale, qui influence significativement l’évolution de la température, autant en journée que la nuit.
Ainsi, on observe clairement sur le relevé une pause aux alentours de 13h dans la montée des températures des 4 et 5 août, correspondant au passage de nuages, qui ralentissent la hausse de la température de jour.
Inertie urbaine
Le premier constat que l’on peut faire, c’est l’écart assez important entre les minimums relevés en extérieur de ville (pointillés) et ceux issus du capteur à la fenêtre de mon logement en ville (orange). Cet écart est de l’ordre de 2 degrés, et illustre bien comment les bâtiments et sols artificialisés emmagasinent de la chaleur en journée pour la restituer la nuit.
Cette observation est également consolidée par l’observation du décalage entre les deux courbes lors de la redescente progressive de la température en début de nuit. En effet, la redescente en température est plus lente en ville qu’à la campagne, la ligne orange se situant toujours au dessus de la ligne pointillée dans ces redescentes. À l’inverse, la montée est quasiment superposée : dès que la température de l’atmosphère a rattrapé la température de la ville, l’ensemble monte de manière uniforme.
On constate d’ailleurs que les maximums sont semblables. Mon capteur est protégé du soleil direct, comme le capteur de Météo France. On constate donc qu’il ne fait pas plus chaud en journée à la ville qu’à la campagne.
Il serait intéressant de faire varier la localisation du capteur urbain pour illustrer la variation de cette inertie, suivant que l’on est sur une place ventilée, sur un sol clair ou foncé, sur une matière dense ou légère.
Inertie thermique du bâtiment
Le bâtiment où se situe monlogement a une très bonne inertie thermique : il monte lentement en température au fil des jours d’une canicule. De la même manière, il met du temps à perdre la chaleur qu’il a emmagasinée. En début de canicule, il est donc relativement frais, et si un épisode de canicule s’installe dans la durée, on se retrouve avec un logement assez chaud.
Cet été, on a eu plusieurs épisodes de canicule à la suite, et début août, on voit que la température moyenne du logement est de l’ordre de 25,5 degrés. On voit aussi qu’en journée, la température intérieure monte peu, avec un maximum de 2 degrés entre le début de la journée et la fin de la journée.
Il est important de noter que si la température n’augmente pas trop pendant la journée, c’est parce que je ferme les volets pour ne pas avoir de rayonnement direct, et je n’ouvre pas les fenêtre quand il fait trop chaud.
Et puis bien sûr, si la température du logement descend pendant la nuit, c’est parce que j’ouvre les fenêtres dès que la température extérieure passe au dessous de la température intérieure, et que je les referme dès que le rapport s’inverse.
C’est notamment lisible sur les journées du 1er et 2 août, car je n’ai pas ouvert les fenêtres de la nuit.
On distingue clairement sur le graphique le plateau que forment les courbes bleues et rouges : la température ne descend que de 0,2 degrés pendant la nuit.
Une autre observation intéressante à faire concerne la différence entre la journée du dimanche et la journée du lundi. Dimanche, il n’y avait personne dans le logement, quand lundi nous étions 3 personnes dès la fin de a la matinée.
La première journée, la température a augmenté de 0,6 degrés. À l’inverse, la deuxième journée la température a augmenté de presque 2 degrés.
Deux phénomènes se cumulent ici : le nombre de personnes qui réchauffent l’appartement par leur activité (mouvements, cuisine, etc), mais également l’inertie thermique induite par les murs du bâtiment, qui dès lors que l’on referme les fenêtres entraîne l’air de l’appartement à rejoindre la température de ses parties massives.
Optimisation de la descente nocturne
Plusieurs facteurs aident la température à redescendre plus vite la nuit quand on ouvre les fenêtres : la présence de pluie, qui va refroidir rapidement toute la ville, mais aussi la présence de vent, souvent produite par ces changements de température rapides.
On le voit très clairement avec les descentes de température de la nuit pluvieuse et venteuse du 3 au 4 août, ainsi que sur la nuit et la matinée du 31 juillet au 1er août, où la descente de température a été réciproquement de 3 degrés et 2,1 degrés.
Conclusion et perspectives
Que conclure de tout ça ? Tout d’abord, que maintenir un logement le plus frais possible nécessite d’y mettre de l’énergie, comme je le racontais précédemment :
Éviter de produire de la chaleur sauf si c’est vraiment nécessaire.
Ne pas laisser le rayonnement direct du soleil atteindre l’intérieur du logement.
Ne pas ouvrir les fenêtres sauf si l’écart de température entre intérieur et extérieur est favorable.
Favoriser la ventilation lorsqu’on aère le logement pour aider la chaleur à s’évacuer.
Et pour continuer, on peut suivre les astuces de Scilabus sur la question :
Dans cet article, je raconte comment se fabriquer une station météo autour d’un Raspberry pi équipé du logiciel Home Assistant et de capteurs communicants grâce au protocole ZigBee.
Motivation initiale
En cet été 2026, alors que nous enchaînions une série de canicules pas à piquer des hannetons, j’ai profité de mon expertise croissante en thermique du bâtiment pour gérer au mieux la température dans mon logement :
pas de soleil qui rentre directement, on ferme les volets quand c’est nécessaire
on n’ouvre jamais les fenêtres s’il fait plus chaude dehors que dedans
on aère quand la température le permet, en utilisant un ventilateur si nécessaire
on n’utilise pas d’appareils qui produisent de la chaleur sauf si c’est nécessaire
Avec les incendies est arrivée une nouvelle contrainte : considérer la qualité de l’air pour éviter de faire rentrer de l’air pollué aux micro-particules.
En plus des thermomètres installés à l’intérieur et à l’extérieur, j’avais donc rassemblé un certain nombre de ressources :
la carte weathermap des capteurs de température (il y en a forcément près de chez vous), qui en ville permet d’avoir la vraie température la nuit, car les mesures fournies par Météo France et les sites officiels sont issues de capteurs placés à l’extérieur des villes, et l’inertie thermique urbaine n’est donc pas prise en compte,
le site feuxgironde pour avoir une idée de l’intensité des incendie en Gironde, et du panache de fumée qui traversait la France, secondé par flamap,
une imagerie radar des nuages, pour suivre précisément le panache de fumées
Quand la chaleur était importante, et qu’il ne restait que très peu d’heures dans la nuit où on pouvait ouvrir les fenêtres, je croisais toutes ces infos, et je mettais un réveil pour ouvrir les fenêtres, en estimant l’heure où les températures intérieures et extérieures allaient s’inverser chez moi.
Mais je me suis très vite dit qu’avec une centrale météo, on aurait pu piloter tout ça pour avoir un réveil automatisé.
Installation matérielle
On peut acheter des centrales météo existantes, mais elles sont peu configurables, et souvent le logiciel propriétaire est assez verrouillé. On peut aussi fabriquer une solution maison, soit à partir d’un Arduino et de quelques capteurs, soit à base d’un Raspberry Pi.
Pour aller vers une solution plutôt extensible, j’ai donc choisi une solution basée sur un Raspberry Pi, couplé à quelques capteurs de température connectés.
Les capteurs connectés s’appuient en général sur un protocole ouvert de communication : rarement le Bluetooth, souvent le WiFi, parfois le ZigBee. L’intérêt de ce dernier protocole est qu’il consomme très peu d’énergie, ce qui est parfait pour une installation durable, sans avoir besoin d’amener le 220V aux capteurs. Cependant, comme le ZigBee n’est pas un protocole utilisé sur les ordinateurs en général, il faut ajouter à la configuration une antenne ZigBee pour le Raspberry Pi, connectée sur port USB.
J’ai installé sur la carte mémoire du Raspberry Pi un Linux dédié en utilisant Raspberry Pi Imager, puis j’ai suivi ce tutoriel pour installer plusieurs logiciels dans des docker : Zigbee2MQTT et Home Assistant, ainsi que Mosquitto pour la communication. C’est peut-être la partie la plus technique de l’installation, mais tout me semble bien documenté, excepté qu’il manque une ligne restart: always pour mosquitto (sinon ce dernier ne redémarre pas quand le Raspberry Pi redémarre).
En résumé, chaque logiciel joue son rôle : Zigbee2MQTT s’occupe de collecter à intervalle régulier les informations des capteurs, qu’il transforme en flux MQTT exploitable par Home Assistant, le logiciel libre phare de la domotique. Grâce à ça, et comme on le verra plus bas, on peut configurer simplement des tableaux de bord, notification ou alarmes à partir des informations collectées.
Une fois tout installé, l’interface web de Zigbee2MQTT permet d’associer les capteurs très facilement, ils sont d’ailleurs directement reconnus grâce à une base de données très complète (et au fait que j’ai choisi des capteurs de marques très répandues) :
Une fois réalisé ces associations, on n’aura plus besoin de revenir à cette interface. Je n’ai donc rien fait pour la rendre accessible depuis l’extérieur.
L’intérêt d’avoir suivi le tutoriel, c’est que ces deux capteurs seront directement disponibles dans l’interface web de Home Assistant, au moment d’ajouter de nouvelles sources :
Chaque capteur physique fourni grâce au MQTT un flux de données contenant différentes valeurs nommées et augmentées de méta-données, comme l’unité par exemple. Le capteur extérieur fourni ainsi la température, l’humidité, et l’état de sa batterie, et c’est Home Assistant qui s’occupe d’en garder un historique, pour pouvoir notamment tracer des courbes de suivi.
J’ai également pris soin de configurer ma box fibre pour que les connexions depuis l’extérieur soient redirigées vers l’interface de Home Assistant, ce qui me permet d’y accéder depuis n’importe où, soit par l’interface web, soit par l’application smartphone. Bien sûr, ça n’est pas du tout obligatoire.
Home Assistant a été conçu dans l’idée de la maison connectée. On peut faire plein de choses avec ça, comme piloter son chauffage ou son éclairage automatiquement, il est donc pourvu d’un grand nombre de facilités d’automatisation, comme nous le verrons plus bas. Il est par exemple possible de suivre son smartphone pour identifier si on est à la maison ou pas1, et ainsi changer le comportement du dispositif suivant la situation.
Au final, l’installation consomme moins de 1Go sur le Raspberry Pi car j’ai assez peu de sources intégrées et le CPU est très peu sollicité. La machine est un peu sur-dimensionnée, mais ça me permet de voir venir et de faire évoluer l’installation suivant les besoins.
Intégrer d’autres sources
Afin de compléter mon dispositif, et dans l’idée d’avoir une information aussi complète que ce que je faisais à la main, j’ai donc regardé comment intégrer d’autres informations. Il existe un nombre très impressionnant de sources possibles d’intégrations déjà mises en place par la communauté, pour en quelques clics ajouter des ressources très diverses à Home Assistant.
Voici ci-dessous deux exemples de mise en pratique.
Agréger une information externe
Je n’ai pas de capteur PM2.5 ou PM10 à domicile, mais la donnée que produit Atmo AuRA est mise à jour une fois par heure, et pas très loin de chez moi. Ça suffit donc amplement. Il n’y a pas à proprement parlé de flux en OpenData, juste une interface de visualisation proposées aux internautes.
En regardant les connexions que fait le site, j’ai remarqué que des fichiers au format json étaient récupérés, qui correspondaient exactement aux données présentées dans le graphe. Or, il existe dans Home Assistant un outil d’intégration dédié au traitement de ce type de sources : RESTful.
Malheureusement, sur le site d’Atmo, l’adresse à consulter change chaque jour (il faut mettre la date du jour dans l’url), et le fichier contient toutes les informations de la journée.
J’ai donc implémenté un petit service léger en python, qui tourne dans une image docker, et qui lorsque RESTful l’interroge récupère les données depuis le site d’Atmo, la reformate, et la renvoie pour intégration. Je peux fournir sur demande ce code source, mais il n’y a rien de révolutionnaire dedans.
On a donc maintenant en temps réel et mis à jour une fois par heure (comme sur le site d’Atmo) le taux de particules PM2.5 et PM10 disponible dans Home Assistant.
Monitorer la santé de l’infrastructure
J’héberge chez moi plusieurs services informatiques, dont l’agenda culturel participatif pommesdelune.fr. J’aime bien suivre l’état de santé du serveur et du routeur. J’ai donc trouvé une solution très légère : installer glances sur ces machines, puis utiliser le support de Glances dans Home Assistant pour ajouter autant de services que de machines :
Les informations ainsi collectées contiennent le taux d’usage de la RAM, du CPU, du disque, ou encore la température des capteurs.
Tableau de bord
Le tableau de bord de Home Assistant est complètement configurable, et on peut ajouter de nombreuses vues complémentaires de manière très modulable, à la fois sur le filtrage des données et sur le type de représentation choisie. Il existe même un store de la communauté, que l’on peut installer à ses risques et périls, pour augmenter les possibilités de l’outil.
Voici donc quelques vues que j’ai configurées, ici consultées depuis l’application Android, mais dont la mise en page s’adapte très bien sur l’écran d’un ordinateur.
Il existe même sur Android des widgets qui permettent d’afficher la valeur d’un capteur sans avoir à ouvrir l’application.
Notification et alarmes
Création d’une notification
Les notifications sont complètement automatisables depuis l’interface de Home Assistant, en créant des règles par une série de choix, avec trois grandes étapes : l’élément déclencheur (quand), les conditions supplémentaires (et si), puis la ou les actions (faire). On peut aussi écrire tout ou partie dans un langage décrit en yaml, et un LLM type Chat GPT saura très bien vous épauler au besoin.
Ci-dessous, on envoie une alerte sur le smartphone si le taux de PM2.5 est plus élevé qu’un seuil choisi, et le yaml correspondant :
Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut définir autant de canaux de communication que l’on veut. Côté smartphone, on peut alors ajuster le type d’alerte pour chaque canal : type de sonnerie, notification simple ou alarme, etc.
Illustration
J’ai ainsi pu écrire des règles plus élaborées, du type : si la température extérieure dépasse la température intérieure, qu’il fait plus de 23 degrés à l’intérieur, que je suis à la maison, et que l’air n’est pas trop pollué, alors envoyer une alerte pour suggérer de fermer les fenêtres. On reçoit donc une notification sur le smartphone, que j’ai réglée pour faire vibrer le smartphone, lancer une petite sonnerie, et afficher une notification :
Et après ?
L’intérêt du système, c’est qu’il est très facilement extensible : on peut ajouter de nouveaux capteurs s’ils supportent le protocole ZigBee, mais aussi intégrer d’autres sources extérieures pour compléter et augmenter les informations collectées et traitées.
Par exemple, je m’étais équipé il y a quelques temps d’un capteur de C02 qui utilise un protocole propriétaire pour communiquer avec une application spécifique. Et bien un travail d’ingénierie inverse a été réalisée par une personne de la communauté Home Assistant sur un appareil de la même marque, qui me permettra peut-être d’intégrer les mesures de ce capteur à mon interface.
à noter que cette fonctionnalité de géolocalisation n’existe pas dans la version minimale de l’application disponible sur F‑Droid, il faudra alors privilégier la version disponible sur le Store de Google. ↩︎
Cela fait quelques années maintenant que nous sommes accompagnés par l’Équipe ressource de soins palliatifs pédiatriques Auvergne (ESPPA). C’est un dispositif intégré au CHU, et animé par des professionnel·le·s de santé qui apportent leur expertise aux familles qui entourent une jeune personne concernée par une maladie grave.
On retrouve sur le site de l’ESPPA cette définition donnée par l’Organisation Mondiale de la Santé :
« Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle »
Pourquoi je m’y intéresse
Ma fille est atteinte de la maladie de Batten, et son quotidien est traversés depuis quelques années par de nombreux défis médicaux, psychologiques ou encore cognitifs. Avoir rencontré tôt cette équipe de soins pédiatriques palliatifs (SPP) nous a permis d’améliorer notre rapport aux différents services médicaux et paramédicaux que nous rencontrions, nous a permis d’identifier sur notre territoire des professionnels ou des équipes compétents pour prendre en charge les besoins de ma fille. Elle nous permet aussi de préparer l’arrivée de nouveaux besoins, de réfléchir au quotidien pour faire les bons choix, afin que l’accompagnement médical ne soit pas uniquement vu par chaque professionnel depuis leur prisme, mais pour coordonner une prise en charge globale.
Bref, j’en avais déjà parlé quand j’évoquais le deuil blanc, je suis énormément reconnaissant à cette équipe pour son écoute, son attention et son expertise depuis qu’elle nous accompagne.
Un constat de méconnaissance et d’iniquité
En discutant avec d’autres familles concernées par des maladies lysosomales, en discutant avec des proches qui sont concernés par des maladies graves, évolutives ou terminales, et en évoquant avec eux les soins palliatifs, j’ai très tôt identifié deux phénomènes :
L’idée de soins palliatifs fait peur, car elle est dans l’esprit de beaucoup de personnes associée à la fin de vie, à la mort. Quand on se bat au quotidien contre une maladie qui avance, on veut penser à maintenant, on veut trouver des solutions pour lutter contre la maladie, on veut penser à l’action, à la joie, à la vie. Et si on ne connaît que de loin les soins palliatifs, ils résonnent alors comme un épouvantail, un truc qui fait peur, à fuir.
Souvent, les familles rencontrent les équipes de soins palliatifs très tardivement dans le parcours de santé. Souvent trop tard pour que ces dispositifs et ces équipes puissent réellement faire montre de leur pleine compétence, et ce d’autant plus qu’il faut apprendre à se connaître avant de pouvoir agir ensemble.
De mon côté, j’ai eu beaucoup de chance, car avant même que le poly-handicap ne s’installe dans le quotidien de ma fille, j’avais assisté à une présentation de Paliped, l’équipe de ressource en soins palliatifs pédiatriques d’Île-de-France, grâce aux liens que j’avais consolidé avec les professionnels du CRDV, notamment en orientant mes sujets de recherche sur la question du handicap. J’avais donc très tôt compris que ces équipes seraient pour nous un atout indispensable. Et pour consolider cette connaissance, la Plateforme Handicaps Rares du Puy-de-Dôme a joué son rôle de mise en relation progressive, dans un moment où nos besoins d’accompagnement grandissaient, pour que nous commencions à échanger avec l’ESPPA.
Si j’ai conscience que nous avons eu beaucoup de chance et avons été très bien accompagnés, je suis convaincu que ce parcours ne devrait pas rester le fruit d’un ensemble de circonstances favorables : toutes les personnes concernées par cet accompagnement devraient en bénéficier. C’est donc pour cela que j’ai petit à petit mûri l’envie de travailler sur la question.
Une opportunité de financement
C’est notamment au sein de l’association Vaincre les Maladies Lysosomales que j’avais pu discuter de ces dispositifs de soins pédiatriques palliatifs, avec d’autres familles, mais aussi avec les salariés de l’association.
Et quand en 2025 le Fonds National pour la Démocratie Sanitaire (FNDS) a lancé un appel à projets national à destination des associations pour soutenir des projets renforçant l’accès à la santé, améliorant la qualité des prises en charge et prenant en compte la parole des usagers, l’idée de travailler sur l’accès aux soins palliatifs pédiatriques nous a paru naturel.
Tout en esquissant les idées d’un projet de recherche sur la question et en parcourant la maigre littérature scientifique sur la question, nous avons commencé à chercher un partenaire universitaire pour mener un travail de recherche.
Dans mon idée, il devrait être possible, en s’appuyant notamment sur les trajectoires des familles adhérentes ou sympathisantes à VML concernées par les maladies lysosomales d’identifier les mécanismes et les conditions d’accès plus ou moins faciles à ces dispositifs. La littérature proche — qu’elle concerne d’autres dispositifs médicaux ou d’autres territoires sur les soins palliatifs — laisse entendre que des conditions sociales, géographiques ou encore culturelles sont à l’origine de la grande disparité d’accès à ces dispositifs.
Au fil de l’été 2025, en diffusant une note d’intention sur notre projet de recherche, j’ai pu échanger avec plusieurs chercheurs et chercheuses en sciences humaines spécialisés sur la question de la santé et travaillant dans différentes disciplines : sociologie, droit, psychologues, médecine, anthropologie, biostatistique, bioinformatique, … Si le projet intéressait, il était difficile de confirmer un engagement pour ces chercheurs et chercheuses déjà fort engagées sur leurs propres projet.
C’est finalement Matthias Schell et Claire Pilet de la toute jeune équipe ESPPéRA du Centre Léon Bérard qui ont répondu positivement à notre proposition. Ensemble, nous avons monté un projet de recherche planifié sur un an pour répondre à l’appel à projet du FNDS, et nous avons déposé en septembre notre proposition auprès du ministère de la santé.
Nous avons finalement appris fin novembre que notre proposition était retenue pour un financement d’une année. Le projet PA-LY-PRÉCOCE était donc lancé.
PA-LY-PRÉCOCE : un projet de recherche en 2026
Ce projet qui s’étalera sur toute l’année 2026 a donc pour ambition de :
mieux comprendre les freins (organisationnels, culturels, territoriaux, informationnels…) à l’accès précoce aux soins palliatifs pédiatriques ;
donner une place centrale à la parole des familles et, lorsque cela est possible, des enfants et des jeunes concernés ;
identifier des leviers concrets d’amélioration, pour que les soins palliatifs puissent être proposés plus tôt, de manière adaptée et respectueuse des besoins de chacun.
Il s’agit d’un projet de recherche-action : la recherche qui sera menée par l’ESPPéRA en collaboration avec l’association VML devrait permettre d’aboutir sur des enseignements qui serviront à co-construire avec les familles des outils concrets pour améliorer l’accès à ces dispositifs. Comme toute activité de recherche, elle mènera également à des publications scientifiques, afin de consolider notre compréhension collective des freins à l’accès aux soins pédiatriques palliatifs dans le cas des maladies lysosomales et au delà.
Vous pouvez dès à présent trouver plus d’information sur le site de l’association, sur la page annonçant le projet. Vous y trouverez également l’offre de post-doctorat d’une année qui sera financé par ce projet, pour mener à bien les activités de recherche.
Ce samedi 13 décembre, on accueille les copaines de Radio Campus Grenoble pour une session endiablée de Saucisse Records, le collectif de bidouilles sonores qui organise régulièrement des bœufs électroniques et radiophoniques depuis quelques années à Clermont-Ferrand.
Cette nouvelle session sera pour moi l’occasion d’amener pour la première fois le Torso S‑4, qui est devenu ma nouvelle machine de prédilection.
Couplé à une PO-33 de chez Teenage Engineering, à un clavier maître midi, ou même à un PC faisant tourner orca, le S‑4 est un outil parfait pour sculpter le son, le distordre, la combiner, l’assembler.
Si sa matière brute peut être un flux audio d’entrée, il est aussi très très agile pour mettre en musique des samples amoureusement choisis.
Après avoir cherché pendant quelques temps l’outil idéal pour partir à la chasse aux samples, j’ai fini par me relever les manches il y a quelques semaines, et j’ai commencé à coder un outil qui s’appelle Boutronique. J’ai imaginé un outil simple, qui fait une chose, et se concentre pour le faire de manière efficace : sélectionner des samples depuis une source audio et les extraire simplement. Évidemment, il est très bien adapté au S‑4 : parmi les exports, j’ai bien sûr implémenté le format wav avec échantillonnage 48000 Hz, et un nom de fichier contenant le BPM pour que le S‑4 puisse le prendre en charge nativement.
L’outil n’est pas complètement fini, mais j’en suis déjà très content, et je pense qu’il pourrait intéresser d’autres utilisateurices.
Bref, rendez-vous ce samedi 13 décembre à Radio Campus pour parler de tout ça, faire du son ensemble, et bien plus encore !
Je présentais il y a quelques temps sur ce blog pommes de lune, l’agenda culturel que j’avais développé, et autour duquel se constituait une communauté de bénévoles pour la modération et l’amélioration de l’outil.
En novembre 2025, j’ai présenté le fonctionnement de l’outil que nous faisons vivre quotidiennement à l’API Hour #67, une rencontre portée par Clermont’ech. Voici donc la captation de cette présentation, qui commence par une petite visite des possibilités de l’outil, avant d’aborder rapidement sa conception et les solutions techniques qui ont été déployées :
Le support de la présentation est disponible en ligne, et je reproduis ci-dessous le schéma décrivant l’infrastructure technique de l’outil que nous avons décidé de nommé Trognoncal :
Le dimanche 5 octobre, nous marcherons avec toutes les personnes concernées par les maladies lysosomales pour se sentir rare mais pas seul !
À Clermont-Ferrand, nous nous retrouverons à Montjuzet à 15h (parking ouest) pour cette marche de la solidarité nationale, parce que ce sont ces moments collectifs qui permettent de se sentir entourées, et de faire face aux défis qui ne manqueront pas ponctuer l’année à venir.
Car il est vrai, cette année a été une nouvelle fois pour Maëlyn et pour celleux qui l’entourent une année de défis, comme je l’ai raconté il y a peu sur ce blog : une communication qui devient de plus en plus impossible, un corps qui souvent ne répond plus présent pour les gestes du quotidien. On s’accroche, toujours et encore.
Et puis si vous ne pouvez pas participer à une balade, ou même si vous participez et que vous en avez les moyens, s’il vous plaît, faites un don via cette cagnotte, pour participer à financer la recherche et Vaincre les Maladies Lysosomales ! Ce sont ces gestes de soutien qui nous aident à tenir, qui redonnent du courage pour avancer aux côtés de Maëlyn, pour toujours ajuster le quotidien aux nouveaux besoins imposés par la maladie.
Les maladies neurodégénératives sont nombreuses et diverses. Les plus connues sont probablement les maladies neurodégénératives liées à l’âge, comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson. Mais plein d’autres existent, comme par exemple la maladie de Batten, ou CLN3, une maladie génétique lysosomale dont est porteuse ma fille.
Le terme de deuil blanc est apparu il y a plus de 10 ans dans le contexte de la maladie d’Alzheimer. Il décrit le deuil que l’on ressent lorsqu’une personne atteinte d’un trouble cognitif n’a plus la même présence mentale ou affective que par le passé, bien qu’elle soit toujours présente sur le plan physique.
Dans cet article, je vous raconte pourquoi et comment j’en suis arrivé à m’intéresser à cette notion, et je vous partage la synthèse bibliographique produite par l’Équipe Relais Handicaps Rares AuRA, équipe que j’avais évoqué dans ce blog, et dont je trouve le travail formidable. Le document est consultable en fin de page.
Une maladie dégénérative
Avec l’avancée de la maladie, les symptômes deviennent de plus en plus intenses, et les personnes de l’entourage s’engagent dans un rôle de proche aidance. C’est ma trajectoire depuis de nombreuses années, et j’avais raconté une partie de ce chemin dans un podcast, quand même pas Papa !. J’aimerais trouver l’énergie et le temps de poursuivre ce podcast, car les choses ont bien évolué depuis les derniers épisodes.
Depuis le dernier épisode de ce podcast, et au fil des années, ma fille a pu bénéficier de nombreux accompagnements pour compenser son handicap croissant : fauteuil roulant adapté avec maintien, lit médicalisé, sonde entérale pour poursuivre l’hydratation et l’alimentation, utilisation de protections contre l’incontinence, d’une chaise de douche, ou encore d’aides humaines financées par la MDPH.
Avec l’avancée des symptômes physiques, les défis cognitifs et de communication se sont intensifiés. Nous abordions à ses côtés l’année 2025 en redoublant d’astuces pour réussir à communiquer, grâce au seul mot dont elle disposait encore au quotidien : « oui ». Suivant son intensité, sa fréquence de répétition, et les expressions du visage qui l’accompagnait, on arrivait à trouver notre chemin dans tout ça, comme une équipe. Elle et nous séparés par une paroi de plus en plus opaque, celui de la maladie. Les hallucinations et épisodes de terreur ont aussi été nombreux, rendant souvent difficile pour elle l’accès à une participation active à ces échanges.
Il y a plein de manières de vivre et de penser cette maladie et l’impact sur sa vie. Je l’ai toujours vue comme un filtre qui rendait de plus en plus difficile l’accès à la personne qu’est ma fille.
Et puis nous avons la chance d’être super bien accompagnés par une équipe de soins pédiatriques palliatifs, avec qui nous travaillons de concert pour trouver à chaque défi les solutions pragmatiques et fonctionnelles qui font que le quotidien se déroule le mieux possible. Une équipe mobile de médecine physique et de réadaptation nous accompagne aussi pour adapter tous les dispositifs d’aide matérielle. C’est une adaptation de chaque instant, pour accompagner l’avancée de la maladie, ce qui n’est pas une mince affaire quand il faut jongler avec la lenteur des services administratifs du département, mais aussi parce que trouver les bons dispositifs prend du temps.
Et comme tout ces besoins sont interdépendants, on doit jouer les orchestrateurs du bon accompagnement par toutes les disciplines médicales et paramédicales qui accompagnent ma fille.
De nouveaux chamboulements
Si ma fille avait accès à un seul mot (à de rares exceptions sporadiques), elle n’était pas toujours en pleine maîtrise de sa verbalisation, et il arrivait souvent qu’elle soit prise dans une boucle de répétition où le « oui » l’envahissait toutes les une ou deux secondes, parfois pendant de nombreuses heures, l’empêchant parfois de dormir, souvent de déglutir. Parfois même, je pense que cela entravait sa capacité à participer aux échanges avec nous.
Avec la fin du printemps, ces boucles se sont rapidement arrêtées, et avec elles, l’accès facile à un « oui » porteur de sens. Les gestes du repas (ouvrir la bouche, déglutir) sont aussi devenus des gestes compliqués. Et puisque la motricité générale et la motricité fine n’étaient plus accessible de manière intentionnelle pour elle depuis de nombreux mois, nous nous sommes retrouvés avec une barrière à la communication d’une toute nouvelle ampleur.
Alors on redouble d’astuce, on tente de mettre en place des petits outils, on explore des choses. Comme on connaît la personne que l’on accompagne, on peut continuer à lui proposer ce qu’elle aime, à verbaliser pour elle les éléments qui constituent son univers…
Mais avec la fatigue qui s’installe, les cycles de sommeil très perturbés, parfois avec 20 heures de sommeil par jour entrecoupés de courts réveils, avec une motricité qui ne rend plus complètement raisonnable la toilette et les transferts sans assistance matérielle plus importante, le quotidien devient vraiment difficile. Jusqu’à présent, on s’en emparait à bras le corps, à deux, ma fille et moi. En ce début d’été, j’avais soudain l’impression de me retrouver souvent seul, ses intentions n’étant plus perceptibles qu’à de furtifs moments dans la journée.
Une nouvelle manière de penser l’accompagnement
L’été avance, nous sommes à la mi-août, et je ne sais pas si cette nouvelle manière de vivre va s’installer comme une normalité pour nous. Mais il est certain que j’avais besoin de trouver de nouvelles manières de réfléchir et d’agir.
À la mi-juillet, j’ai découvert par hasard la notion de deuil blanc en regardant une vidéo d’Athéna Sol, une vulgarisatrice linguistique qui présentait les mots entrés au dictionnaire Petit Robert en 2026 :
DEUIL BLANC : Deuil éprouvé face aux manifestations de la maladie neurodégénérative d’un proche encore vivant, par dans le cas de de la maladie d’Alzheimer.
Cette idée a directement fait écho à notre vécu. Certes, je ne me sentais pas complètement démuni face à notre quotidien, j’avais construit mes outils, identifier des manières de penser notre vécu, ses besoins et les miens. Mais cette nouvelle notion donnait à lire d’une nouvelle manière tout ce que j’avais pensé jusqu’à présent. Sans être une révolution — après tout les notions sous-jacentes au deuil blanc sont déjà présentes dans ma manière de penser et d’agir — j’ai eu l’intuition que lire sur le sujet pourrait m’aider à mieux penser la suite.
Bibliographie sur le deuil blanc
Je me suis donc rapproché du centre de documentation l’Équipe Relais Handicaps Rares AuRA pour savoir s’ils avaient des ressources sur le sujet. J’avais déjà eu l’occasion d’échanger avec eux, notamment sur la question de la nourriture mixée, et je trouve leur travail vraiment formidable.
Une documentaliste m’a tout de suite répondu, et proposé de réaliser une synthèse bibliographique sur la question, qui n’avait pas été jusqu’à présent un sujet d’intérêt pour l’équipe.
Elle m’a fait parvenir par la suite une synthèse bibliographique très riche, que j’ai envie de partager avec vous. On y retrouve quelques définitions connexes (deuil intuitif, deuil instrumental), ainsi que différentes ressources destinées aux aidants, aux professionnels, ainsi que des références de livre témoignage, de podcasts de vidéos, d’articles scientifiques, de témoignages d’aidants ou encore de mémoires de fin d’étude. Les regards sont multiples, parce qu’ils sont à la fois portés par des personnes aidantes et par des personnes professionnelles, mais aussi parce que plusieurs disciplines sont sollicitées : psychologie, sociologie, gériatrie, soins infirmiers, arts.
Voici donc le document produit par l’ERHR AuRA sur le deuil blanc en juillet 2025. Un énorme merci à eux, et bonne lecture à vous, internautes de passage sur ce blog :
Un des premiers points qui m’a marqué, c’est que le deuil blanc n’est pas une lecture que l’on peut appliquer uniquement au vécu du proche aidant. Elle peut aussi être vue depuis le point de vue de la personne qui perd ses capacités cognitives et physiques.
Souvent on m’a demandé si ma fille avait conscience de ce qu’elle traversait. Ces derniers mois, je l’ai vue pleurer, et n’arrivant pas à identifier de cause physique (douleur, inconfort, …), j’en étais arrivé à me dire qu’elle ressentait une grande frustration à perdre les outils de communication ténus qui lui restait. Sans être certain de cela, je peux tout de même puiser dans la littérature sur le deuil blanc des pistes pour continuer à l’accompagner.
Je trouve aussi dans la lecture de la note bibliographique de l’ERHR AuRA des idées qui font bien écho à mon quotidien personnel : sentiment de solitude, besoin de consolider des souvenirs communs, importance d’exprimer son chagrin, de trouver des ressources dans l’art par exemple pour continuer à avancer. Je commence tout juste à parcourir ces ressources, qui j’en suis convaincu vont m’aider à avancer.
Bonne lecture à toi aussi, internaute qui te sens concerné·e par la question !
Il y a 2 ans maintenant, Alice me disait qu’elle avait envie de commencer un agenda culturel pour Clermont-Ferrand. Elle regrettait l’agenda culturel de l’imprimerie nocturne de Rennes. On a imaginé un peu les choses, en discutant aussi avec Sébastien.
Après un petit tour d’horizon des outils disponibles, et n’ayant rien identifié qui corresponde à notre cahier des charges, j’ai commencé en septembre 2023 à coder un logiciel en m’appuyant sur django, et plein d’autres briques libres. Au fil des mois, c’est devenu relativement fonctionnel, et en septembre 2024, on a commencé à annoncer autour de nous https://pommesdelune.fr/.
Au fil des premiers mois, plusieurs personnes sont venues nous rejoindre, pour participer au développement, à la modération, à la diffusion ou encore à la prospection/curation, afin que l’agenda soit de plus en plus complet.
La particularité fonctionnelle de l’outil, c’est qu’il permet l’import automatique d’un grand nombre de sources, facilitant le travail quotidien des personnes qui font vivre l’agenda. On s’est focalisés sur le Puy-de-Dôme, et on essaye de couvrir toutes les activités culturelles, bien au delà des simples concerts de musique actuelle. C’est aujourd’hui plus de 170 sources qui sont intégrées chaque nuit.
L’outil permet également aux internautes de soumettre un événement ponctuel, qui sera bien sûr intégré après modération. On s’appuie sur un ensemble d’étiquettes et de catégories pour classer les événements, qui sont aussi géolocalisés. L’interface permet de filtrer et de rechercher de manière fine, afin de trouver son bonheur. Elle permet aussi de générer un flux ical correspondant au filtrage choisi, afin d’alimenter son propre agenda.
La pile logicielle s’appuie sur docker, django, redis, celery, selenium, ou encore pico CSS. Le tout est distribué sous licence AGPL. Depuis la publication, je continue régulièrement à améliorer l’outil, pour qu’il corresponde de plus en plus aux idées que l’équipe qui anime pommes de lune. À vrai dire, j’ai du mal à m’arrêter :
Les défis sont nombreux :
récupérer les informations depuis des sites internet qui parfois font tout pour interdire les robots d’explorer leur contenu (facebook, helloasso, etc),
intégrer des sources très variées, car chaque organisme du territoire a ses propres modes de diffusion,
réussir à extraire et structurer une donnée à partir d’informations prévues la plupart du temps pour être lues par des humains, et pas par des machines,
gérer les mises à jour des événements depuis les sources, l’édition locale, la détection de doublons, la géolocalisation des événements,
fournir une interface de consultation ergonomique, agréable, rapide et fonctionnelle,
fournir une interface de modération efficace, pour économiser un maximum de temps aux modérateurices.
En plus du projet principal d’agenda culturel, j’ai aussi récemment développé une petite bibliothèque indépendante pour extraire les dates et heures présentes dans un texte sous forme libre : chronostring. Cette bibliothèque fonctionne par détection de motifs élémentaires, puis par la consolidation des informations présentes, jusqu’à arriver à une description complètement structurée des dates et heures.
En un peu plus d’un an de développement, j’ai appris pas mal de trucs, rencontré des gens très chouettes, passé du temps à geeker sur des questions qui m’amusent, et je pense que ça va encore continuer quelques temps. Une manière de ne pas se manger le cerveau ou le foie quand on veille son enfant malade.
Il y a plus de 10 ans, j’ai imaginé une famille de casse-tête. Plus précisément, j’en ai rêvé une nuit, et dès mon réveil, j’ai couché sur un papier les idées principales. J’ai ensuite parlé de l’idée avec une poignée de collègues, et c’est devenu une discussion occasionnelle, un petit jeu géométrique simple. Si nous n’en avons pas fait émerger une problématique de recherche amusante, j’avais tout de même fabriqué un logiciel pour fabriquer automatiquement des manuels de jeu.
Le temps a passé, et à la faveur d’une discussion nocturne avec mon oncle Jean-Pierre, je me suis dit que c’était l’occasion de dépoussiérer le code source, et de présenter ici le fonctionnement du jeu, que j’avais alors appelé Voxigame.
Le jeu en quelques mots
En quelque mots, le principe du jeu consiste à placer des briques à l’intérieur d’une boîte, tout en réservant un chemin reliant deux fenêtres de passage ménagées sur les côtés de la boîte. Une fois la boîte refermée, aucune brique ne dois pouvoir se déplacer.
L’image ci-dessous présente le manuel d’un exemple simple. La boîte est de la taille de 3 cubes en hauteur, de 3 cubes en profondeur, et de 1 cube en largeur. On doit y placer 4 briques faisant 2 cubes de longueur, et garder un passage entre les deux fenêtre de passage dessinées en bordeaux sur l’image.
La dernière partie de l’image tout à droite présente les étapes de remplissage de la boîte.
Si l’idée vous amuse et que vous avez envie de réfléchir à des cas un peu plus compliqués, rendez-vous sur la page des motifs élémentaires, ou sur celle des quelques exemples plus sophistiqués. Chaque manuel est structuré avec des pages qui dévoilent de plus en plus la solution, comme présenté ci-dessus.
Voici la première page des différents exemples proposé :
Et si vous êtes encore plus curieux, vous pourrez consulter le code source, que je viens de migrer en Qt5. Et oui, il y a 13 ans, j’avais écrit ça en Qt4, et j’ai dû faire de tout petits ajustements (notamment de la chaîne de compilation) pour que tout compile sur un environnement récent.
Et si Voxigame continuait sa route ?
Quand je me suis arrêté d’explorer Voxigame il y a plus de 10 ans, j’avais très envie de deux choses.
D’un point de vue formel tout d’abord, de définir l’ensemble des configurations (taille de la boîte et position des fenêtres) pour lesquelles on peut trouver une solution stable.
D’un point de vue pratique, j’aurais beaucoup aimé disposer soit d’un prototype matériel, en bois par exemple, soit d’un prototype logiciel, pour essayer « pour de vrai » plein de configurations.
Alors, si ça vous branche, la balle est dans votre camp ! :)
Depuis bientôt 15 ans je pratique la radio, à la fois au micro et comme auditeur quotidien. Au fil du temps, j’ai mis en œuvre et apprécié ses différentes formes : les émissions réalisées en direct où la spontanéité est plus ou moins maîtrisée mais où l’adrénaline guide l’action, et les émissions préparées dans un logiciel de montage et ajustées à la milliseconde pour qu’elles ressemblent exactement à ce que l’on veut. Les émissions, podcasts, documentaires sonores sont parfois produites par des amateurices passionné·e·s, parfois par des gens qui le font de manière salariée. On retrouve une grande diversité de formes, de modes de diffusion, d’audiences.
Les contenus audiovisuels suivent aussi les mêmes modalités de production et diffusion : contenus amateur de grande qualité ou produits par des personnes rémunérées pour cela, diffusion confidentielle ou à grande écoute, formes d’une grande diversité. L’une des plateformes principales de diffusion à la demande des vidéos (comme pourrait l’être par exemple les audioblog d’arte radio pour les podcasts) est incontestablement YouTube. Pour les émissions en direct, Twitch a émergé comme espace incontournable. Dans les deux cas, on constate que les plateformes ont un pouvoir énorme sur l’orientation des contenus, qu’ils contraignent notamment par leurs intentions commerciales de diffusion publicitaire (le principal financement de Youtube). Il existe bien sûr des plateformes alternatives, comme le très décentralisé peertube dont j’avais déjà parlé il y a quelques années, ou encore les plateformes de créateurs telle que Nebula aux États-Unis.
Je vous propose aujourd’hui de parcourir quelques chaînes plus ou moins diffusées mais que je trouve toutes passionnantes pour réfléchir à la politique, la sociologie, l’histoire ou encore la géographie.
Analyses politiques
Au delà des contenus qui suivent l’actualité au plus proche (Médiapart, Blast, …), Il y a bien sûr les incontournables Bolchegeek, et Osons Causer qui proposent souvent un angle original sur un sujet qui raisonne avec l’actualité, ou encore Defekator, la chaîne qui « défèque sur les fakes » en proposant des réflexions et outils autour de la vérification des sources. Mais parfois, il est intéressant de suivre des producteurs qui s’intéressent aux réflexions politiques de fond, pour venir éclairer cette actualité sous un autre angle.
Oui d’accord propose tous les un à deux mois une vidéo de fond sur un sujet à chaque fois passionnant, sourcé de plein de références en science politique, sociologie, histoire.
Sortie d’usine propose lui aussi tous les deux mois environs une vidéo de fond qui donne à voir avec un angle très enrichissant certains aspects de notre vie contemporaine : culture pop, politique, industrie, rapport au capitalisme…
Parmi les vidéos récentes, on peut par exemple entendre avec « THIRD PLACE » : pourquoi Starbucks va CREVER comment le capitalisme avec ses chaînes comme Starbucks ont peut-être pour un temps décimé les espaces de rencontre tiers (ni foyer ni lieu de travail). On pourra regarder le funeste secret de l’industrie du diamant, qui raconte la manière de créer un marché artificiel, ou encore La méthode Miawaki et l’effondrement, qui raconte la génèse de cette méthode de croissance végétale, comment ce qu’elle annonce est en fait plutôt contestable.
Histoire, géographie
La vulgarisation en sciences humaines est plutôt bien présente sur les plateformes de vidéo, notamment en histoire, ou on trouve les bien installés Nota Bene, l’histoire nous le dira. Mais il existe un véritable fourmillement de productions alternatives, dont voici une petite sélection très personnelle.
Les revues du monde propose ainsi du contenu historique, régulièrement avec une lecture d’analyse politique et sociale qui vient avantageusement chambouler certaines des idées reçues que l’on peut avoir sur les périodes passées, et ainsi éclairer différemment notre lecture du quotidien.
En archéologie, on peut penser bien sûr à Passé Sauvage, qui propose des séries super chouettes, récemment sur l’histoire des peuplement des continents, ou encore sur le suivi de chantiers d’archéologie. On peut aussi suivre avec grand intérêt Boneless Archéologie, son humour décapant et son élégance distinguée.
La vulgarisation en géographie, je trouve que c’est moins présent en format audiovisuel. Il existe bien sûr plein de contenu sur la géographie physique, sur des formes très variées, comme l’atypique TéléCrayon, au format dessiné et au contenu très factuel, quantitatif. Quand on s’éloigne de la géographie physique, on trouve sur les chaînes publiques des choses comme l’émission Le dessous des cartes d’Arte, mais moins de contenu indépendant.
Parmi les chaînes de qualité, je pense tout de suite à Archipel, qui propose un point de vue très riche sur notre planète et ses habitant·e·s. C’est une chaîne très récente, mais qui a démarré dès le début avec un contenu de qualité.
On y trouve par exemple une vidéo sur les grands ensembles avec la leçon d’urbanisme des barbappa, ou encore une série cartes en main pour proposer quelques éléments de réflexion à l’occasion des élections présidentielles de 2022.
On peut bien sûr regarder avec grand intérêt les vidéos de la chaîne Linguisticae, qui propose une vulgarisation riche et multiple structurée par la linguistique certes, mais qui permet de considérer les territoires et les histoires des peuples d’une manière passionnante. On parle aussi beaucoup d’actualité politique sur cette chaîne ou sur la chaîne secondaire de l’auteur principal, car la linguistique y a toujours sa place.
Si comme moi vous êtes un gourmand de cartographie et d’étrangetés géographiques, vous aurez plaisir à découvrir les deux chaînes suivantes, dont le contenu est en langue anglaise, mais qui n’enlève rien à la qualité de leur contenu.
La chaîne de Jay Foreman héberge notamment la fabuleuse série MapMen, qui devrait être projetée à tout étudiant qui pense que la cartographie ou l’anglais est triste et morne.
En guise de transition avec la section suivante, je vous propose d’aller regarder les vidéos passionnantes d’Histoire Appliquée, qui s’intéresse à la question de la reconstitution, notamment dans les films d’époque. L’auteur est pointu, passionné, et sa pratique de la reconstitution et du costume d’époque permet d’apprécier au plus près les défis et questions que l’on se pose quand on fabrique des costumes qui seront portés par des comédiens, tout en étant le plus juste possible.
Cinéma et culture de l’image
Les contenus consacrés au cinéma ou à la culture audiovisuelle sont légion sur les plateformes audiovisuelles. Parmi les formats et thématiques intéressantes, je pense bien sûr à Calmos ou Chronik Fiction, aux formats super produits, au montage de grande qualité, au contenu rythmé et décapant, qui propose de se promener dans la production cinématographique avec un fil conducteur toujours surprenant. Je pense aussi au Fossoyeur de Films, dont l’expertise amène à regarder les films qu’il raconte autrement, ou à Misterfox, une pépite pour qui s’intéresse à l’univers des comédiens de doublage.
Bien sûr, on trouve aussi des contenus qui combinent regard de cinéphile et analyses politiques.
Je pense aussi à Vidéodrome, qui propose d’explorer la thématique des sciences sociales sous le prisme du cinéma. On y trouve par exemple une série de vidéos traitant des documentaires sur le travail, ou plus récemment une vidéo qui replace le curseur des idées à l’emporte-pièce sur les voleurs, fictions et réalités.
Il me semble essentiel d’avoir une oreille tendue vers les personnes subissant les discriminations violentes qu’impose la société patriarcale, blanche, validiste et hétéronormée dans laquelle nous naviguons.
Aux intersections entre la question trans et le validisme, j’aime beaucoup regarder ce que propose Alistair, un contenu riche et complexe, dont la dimension de vulgarisation s’affine au fil des ans.
Je regrette aussi la disparition de Nirina, que j’avais découvert sur Twitter, et qui racontait ses découvertes et analyses de jeune femme issue de l’immigration et qui se frayait un chemin à Science Po, avec le choc de la culture de classes associée à sa trajectoire.
Regards sur la ville
J’aurais pu classer les contenus consacrés à la ville avec ceux consacrés à la géographie, mais il s’agit ici de vidéastes qui traitent de la ville à l’échelle des humains. Je pense en premier lieu à deux chaînes consacrées à l’architecture.
Le nouveau programme est une chaîne qui parle d’architecture et d’architectes, qui replonge dans l’histoire des grandes réalisations. On s’y intéresse du point de vue artistique et technique, de manière pointue et enthousiaste.
Les auteurs nous proposent des images originales, J’ai par exemple beaucoup aimé la vidéo consacrée aux piscines tournesol, celle consacrée au parc de la Villette que je connaissais mal, ou encore ce portrait d’un immeuble-pont à Alger.
Je pense aussi à Architekton, qui traite la question de l’architecture un contenu plus politique, avec un montage dynamique et empruntant à de nombreuses références audiovisuelles pour illustrer le propos.
On peut par exemple en apprendre plus au sujet du Crystal Palace de Londres, qui prend la forme d’un temple au capitalisme, ou celle consacrée à la question de déconstruire l’architecture.
Enfin, d’une manière un peu différente, Altis play propose de regarder et comprendre la ville depuis la selle d’un vélo. Accessibilité, mobilités, interactions entre usagers, infrastructures, tout est passé au crible, d’abord à Paris, mais aussi dans d’autres villes.
Altis play est par exemple revenu sur les circonstances de l’accident qui a eu lieu à la Rochelle, et qui a secoué la communauté des usagers du vélo. On regarde avec lui les infrastructures, ses imperfections, et la manière de possiblement améliorer les choses. Il propose aussi de réfléchir à des dispositifs comme les sens interdits sauf vélo qui peuvent être considérés comme dangereux, ou encore explore la question de la place pour toutes les mobilités dans la ville.
Conclusion
Il y a bien sûr pleeeein d’autres contenus intéressants, que l’on découvre souvent au hasard des clics, des discussions ou des lectures. Je suis toujours curieux d’en découvrir plus, alors si vous avez des suggestions de visionnages, ça m’intéresse !
Je l’avais annoncé sur les pages de ce blog, septembre a été l’occasion de bénéficier d’une disponibilité, avec l’espoir d’améliorer mon quotidien. Un peu plus de six mois se sont écoulés depuis cette date, et je peux déjà en tirer quelques conclusions.
Y’a eu du changement
Je ne prends pas assez de temps pour alimenter ce blog, aussi les derniers mots sur ce blog datent d’août. À l’époque, je me préparais donc à quitter l’université pour rejoindre l’équipe recherche et développement (R&D) d’une entreprise, à hauteur de quatre jours par semaine.
Les premiers mois ont été très chouettes, j’ai eu la chance d’être super bien accueilli par Thierry Château et les autres personnes de l’équipe R&D. Les missions que je portais étaient amusantes, pas tant éloignées de mes activités universitaires passées.
Malheureusement, la direction de l’entreprise Logiroad a progressivement fait comprendre à l’équipe R&D qu’elle avait changé ses objectifs, et qu’elle allait nettement réduire sa recherche pour se focaliser sur une commercialisation à court terme. Courant décembre, j’ai donc décidé de démissionner, en espérant participer à un mouvement qui permettrait à une partie de l’équipe R&D d’être maintenue dans ses activités.
J’avais entre temps eu la chance de recevoir la proposition de rejoindre BBS Slama afin de participer au développement de logiciels de calcul thermiques pour le bâtiment. De la géométrie, de la modélisation sémantique, du calcul scientifique, et du développement logiciel. Bref, des choses que j’aime bien !
C’est ainsi que j’ai rejoins l’entreprise début 2024, cette fois-ci en décidant de réduire encore mon temps de travail, pour passer à trois jours par semaine. En effet, la MDPH assure enfin une prise en charge financière partielle du temps que je passe auprès de ma fille comme proche aidant.
Réduction de la charge mentale
Malgré les perturbations liées à la fin du premier contrat, et bien que je passe encore du temps à accompagner les étudiants en thèse, mon engagement à l’activité salariée a radicalement changé.
Quand mon quotidien était celui d’un maître de conférences, je travaillais tous les jours de la semaine, plusieurs soirs par semaine, souvent les week-ends. Je recevais près d’une centaine d’emails par jour, dont au moins une trentaine qui nécessitaient une réaction immédiate. Je passais mon temps à courir après les urgences, parfois pertinentes, souvent absurdes car liées aux manques de ressources de l’université, et au fonctionnement en mode projet. Et puis l’enseignement, si j’espère l’avoir toujours pratiqué avec engagement et sérieux, je n’ai jamais aimé ça.
Depuis septembre, quand je ferme la session de mon ordinateur professionnel, à la fin de la journée de travail, je n’ai plus l’obligation morale de vérifier toutes les heures qu’il n’y a pas d’urgence. Je n’ai pas à corriger des copies, à préparer des cours, à me faire un sprint nocturne de montage de dossier ou de rédaction d’article. Ce luxe incroyable est probablement lié au type de métier que je pratique maintenant, mais aussi parce que j’ai décidé de m’engager dans une désintoxication au travail salarié.
Focaliser mon attention sur les besoins de ma fille, dont les besoins croissants nécessitent de prendre en charge énormément de logistique, de coordination, d’attentions de chaque instant, c’est déjà énormément de pression, et je pense que c’était le bon moment de relâcher la tension professionnelle.
Développer du logiciel propriétaire
Depuis septembre, je développe donc des logiciels propriétaires, c’est-à-dire dont le code source n’aura pas pour vocation à être diffusé largement. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait en plus de 20 ans de développement logiciel, car je n’avais produit jusqu’à présent que du logiciel libre (dont une partie est par exemple disponible sur github).
Ce qui change, c’est bien sûr la certitude d’avoir des utilisateurices. De l’extérieur, on pourrait penser que cela nécessite d’être plus soigneux dans la conception et la finition de ces logiciels. Mais plus j’observe et je réfléchis à ce que cela implique, moins je suis convaincu de cela.
Car quand on développe du logiciel libre, on ne sait pas qui va utiliser le code source ni le logiciel. Dans la pratique du logiciel libre, je redouble en général d’attention à rendre ma production la plus facile à prendre en main. Au niveau du logiciel lui-même bien sûr, mais aussi en prêtant une grande attention au code source, à son architecture, à sa documentation. C’est peut-être aussi une déformation de mon parcours d’étudiant puis d’enseignant en informatique à l’université.
Cette attention, je suis convaincu que l’urgence de produire du logiciel commercial et fermé ne l’impose pas, et que suivant la culture personnelle de chaque développeureuse, cette dernière peut facilement produire du code source toufu, complexe, et des logiciels aux interfaces de niche pas forcément flexibles.
J’espère donc pouvoir au fil des années apporter aux entreprises qui m’accueilleront ce que je pense être une des réelles forces de la pratique du logiciel libre : l’attention à faciliter l’intégration de nouvelles personnes dans une équipe de développement en concevant le code source dans ce sens. Je suis convaincu que c’est un investissement indispensable pour tendre vers un logiciel de meilleure qualité.
Être proche aidant
En continuité de ce qui se passait depuis le printemps 2023, je suis donc proche aidant à mi-temps, au rythme de la garde alternée, auprès de ma fille maintenant âgée de 19 ans.
Comme je l’indiquais plus haut, cela nécessite une attention de chaque instant à la logistique, pour que les interventions des professionnels qui nous accompagnent s’enchaînent au mieux, suivant les aléas des conditions de santé, assurer l’approvisionnement en matériels médicaux, paramédicaux, nutritionnels, de bien-être, etc. Cela nécessite de mettre en place une machine bien rodée pour faire fonctionner le quotidien, mais aussi de pouvoir bouleverser à chaque instant tout cela pour gérer les urgences. Parfois ce sont de gros bouleversements, avec une hospitalisation d’urgence pendant plusieurs jours, parfois c’est plus court, avec une ou deux journées où ma fille se retrouve alitée puis en convalescence. Il faut alors pouvoir continuer d’assurer les besoins vitaux, et assurer aussi les plaisirs qui font que la vie est douce.
La logistique est d’autant plus importante en prévision de ces possibles situations que je suis seul à faire fonctionner le foyer au quotidien. Il faut donc avoir du stock, gérer les approvisionnements, organiser les espaces pour ne pas se retrouver en difficulté physique ou psychologique.
En plus de cela, il faut apprendre à gérer les nouveaux dispositifs qui facilitent la santé, continuer d’adapter les équipements aux nouveaux besoins, tout en continuant à penser des espaces de plaisir et d’activités épanouissantes.
Ce que je trouve le plus compliqué, c’est le grand écart entre l’injonction à continuer à s’impliquer dans les activités de la cité, et l’énergie et le temps nécessaire à assurer les besoins de la personne que l’on accompagne. Au milieu de ça, le besoin de ménager son corps et son esprit pour qu’il tienne sur la durée se fait sentir, mais tout n’est pas conciliable… Et il arrive souvent que l’on ressente à la fois sentiment de grande solitude et un mal-être grandissant de ne pas pouvoir souffler, ne serait-ce qu’une journée.
Bon, mais il y aurait énormément à écrire sur cette question, et je pense de plus en plus à lancer la saison 3 du podcast Quand même pas, Papa !
Faire du logiciel libre
Ce qui peut être étonnant, c’est que j’ai malgré tout du temps libre. Tout ces moments où je suis aux côtés de ma fille mais qu’elle écoute des histoires (sa grande passion), et même si je dois rester vigilant et à chaque instant pouvoir interrompre mes activités, je dispose régulièrement d’une poignée d’heures pour lire, ou mais aussi fabriquer des trucs.
J’ai donc entamé depuis septembre le développement d’un outil logiciel, pour l’instant confidentiel, mais qui devrait s’annoncer pour la rentrée 2024 : un agenda culturel qui sera alimenté le plus automatiquement possible depuis les ressources existantes. Je ne suis pas seul sur le projet, et c’est chouette d’avoir des copaines pour concevoir un tel projet. Allez hop, une image pour montrer à quoi ça ressemble en ce moment :
Faire de la radio
L’une de mes soupapes de sécurité, celle qui fait que j’arrive à continuer à vivre malgré le brun qui commence à gronder partout dans le monde, c’est la radio des tas.
Une fois par mois, avec les copaines tas, on prend le chemin des studios de Radio Campus pour une émission en direct, qui fait du bien au moral. Même si on ne cause pas que de trucs rigolos, on parle de ce qui nous anime, nous indigne, nous garde en vie.
Activité associative
Difficile de ne pas s’impliquer dans l’association Vaincre les Maladies Lysosomales, tellement les missions de l’association résonnent avec notre quotidien.
Après avoir participé au conseil d’administration pendant quelques années, j’ai finalement proposé d’en être le trésorier, et on a lancé quelques commissions pour continuer à animer l’association.
Cette année plus que les précédentes, les enjeux sont importants, car si nous n’arrivons pas à augmenter les sources de financement, nous devrons réduire la voilure, et sans doute ne pas maintenir les activités qui font le sens de l’association : rencontre annuelle des adhérent·e·s, financement d’activités de recherche ciblées sur les maladies lysosomales…
Conclusion
En conclusion, je peux dire que si depuis septembre je ne m’ennuie pas, le niveau de stress a nettement diminué, et j’arrive à trouver un équilibre bienvenu dans mon quotidien, afin de vivre les engagements que j’ai raconté ici, mais aussi tous les autres péripéties de la vie. Affaire à suivre !
Il y a deux ans, je donnais un aperçu des activités qu’assurent un enseignant-chercheur, en racontant comment ces missions avaient évolué avec le temps, éloignant de plus en plus ce quotidien de ce que j’ai envie de vivre. Alors bien sûr, la dimension recherche est passionnante, mais tout le reste devient trop coûteux.
J’ai donc choisi de prendre une année de disponibilité pour me consacrer un peu plus aux besoins grandissants de ma fille et pour faire une pause de cet environnement que je trouve de plus en plus toxique. J’en développe ci-dessous les motivations.
Les besoins d’une personne non autonome
Comme je le raconte depuis bientôt deux ans dans le podcast quand même pas, papa !, la maladie de ma fille progresse beaucoup ces derniers temps, et sans accompagnement de chaque instant, elle ne pourrait pas assurer sa survie. Je suis heureux d’être là pour elle, et de lui apporter, en plus du vital, les éléments qui font le bonheur de la vie. Ce printemps, la structure qui l’accueillait dans la journée est arrivée au bout de ses capacités d’adaptation, et a mis fin à cet accueil.
La moitié du temps ma fille est donc à la maison (l’autre moitié du temps, elle est chez sa maman), et même si on s’organise pour obtenir les aides dont elle peut bénéficier, j’ai envie et besoin d’être là pour elle.
Les aspects pratiques du métier d’enseignant-chercheur sont donc difficilement compatibles avec ces besoins grandissants :
Les enseignements se passent à l’université, et sont répartis au fil de la semaine et au fil des mois de manière fragmentée. Impossible d’avoir un emploi du temps compatible avec les engagements à la maison auprès de ma fille.
Les différentes urgences administratives qu’on nous impose, la préparation des cours, la correction des copies, tout cela implique de travailler régulièrement le soir et les week-ends, entraînant une grande fatigue physique, et là aussi se collisionnant aux engagements de proche aidant.
Il me fallait donc trouver une solution pour un engagement professionnel plus flexible et moins volumineux. Un temps partiel, avec des missions plus simples à assumer en parallèle de la proche aidance.
Avalanche de tâches administratives
Je l’avais déjà abordé dans le précédent article, mais les tâches administratives s’accumulent chaque année un peu plus sur les épaules des personnels enseignants-chercheurs de l’université, au point qu’elles finissent par devenir une grande partie du quotidien.
Pour donner un simple exemple, sur l’un des projets de recherche dans lequel je me suis un tout petit peu impliqué, on doit remplir chaque mois, à la demande du financeur, un tableau qui indique jour par jour les tâches que l’on a menées, qu’elles fassent partie du projet, ou que ce soient d’autres tâches, avec une phrase explicative pour chaque entrée correspondant au projet. Le tout sur un site internet pas du tout ergonomique, où il faut cliquer à la main pour donner chaque jour la répartition du temps de travail.
Et ça pourrait paraître anecdotique si ça n’était pas comme cela pour chacune des actions que l’on mène à l’université : pour chaque mission de recherche ou d’enseignement, de responsabilités, d’animation scientifique, de vulgarisation, on se retrouve à devoir produire des rapports, remplir des formulaires, valider une procédure, faire un appel d’offre ou obtenir 3 devis. C’est d’un fastidieux qui embourbe complètement toutes les activités, au point que mener sa propre activité de recherche devient un luxe qu’il faut payer en vampirisant du temps personnel.
Politique d’affectation des enseignements
Il y a deux ans, je racontais comment j’avais trouvé un intérêt aux missions d’enseignement en intervenant dans des formations assez diverses, et qui à chaque fois étaient d’un bien plus grand intérêt que l’affectation principale pour laquelle j’avais été recruté : enseigner l’informatique pour les étudiant·e·s en IUT Gestion des Entreprises et Administrations.
Cependant, à l’occasion d’un changement de direction à l’IUT et avec l’arrivée de règles de plus en plus précises imposées par l’université, on m’a demandé de ne plus m’engager autre part qu’en GEA, sauf en heures supplémentaires.
N’ayant pas le luxe de pouvoir me permettre d’heures supplémentaires, j’ai donc été contraint de chercher des remplaçants ou de fermer les cours que j’animais dans les autres formations, et d’assumer des heures d’enseignement en GEA sur des sujets loin de mes thématiques d’expertise. C’est ainsi que je me suis trouvé à enseigner les mathématiques à des jeunes gens complètement désintéressés des sciences, à passer des heures à expliquer comment additionner deux fractions, ou résoudre une équation du premier degré.
Je me suis donc retrouvé englué dans cette « formation », dont le rôle est plutôt d’assurer la salle d’attente entre le lycée et des emplois peu qualifiés du tertiaire, à accompagner des étudiant·e·s pour la majeure partie peu intéressé·e·s à leurs études, et souvent en grande difficulté scolaire. Un contexte où j’ai peiné deux ans à trouver l’épanouissement dont j’aurais eu besoin pour y maintenir un engagement durable.
Envies de changement
Ces différents éléments combinés m’ont poussé à envisager une voie hors de l’université. Nous, fonctionnaires, avons la chance de pouvoir solliciter une mise en disponibilité, permettant de quitter temporairement la fonction publique pour y revenir après un court temps au même poste.
C’est donc ce que j’ai choisi de faire, en assurant en même temps que je trouvais un nouvel employeur, pour y mener une activité plus proche de mes envies actuelles. C’est ainsi que je rejoins pour un an Logiroad, en tant que chercheur senior, où je pourrai exploiter au mieux l’expertise que j’ai construite au fil de mon début de carrière professionnelle : gestion de projets, recherche et développement en géométrie, en géomatique, en intelligence artificielle, avec une dimension open source et open data. J’envisage aussi d’y explorer la problématique de l’accessibilité, en adéquation avec les offres commerciales de l’entreprise, tout en y ajoutant le regard et les connaissances acquises ces dernières années.
Je suis heureux de commencer une nouvelle aventure, qui je l’espère évitera que je m’éparpille en autant de missions inutiles qu’à l’université.
Et puis à y réfléchir, les étudiant·e·s qui arrivent cette année à l’université ont l’âge de ma fille, et je me dis que le hasard fait bien les choses, car j’aurais je pense trouvé difficile d’enseigner à ces jeunes gens la journée, tout en m’occupant le reste du temps de cette jeune adulte qui se bat pour vivre avec cette maladie…
Dans cet article, je reviens sur la manière dont je réalise ce podcast, et je partage avec vous quelques podcasts qui m’ont marqué cette année.
Comment j’enregistre quand même pas, Papa !
Ce podcast, c’est un moyen pour moi de réfléchir à ce que nous traversons avec ma fille, cette maladie qui s’installe toujours un peu plus et bouleverse nos vies.
D’un point de vue pratique, je prépare les épisodes en prenant régulièrement des notes sur les sujets que j’ai envie de traiter. Je prend des notes sous forme de phrases très simples, avec les grandes idées, que je structure en listes à puce par exemple, voire garde en forme télégraphique. L’idée est d’avoir la trame et les idées principales sous les yeux au moment d’enregistrer, puis ensuite de laisser la spontanéité de la parole non écrite.
Une fois toutes les une ou deux semaines, je m’installe donc dans mon salon pour une session d’enregistrement, de montage et mixage. L’équipement est identique à celui que j’utilise pour enseigner à distance : une carte son, un micro, un pré pré-ampli, et un casque.
Je réalise le montage en même temps que l’enregistrement, avec le logiciel ardour, un équivalent libre de reaper. Ma session est prête, avec l’habillage (les petites ambiances sonores) du podcast, et une piste avec les réglages habituels que j’utilise sur ma voix (compression, égalisation). Je lance l’enregistrement, puis suit le fil de l’épisode. Je fais régulièrement des pauses dans l’enregistrement, pour reprendre une tournure de phrase qui ne me convient pas, pour ajuster une idée, tout en faisant toujours attention à garder la même intention dans la voix, la même proximité au micro. Je n’ai pas envie que ça s’entende trop à l’écoute.
Je ne corrige rien de la diction, des petits bruits parasites, et j’ai choisi un micro classique, dans une pièce non traitée, afin d’avoir un son le plus naturel possible, et pour ne pas avoir à travailler trop sur cet aspect en réalisant le podcast.
Chaque épisode fait environ 10 minutes, et j’enregistre en 10 à 20 prises, en prenant à chaque fois soin d’ajouter une petite virgule sonore au moment de changer de thème. Avec le temps, j’ai gagné en efficacité, et si l’épisode est prêt dans ma tête et dans mes notes (je le prépare souvent la veille pour y penser avant d’enregistrer), il me suffit d’une heure pour boucler un épisode et le mettre en ligne.
Découvertes récentes
Raconter comment on fabrique de la baladodiffusion c’est cool, mais en écouter c’est très chouette aussi.
Si vous n’avez pas eu l’occasion d’écouter la radio des tas, je vous invite à réécouter les 9 épisodes de cette année sur le site internet de l’émission, ou à écouter plus spécifiquement la série de chroniques à la source, réalisées par Jordi et Cécile pour cette émission.
Et puis j’ai aussi récemment découvert d’autres podcasts que trouve très bien faits, et que je vous propose de découvrir ci-dessous.
Ça fait boom
Si vous avez envie d’écouter une émission où la forme est aussi soignée que le fond, si vous avez envie d’accompagner Noémi dans ses questionnements, ses rencontres, ses coups de gueule et ses belles idées, je vous invite très fort à aller écouter ça fait boom, l’émission qu’elle anime sur Radio Galère à Marseille, et qu’elle propose en réécoute sur le site du cri de la girafe.
C’est beau, c’est sensible, des fois c’est dur, parfois c’est drôle, toujours c’est beau.
Apothicast
Apothicast est un podcast consacré à l’histoire de la santé et des sciences sociales, et est réalisé par Bastien Delattre, un pharmacien passionné d’histoire de la santé. J’avais adoré le premier épisode consacré à l’histoire de la cocaïne, et de son usage notamment médical.
Chaque épisode explore un sujet, avec un invité expert de la question. Les échanges sont riches, précis, on retrouve dans les problématiques évoquées à la fois les facettes scientifiques et de santé publique, mais aussi la dimension sociétale des sujets abordés.
Le site internet du podcast est aussi riche de nombreuses références et liens qui invitent à poursuivre l’exploration des sujets abordés.
Deux connards dans un bibliobus
Deux connards dans un bibliobus, c’est un podcast à la forme détendue, deux gars qui causent dans un micro sans se prendre la tête, et qui abordent des questions passionnantes liées à leur activité professionnelle, dans le monde de la bibliothèque.
Même si initialement, on entend que le podcast est conçu par et pour des bibliothécaires, j’y trouve plein d’intérêts, plein de sujets qui alimentent mes réflexions et font écho à des problématiques qui sont plus générales.
Je m’y retrouve d’abord parce que je suis un rat de bibliothèque. L’un des premiers articles sur ce blog parlait de retard dans les bibliothèques. C’était en 2005, ça ne nous rajeunit pas…
Mais aussi parce qu’ils abordent des questions importantes sur ce que devrait être un service public ouvert à toutes et à tous. On accompagne les deux protagonistes dans une discussion sur la question de la neutralité, sur l’idée que les médiathèques soient des lieux à vocation inclusive, ou encore sur les biais culturels et sociaux des personnels, en proposant à chaque fois des références universitaires, des travaux de bibliothécaires, des outils de réflexion et mise en pratique.
Et enfin, avec leur position turbo-gauchiste (comme dirait l’ami Thierry) au cœurs d’institutions parfois très conservatrices et contraintes par les injonctions libérales et les restrictions budgétaires, ils racontent quelque chose qui ressemble à ce que je vis au sein de l’université.
Fronde(s) !
Fronde(s) !, c’est un podcast réalisé par Geoffrey Dorne, dont on retrouve les différentes productions sur le site hckr.fr.
Dans ce podcast, sous-titré « le podcast qui explore le design des luttes contemporaines », l’auteur propose à dans chaque court épisode un tour d’horizon des pratiques et techniques utilisées à travers le monde pour organiser ou agir dans les luttes : apprendre à protéger ses communications, comment créer une radio pirate, se protéger des caméras et de leurs algoritmes, ou encore stratégies d’anticipation pour les manifestants courageux.
La réalisation sonore extrêmement soignée de ce podcast n’enlève rien à la clarté du propos et à la qualité de l’analyse des différentes pratiques, qui reprennent en les approfondissant parfois les idées développées dans l’ouvrage « Hacker, protester : guide pratique des outils de lutte citoyenne » , du même auteur.
Le travail de vulgarisation et de synthèse est très soigné, ce qui rend accessible les différentes propositions, et donne même très envie de s’y essayer. Et peut-être de partager avec l’auteur d’autres questionnements, et d’autres bonnes idées.
L’arrivée d’un vélo neuf a bouleversé mes pratiques de mobilité. Sa fiabilité et son efficacité sont à la hauteur d’un usage quotidien, même dans une ville à fort dénivelé comme Clermont-Ferrand. Les sorties hors de la ville deviennent un vrai plaisir. Mais il faut pour cela disposer d’un bon outil pour choisir ses itinéraires, car la qualité de l’infrastructure pour les cyclistes est plutôt inconsistante autour de chez moi.
Nouvelles pratiques de mobilité
Il y a quelques mois, j’ai décidé de changer mes habitudes de déplacements quotidiens, en remplaçant les transports en commun par le vélo pour les déplacements qui sortent de la ville du quart d’heure à pied.
Si je n’ai jamais utilisé la voiture pour les déplacements urbains, j’avais gardé par principe communiste l’utilisation des transports en communs. Mais il faut avouer que le réseau clermontois atteint un niveau d’inefficacité qui a fini par me faire privilégier souvent la marche, et maintenant le vélo en complément.
Je n’avais jamais acheté de vélo neuf, mais plutôt bricolé des vieux biclous grâce au guidon dans la tête. Cependant, après de nombreuses galères techniques, j’ai fini par me convaincre d’acheter un vélo neuf. J’ai ainsi fait confiance à Tempo pour choisir la nouvelle bicyclette de ma vie. En identifiant les pratiques envisagées, nous avons confirmé l’intuition de l’ami Thierry Toth, et j’ai ainsi opté pour un gravel de chez Marin.
Quel plaisir gigantesque d’avoir de vrais freins puissants, des pièces solides, un dérailleur qui fonctionne super fluidement, et une cassette avec 12 (!) pignons, qui assure à la fois de pouvoir avancer sans peine entre 6km/h pour les giga montées, jusqu’à 45km/h voire 50km/h pour les belles descentes.
La super montée (7 à 9% de pente) entre mon domicile et le campus universitaire n’est même plus du tout impressionnante, le trajet se faisant plus rapidement qu’en transport en commun ou en voiture (aux heures de forte circulation), même avec ce dénivelé.
Avec un porte-bagages, quelques tendeurs et un caisse en bois au besoin pour compléter tout ça, on peut même transporter pas mal de choses.
J’avais déjà rejoint VéloCité63 pour participer à la veille sur l’accessibilité piétonne et fauteuil roulant à Clermont-Ferrand (ce sont des usages qui sont dans leurs statuts). Avec cette intensification de ma pratique cycliste, je suis content de pouvoir échanger avec les autres personnes adhérentes sur ces questions de mobilité, pour mieux comprendre les infrastructures existantes, mais aussi participer à les faire évoluer.
Sorties Occasionnelles de Flânerie Touristique (SOFT)
En plus des déplacements urbains et utilitaires, j’ai aussi commencé à faire quelques sorties, pour renouer avec une pratique que j’avais oublié depuis près de 20 ans. Si je n’ai jamais pu rejoindre la Dôme Urban Ride (DUR), cette sortie mensuelle nocturne proposée par des cyclistes clermontois, je me suis construit mon petit programme, avec les Sorties Occasionnelles de Flânerie Touristique (SOFT). Un peu moins agressif comme intitulé, et qui pourrait ressembler aux suggestions de sorties proposées par Clermont sans voiture.
Si j’étais monté depuis Clermont-Ferrand jusqu’au château de Chazeron à vélo, les plus de 500 mètres de dénivelé positif m’auraient pris bien plus de temps que ce que mon emploi du temps me permettait. J’ai donc pris le car TER SNCF jusqu’à Volvic (on peut embarquer son vélo sous réserve de place disponible), puis poursuivi pendant une grosse demie-heure suivant un itinéraire assez plat et très agréable, au milieu d’un paysage que je ne connaissais pas. Une très belle promenade pour retrouver les ami·e·s et passer la soirée à profiter du cadre. J’ai ensuite repris la route vers Clermont-Ferrand (en descente c’est plus simple) sans encombre, grâce à de bonnes lumières.
Calculateur d’itinéraire et application de guidage
Si la plupart des bases de données géographiques (IGN, ViaMichelin, Google Maps, etc) et les applications de routage grand public sont très bien adaptées au déplacement automobile, on ne peut pas dire la même chose quand il s’agit de se déplacer à vélo.
Car d’une part, les infrastructures sont en moyenne peu adaptées à cette pratique, avec de nombreuses voies très dangereuses, inconfortables, voire impraticables. Mais aussi parce que les bases de données citées plus haut ne contiennent pas les informations liées à l’infrastructure cycliste (présence de pistes cyclables, sections carrossables ou non, etc). Et enfin parce que la plupart des outils de calcul d’itinéraire n’intègrent pas les besoins élémentaires du déplacement cyclable, comme la considération du dénivelé par exemple, en plus de l’équipement de la voirie.
Heureusement, OpenStreetMap a été depuis plusieurs années un espace numérique de contribution des usagers cyclistes, en faisant probablement la base de données la plus précise et à jour sur la question. Et comme cette base de données géographique arrive avec de nombreux outils, on retrouve avec plaisir des solutions dédiés aux cyclistes, comme le super outil de calcul d’itinéraires brouter-web, dont certaines instances sont très complètes pour le vélo.
L’outil est très pratique, on peut régler plein de paramètres pour ajuster l’itinéraire à son véhicule, ses capacités et ses envies, il propose une visualisation très complète et pratique d’utilisation, et a l’énorme avantage d’être complètement adapté aux usages cyclistes.
Cependant, quand on part en itinérance, on peut vouloir utiliser une solution débranchée, ne nécessitant pas d’avoir un accès à internet.
OsmAnd
La première application à installer pour bénéficier de toutes les informations d’infrastructure contenues dans OpenStreetMap, c’est bien sûr OsmAnd. Cette application permet de télécharger les données département par département (mais aussi sur des plus grands territoires), et embarque un calculateur d’itinéraire qui fonctionne très bien. Alors bien sûr, il ne connaît pas l’état du trafic, mais il fait bien le job, même quand on se déplace en voiture.
L’application est super configurable, avec apparence de la carte, du tracé, activation d’un guidage sonore, différents profils d’itinéraires, possibilité d’enregistrer des coordonnées favorites, ou encore d’enregistrer sa trace GPS.
La version installée depuis Google Store est verrouillée sur certaines fonctionnalités, et il faut payer pour les débloquer. Cependant, si on choisi d’installer l’application par F‑Droid, on dispose d’une version complètement déverrouillée. À privilégier.
Les algorithmes de routage embarqués dans OsmAnd sont plutôt corrects, cependant si on a pris goût à la qualité du routage de brouter-web, on peut avoir envie d’en disposer également en itinérance. Pour cela, il faut compléter l’installation par une deuxième application, BRouter Offline Navigation.
BRouter Offline Navigation
BRouter Offline Navigation est une application qui n’a pas d’interface de consultation, mais sera interrogée par osmand pour fournir des itinéraires. On installe donc l’application, puis on télécharge les données sur l’emprise qui nous intéresse (oui, ça fait deux fois les données sur son téléphone, une fois dans osmand, et une fois dans brouter, mais c’est le prix à payer pour un calcul de qualité).
Enfin, on relance l’application pour choisir le profil de calcul qui sera utilisé par osmand (et les applications tierces utilisant BRouter). Si on veut retrouver les itinéraires de brouter-web intitulés « Cyclotourisme » (avec ou sans variante), à ce moment-là il faut choisir « trekking », ou une de ses variantes.
Je n’ai pas essayé, mais je pense que l’on peut exporter un profil ajusté sur brouter-web et le ranger dans le bon dossier de l’application pour qu’il devienne sélectionnable dans cette liste.
OsmAnd et BRouter Offline Navigation
Dans OsmAnd, il faut ensuite créer un nouveau profil dédié. L’interface propose de partir d’un profil existant. J’ai choisi de décliner le profil vélo d’OsmAnd, et dans ses paramètres de guidage, j’ai ajusté le type de navigation en sélectionnant un type hors ligne et externe (en bas de la liste), où apparaît alors BRouter.
C’est une petite gymnastique pour réussir à configurer ça, mais ça vaut vraiment le coup, car les itinéraires sont super soignés avec cet algorithme.
J’ai perdu l’habitude de partager ici les lectures du moment, qui pourtant n’ont jamais cessé, comme le montre ce petit bout de ma bibliothèque qui grandit.
Cette année, j’ai cependant régulièrement parlé de livres dans l’émission la radio des tas, avec la chronique l’étagère que dalle. Alors, pas que des livres, mais toujours des choses à lire.
Fin de saison oblige, je fais le tour des livres dont on a parlé.
Où sont les « gens du voyages », inventaire critique des aires d’accueil
Pour la première chronique j’ai parlé d’un livre qui m’a marqué cette année : où sont les « gens du voyage », inventaire critique des aires d’accueil, de William Acker. L’auteur y raconte la violence d’état et la violence systémique que vivent les Voyageurs et Voyageuses, que l’administration appelle « gens du voyage » alors qu’iels n’ont pas accès à 94% du territoire. Ce livre m’a permis de comprendre qu’il me restait des angles morts dans ma perception de l’intersectionnalité.
Une chronique à retrouver dans la première émission de la radio des tas.
La privatisation numérique, déstabilisation et réinvention du service public
Dans cette nouvelle chronique de l’étagère que dalle, j’ai suivi le fil de La privatisation numérique, déstabilisation et réinvention du service public, de Gilles Jeannot et Simon Cottin-Marx, publié en 2022 aux éditions Raisons d’agir. Les auteurs y décortiquent les mécanismes qui font cette privatisation, laquelle dépasse largement la vente ou de la mise en concurrence des entreprises publiques. Blablacar, Google Maps, Doctolib, StopCovid, voici quelques exemples qui illustrent ces mécanismes. Mais certains acteurs, fonctionnaires ou associations, tentent de proposer des alternatives. On pense ici aux Communs entre l’IGN et OpenStreetMap, ou encore à Framasoft, ou la Quadrature du Net.
Une chronique à retrouver dans la deuxième émission de la radio des tas.
Collectif Cabrioles
Pour la troisième émission, j’ai choisi de ne pas parler d’un livre, mais du collectif Cabrioles, qui permet de penser l’autodéfense sanitaire, à un moment où l’état et une grande majorité des partis politiques et mouvements sociaux ferment les yeux sur une sous-classe virale.
Dans l’étagère que dalle, Jean-Marie a parcouru Opération Vasectomie d’Élodie Serna (éditions Libertalia, 2021), dans lequel on découvre les différentes appropriations de cette technique de stérilisation, à la fois utilisée par des gouvernements eugénistes, mais également revendiqué comme un outil d’émancipation par les courants anarchistes des années 30.
De gré et de force, comment l’état expulse les pauvres
Alors que la loi anti-squat continue son processus d’acceptation parlementaire, l’étagère que dalle présente « De gré et de force, comment l’état expulse les pauvres » de Camille François, une enquête à lire pour comprendre la violence institutionnelle à laquelle doivent faire face les classes précarisées.
Une chronique à retrouver dans la sixième émission de la radio des tas.
La surveillance algorithmique
Dans sa chronique L’État gère que dalle, j’ai choisi de parler d’une question d’actualité : comment la loi sur les JO et paralympiques de 2024 étend un peu plus l’usage de la surveillance algorithmique et les perspectives qu’ouvre son article 7. On peut lire ce billet de la quadrature du net, qui fait le point sur la question.
Une chronique à retrouver dans la huitième émission de la radio des tas.
Q comme Qomplot, comme les fantasmes de complot défendent le système
Dans la dernière émission de la saison, je suis revenu sur le livre « Q comme Qomplot — comment les fantasmes de complot défendent le système », de Wu Ming 1, traduit de l’italien et publié en France chez Lux en 2022. Le livre commence par une enquête sur QAnon, entre Europe et États-Unis, revient sur les courants conspirationnistes, et permet de comprendre plein de choses, notamment sur la manière dont on peut réagir, puisque le debunk ne fonctionne pas.
En fin d’émission, j’ai aussi parlé de de « Hacker Protester : guide pratique des outils de lutte citoyenne » de Geoffrey Dorne, qui donne plein d’idées pour s’organiser. Et si on préfère la forme podcast, on peut découvrir quelques-uns des thèmes explorés dans le livre dans son podcast d’ailleurs Fronde(s) !
Vous connaissez les défis auxquels ma fille doit faire face. Celles et ceux qui l’entourent l’accompagnent au mieux, mais parfois on se sent seul, c’est dur.
L’association Vaincre les Maladies Lysosomales aide à ne pas se sentir seul face à cette maladie rare. Savoir que vous adhérez à l’association, que vous soutenez ses actions, ça me ferait du bien, ça donnerait de la force aux actions qu’elle porte, ça donnerait de l’énergie à toutes les personnes qui vivent avec l’une de ces maladies lysosomales.
Pour comprendre ce que l’on vit, vous pouvez écouter le podcast Quand même pas, Papa !, dont la deuxième saison vient de commencer !
Vous pouvez aussi consulter le site d’information et de vulgarisation sur la maladie de Batten, dont est porteuse ma fille : cln.jmfavreau.info.
L’adhésion est seulement à 20 euros, et vous pouvez aussi soutenir l’association en faisant un don, partiellement déductible si vous payez des impôts. Rendez-vous sur la page d’adhésion du site de l’association.
Ma fille ne pouvant plus tenir la position debout, le suivi de son poids nécessite un pèse-personne adapté. Une chaise pèse-personne, ça coûte vraiment cher, même en location. Alors pourquoi ne pas adapter une balance domestique pour le même résultat ?
Voilà comment j’ai procédé. Puisqu’à chaque étape on peut faire d’autres choix que ceux présentés, j’ai détaillé la conception pour partager ce que j’ai identifié d’important, et pour montrer comment je suis arrivé à une solution fonctionnelle.
À noter, avant de commencer, que je n’ai pas conçu ce dispositif pour qu’il soit manipulable (repose-pied rétractable, lecture de la mesure) par la personne concernée, car elle n’est pas autonome pour cela.
Choix du pèse-personne
J’avais initialement choisi une balance (Salter 9275 BK3R) capable d’encaisser mon poids et celui de ma fille, avec l’idée de nous peser tous les deux. Mais la porter à chaque fois pour la pesée m’a finalement paru bien risqué. On doit pouvoir se faciliter la vie.
Le pèse-personne que j’ai choisi a plusieurs avantage, pour la transformation que l’on va réaliser :
il dispose d’un plateau assez large, permettant de facilement y adapter un cadre de support,
ses pieds sont relativement éloignés, ce qui lui assure une bonne stabilité,
son affichage grande taille n’est pas gênant pour une lecture sous la chaise,
son prix raisonnable (de l’ordre de 30 euros suivant les revendeurs).
Pèse-personne Salter 9275 BK3R, juste à côté des pieds d’une chaise
Création du cadre adapté
La première étape consiste à créer un cadre qui s’adapte au pèse-personne, et qui puisse supporter la chaise. Voici quelques éléments que j’ai considéré quand je l’ai imaginé :
S’assurer que le cadre ne touche pas le sol.
S’assurer que le cadre soit bloqué sur la balance, qu’il ne puisse glisser ni avant-arrière, ni gauche-droite.
S’assurer que les pieds de la chaise ne soient pas trop en dévers par rapport à la balance.
S’assurer que l’on puisse facilement poser la chaise sur le cadre, mais qu’elle ne glisse ni ne bascule.
S’assurer que le centre de masse de la personne assise soit bien au centre de la balance, voire légèrement un peu en arrière.
Quelques astuces classiques quand on fabrique quelque chose avec du bois :
Éviter de mesurer, privilégier le report de longueur. C’est ainsi que j’ai assemblé le cadre autour de la balance, en plaçant un petit écarteur (une fine lame de scie) pour m’assurer que le cadre n’était pas trop resserré autour du cadre
Utiliser si possible du bois de récupération. J’ai ici utilisé des chutes d’un cadre de lit et sommier qui s’était cassé. Les traverses très larges et les lattes fines mais rigides font très bien le job.
Quand on visse dans le sens du bois, il faut choisir des vis plus longues. Évidemment, dans l’autre sens, s’assurer que les vis ne dépassent pas les deux planches, tout en prenant assez la seconde.
Faire des pré-trous sur la planche du dessus quand on réalise un assemblage, pour être sûr que l’assemblage soit solide (pas d’écart entre les deux planches), et pour éviter de fendre les planches
Deux vis suffisent à assurer l’orthogonalité de l’assemblage. Orthogonalité que l’on assure par l’assemblage autour de la balance plutôt que par mesure.
J’ai donc choisi d’avoir deux traverses de soutien pour les pieds de chaise orientés dans le sens devant-derrière. Elles sont assemblées grâce à deux traverses fines perpendiculaires, qui encadrent soigneusement la balance pour éviter le glissement devant-derrière. Puis on ajoute deux cales en dessous pour éviter le glissement gauche-droite.
J’ai ensuite ajouté une planche de butée sur toute la partie arrière, afin de faciliter le positionnement de la chaise dans le sens avant-arrière, puis deux cales collées à la superglue pour que les pieds avant soient contraints dans la direction gauche-droite.
le cadre sur le pèse-personnele verso du cadre avec les cales pour éviter qu’il ne glissela chaise posée sur le cadre, lequel est posé sur le pèse-personne
Création d’un repose-pieds rétractable
Après le premier essai, il était clair qu’il fallait ajouter un repose-pied, car en utilisant le pèse-personne, on risque trop facilement de toucher le sol. J’ai donc imaginé un repose-pieds rétractable, en profitant de planches de la même taille que celles déjà utilisé.
Le principe d’usage est de s’asseoir avec le repose-pieds rétracté, puis le tirer pour l’usager ensuite.
Là encore, il faut penser une butée en avant, et une en arrière du repose-pieds tiroir. J’ai choisi d’avoir une butée sur le montant avant inférieur pour l’avant du tiroir, et une butée sur le montant avant supérieur (ajouté afin d’assurer la tenue du tiroir). J’ai d’ailleurs ajouté un morceau de carton plié en deux sous les deux vis latérales au moment de fixer ce montant au cadre, afin d’avoir un léger jeu nécessaire pour coulisser l’ensemble. Ici aussi, je n’ai rien mesuré, mais assemblé directement au milieu du cadre déjà assemblé, en utilisant une fine lame pour assurer un léger écart gauche-droite. Il est également important de s’assurer que les deux butées ainsi ajoutées ne touchent ni le sol (pour celle de devant), ni la balance (pour celle de derrière).
le cadre augmenté d’un repose-pieds tiroir, pour l’instant rétracté.le cadre augmenté d’un repose-pieds tiroir ouvert.
À l’usage, ce repose-pieds fonctionne parfaitement. Le dévers n’est pas trop important, on n’observe pas de risque de bascule vers l’avant.
Astuce pour faciliter la lecture
Dernier point, mais pas des moindres, le logiciel de la balance est conçu pour allumer l’écran dès que l’on s’installe sur la balance. Une fois la mesure réalisée, il affiche le poids pendant quelques secondes avant d’éteindre l’écran. Ce dernier ne se rallume qu’à condition que l’on se retire de la balance puis qu’on s’y repositionne.
Je n’avais pas identifié ce problème au début, et il s’est avéré assez contraignant, car quand on aide la personne à s’installer, on ne peut pas regarder l’écran en même temps, et une fois que tout est réglé, l’écran est déjà éteint.
J’ai d’abord imaginé déporter les 3 piles AAA dans un boîtier accompagné d’un interrupteur pour permettre d’allumer la balance à distance. Malheureusement, quand on rallume la balance avec un poids déjà positionné dessus, il ne rallume pas l’écran.
J’ai finalement trouvé une autre solution, pour contourner ce problème : le pèse-personne dispose sous la balance d’un bouton permettant par pressions successives de changer l’unité d’affichage (kg, livre, stone). Or, quand on active ce bouton pendant que l’écran est éteint, à la première pression la balance allume l’écran sans changer l’unité.
La seule difficulté était alors de donner accès à ce bouton situé sous la balance, alors que la garde n’est que de quelques millimètres. J’ai commencé par modifier le bouton en l’agrémentant d’un chapeau fait d’un disque de punaise métallique, puis j’ai détourné une cuillère en la redressant, afin de faire un levier facile à manipuler pour presser sur le bouton.
la fourchette redressée pour se glisser facilement sous la balance, et la tête de punaise pour faciliter la manipulation du bouton.la cuillère glissée sous la balance, on vise le point jaune dessiné sur la balance, en glissant la cuillère sous les traits pointillés.
On peut noter que cette astuce permet également de mesurer le poids du combiné chaise + cadre à vide (dans mon cas 8,9kg), afin de le soustraire à chaque pesée réalisée avec le dispositif.
Début décembre, Saucisse Records, le fameux collectif électronique d’expérimentation sonore à géométrie variable et topologie convexe s’est réuni pour une cession de 24 heures dans les murs du pôle 22 bis, sur l’invitation de Radio Campus Clermont.
La session a été diffusée sur Radio Campus Clermont, mais aussi Radiocratie et Radiosupeyres. J’ai profité d’un peu de temps pour mettre en ligne sur un site tout neuf l’archive de cette session, ainsi que de la session précédente, dont j’avais déjà parlé ici. Les supers visuels sur le site ont été réalisés par Nawk.
Nous prendrons bien sûr le temps d’alimenter le site dans les temps prochains, avec les archives des sessions 1 et 2, mais aussi avec les prochaines sessions.
Après plusieurs années sans émission sur Radio Campus Clermont, je reprend le chemin des ondes avec la bande la plus cool du monde pour une nouvelle émission : la radio des tas.
Nous sommes cinq : Aurélie, Cécile, Lise, Thierry et moi-même. La ligne éditoriale de cette émission n’est pas très simple à définir, peut-être Thierry dirait que c’est une émission de gauchistes. En tout cas, on parle de trucs qui nous intéressent, nous font réagir, des choses qu’on a envie de partager.
On a écrit cette petite présentation, qui donne le ton :
C’est clairement une envie de sortir du cadre, et de tout reprendre à zéro qui a fait naître la Radio des tas. On prend l’antenne de Radio Campus tous les deuxièmes mardis du mois de 21h à 22h. L’idée est de sortir du placard à covid pour révéler qu’en fait, on est sociaux, on peut réfléchir, analyser et partager nos réflexions. On va tenter de participer à y voir plus clair, ne pas se noyer dans la conspi, l’anxiété, la dép. Se faire du bien en étant vivant, en réfléchissant, en rigolant aussi.
l’équipe de la radio des tas
Quelques chroniques s’installent sur plusieurs épisodes, comme la chronique sur la chourse proposée par Thierry, la chronique à la source où Jordi raconte au micro de Cécile la génèse et l’histoire des mythes du néo-libéralisme, ou encore l’étagère que dalle, où je partage une lecture qui m’a marqué.
L’étagère que dalle
Dans la première émission, j’avais très envie de parler du livre où sont les « gens du voyage », inventaire critique des aires d’accueil, de William Acker. L’auteur y raconte la violence d’état et violence systémique que vivent les Voyageurs et Voyageuses, que l’administration appelle « gens du voyage ». Les aires d’accueil, seuls lieux de halte autorisées, ne sont présentes que dans 6% des communes de France, interdisant de fait aux Voyageurs et Voyageuses 94% du territoire.
Dans la deuxième émission, j’ai suivi le fil de La privatisation numérique, déstabilisation et réinvention du service public, de Gilles Jeannot et Simon Cottin-Marx, publié en 2022 aux éditions Raisons d’agir. Les auteurs y décortiquent les mécanismes qui font cette privatisation, laquelle dépasse largement la vente ou de la mise en concurrence des entreprises publiques. Blablacar, Google Maps, Doctolib, StopCovid, voici quelques exemples qui illustrent ces mécanismes. Mais certains acteurs, fonctionnaires ou associations, tentent de proposer des alternatives. On pense ici aux Communs entre l’IGN et OpenStreetMap, ou encore à Framasoft, ou la Quadrature du Net.
Technique
Pour la première fois, j’ai annoncé officiellement participer à réaliser la technique de l’émission, ce qui jusqu’à présent m’effrayait au plus haut point. Mais après deux émissions, ça commence déjà à aller mieux.
Et comme une émission de radio ne vient jamais seule, on a installé un petit wordpress des familles, et on l’a enrichie de fonctionnalités podcast grâce à l’extension Seriously Simple Podcasting, pour laquelle j’ai développé un petite extension supplémentaire bien pratique, SSP setposition, qui permet d’ajouter à un épisode des liens marque-page pour aller directement écouter une chronique. Vous retrouverez tout ça sur le site de l’émission, à l’adresse laradiodestas.org. Merci à Thierry Toth pour les visuels !
L’émission est d’ailleurs disponible sur la plupart des plateformes de podcast, n’hésitez donc pas à vous y abonner !