Qualifié en section 27

Quelques jours après avoir été rete­nu pour le prix Jeune Cher­cheur, je viens d’ap­prendre offi­ciel­le­ment que j’é­tais qua­li­fié au poste de maître de confé­rences en sec­tion 27 (infor­ma­tique). Ça veut dire que je vais pou­voir can­di­da­ter aux postes qui seront pro­po­sés ces pro­chaines semaines dans les dif­fé­rentes uni­ver­si­tés fran­çaises. Si j’ar­ri­vais à mes fins, j’au­rais alors un poste d’en­sei­gnant-cher­cheur dès sep­tembre 2010.

La route est longue, mais on avance !

Poster topologique

Depuis que je suis en Ita­lie, je me suis ins­tal­lé d’une part dans un nou­vel appar­te­ment, et d’autre part dans un nou­veau bureau au labo­ra­toire. Cepen­dant, je n’a­vais ame­né avec moi qu’une grosse valise, donc point de pos­ters, de tableaux et autres déco­ra­tions d’u­sage. Mes murs étaient bien vides. À tel point d’ailleurs qu’on me l’a fait remar­quer gen­tille­ment plu­sieurs fois au labo.

Mais au lieu de tom­ber dans la faci­li­té, et de faire l’ac­qui­si­tion d’illus­tra­tions dans le com­merce, j’ai com­men­cé à réflé­chir à une méthode per­son­nelle pour cou­vrir ces murs. Il faut dire que les murs de ma chambre font bien dans les 5 mètres de haut, il fal­lait donc que je trouve quelque chose d’ef­fi­cace. Après quelques temps de réflexion, et aux vues des élé­ments que j’a­vais à dis­po­si­tion, une idée à com­men­cé à ger­mer… Mais vu la com­plexi­té de la tâche, j’ai choi­si de réa­li­ser d’a­bord un pos­ter pour mon bureau, où les murs sont de taille plus raisonnable.

J’ai donc fait l’ac­qui­si­tion d’une petite pile de feuilles A4 rouges pour com­plé­ter la ramette de papier blanc que j’a­vais à dis­po­si­tion. Je me suis muni de cou­rage, et d’une bonne dose d’or­ga­ni­sa­tion. Puis j’ai com­men­cé. Bah, fina­le­ment ça ne m’a pas pris plus d’un week-end et un soir, c’é­tait donc assez fai­sable. Il m’en fau­dra cepen­dant un au moins trois fois plus grand pour ma chambre. Et voi­là, mon bureau est déco­ré maintenant :

J’ai donc uti­li­sé 24 car­rés blancs de 21 cm par 21 cm de côté, espa­cés cha­cun de 3 cm, puis j’ai décou­pé les sil­houettes que j’a­vais aupa­ra­vant esquis­sées sur du papier rouge :

C’est net­te­ment ins­pi­ré des illus­tra­tions que j’a­vais réa­li­sées pen­dant la rédac­tion de ma thèse, et qui racontent un peu mes tra­vaux de recherche. Évi­dem­ment, le sujet sera dif­fé­rent dans ma chambre, mais je pense uti­li­ser la même technique.

Edit : si vous sou­hai­tez vous aus­si réa­li­ser un tel pos­ter, ou connaître la manière dont je l’ai réa­li­sé, je vous invite à consul­ter le making-of numé­rique du poster.

Prix Jeune Chercheur 2010

prix2010

Si vous pas­sez par Cler­mont-Fer­rand le 4 mars 2010, et que vous avez envie de vous diver­tir un peu, alors n’hé­si­tez pas à pas­ser à l’hô­tel de ville. On y remet­tra comme chaque année le prix Jeune Cher­cheur, qui récom­pense une per­sonne ayant sou­te­nu dans l’an­née sa thèse à Cler­mont-Fer­rand. L’ob­jec­tif pour ces jeunes cher­cheurs est de pro­po­ser une pré­sen­ta­tion de leurs tra­vaux la plus acces­sible pos­sible, dans un esprit de vulgarisation.

Cette année, il y a deux can­di­dats sélec­tion­nés dans l’é­cole doc­to­rale Science Pour l’In­gé­nieur, et j’ai la chance d’en faire partie !

Les audi­tions finales se dérou­le­ront pen­dant la jour­née du 4 mars, j’y pré­sen­te­rai mes tra­vaux de thèse. Si jamais j’a­vais la chance d’être rete­nu pour ce prix, alors je refe­rais cette pré­sen­ta­tion de 20 minutes lors de la remise du prix.

On croise les doigts !

Et pan sur la recherche !

En ces temps fort char­gés en occu­pa­tions diverses (mais oui, on ne fout rien quand on bosse dans la recherche), je n’ai guère le temps d’é­crire ici. Je réflé­chis cepen­dant à mon pro­chain billet, qui pro­ba­ble­ment par­le­ra d’é­co­lo­gie en Ita­lie. En atten­dant, un peu de lec­ture, car l’ac­tua­li­té de la recherche est encore chaude, grâce au pré­sident de la Répu­blique française…

Je vous invite donc à lire le billet de Gwen­dal inti­tu­lé « Sar­ko­zy veut la peau de la Recherche Fran­çaise… ». Comme d’ha­bi­tude, ces dis­cours à plu­sieurs niveaux de lec­ture laissent entendre que le pré­sident des Fran­çais est lucide, mais encore une fois, il nous fait glis­ser dans une direc­tion sans issue…

Dessiner en numérique

Il y a quelques temps, j’é­tais tom­bé sur un jour­nal de linux­fr qui par­lait de logi­ciels de des­sin sous GNU/Linux. J’a­vais vrai­ment envie d’es­sayer ces logi­ciels, et je regret­tais ter­ri­ble­ment d’a­voir mis ma bonne vieille petite gra­phire 2 dans les car­tons pour une année. Cette tablette gra­phique avait beau être au for­mat A6, j’ai­mais gri­bouiller avec.

Et puis à l’oc­ca­sion de ma sou­te­nance de thèse, j’ai eu l’é­norme sur­prise de rece­voir de mes amis, col­lègues et famille une tablette gra­phique de chez wacom vrai­ment géniale. Com­pa­rée à la gra­phire, elle me semble gigan­tesque. Elle est beau­coup plus pré­cise, et l’er­go­no­mie n’a rien à voir. Vrai­ment incroyable !

arbres-small Lorsque j’ai démé­na­gé à Geno­va, je n’a­vais pas assez de place dans mes bagages pour la trans­por­ter, aus­si elle a atten­du mon pas­sage sui­vant à Cler­mont-Fer­rand pour atter­rir en Italie.

Je n’ai donc pas atten­du, et depuis main­te­nant quelques jours, je joue avec MyPaint, un logi­ciel libre aux fonc­tion­na­li­tés simples mais bien pen­sé, qui per­met d’ex­ploi­ter les pos­si­bi­li­tés de la tablette gra­phique. On y retrouve, en accès rapide, des outils de des­sin type crayon à papier, feutres, pein­ture, etc. L’in­ter­face est assez ergo­no­mique, on peut faci­le­ment jon­gler avec plu­sieurs cou­leurs, chan­ger la taille de l’ou­til. Une autre excel­lente idée : la « feuille » sur laquelle on des­sine n’est pas limi­tée en taille, ce qui per­met de des­si­ner sans se pré­oc­cu­per des bords de l’i­mage. Extrê­me­ment malin.

Je crois que je n’ai pas fini de m’a­mu­ser avec ce logi­ciel et mon joli cadeau. Merci !

Illustrations scientifiques

Lorsque j’é­tais à Londres cet été, j’ai notam­ment pas­sé une bonne par­tie de mes nuits et week-ends à finir la rédac­tion de ma thèse. Mais quand ce tra­vail de four­mi deve­nait trop pesant, j’ai com­men­cé à tra­vailler à une vul­ga­ri­sa­tion de mes sujets de recherche, en com­men­çant une série de planches de bande-des­si­née illus­trant dif­fé­rents concepts et algo­rithmes topo­lo­giques et géométriques.

decoupagePour conti­nuer à dif­fu­ser ces docu­ments, déjà pré­sents en annexe D du manus­crit, je viens de créer une page dédiée sur mon site pro­fes­sion­nel. En bas de cette page, vous trou­ve­rez éga­le­ment des liens vers d’autres illus­tra­tions sur des sujets proches. Si vous connais­sez d’autres illus­tra­tions du même type, n’hé­si­tez pas à m’en faire part !

Voi­ci donc le lien vers les illus­tra­tions de concepts topo­lo­giques et géo­mé­triques.

Monsieur réponse est vraiment trop fort

Il y a quelques temps, j’ai décou­vert grâce à une amie le fabu­leux blog de Mon­sieur Réponse. Cha­cun de ses billets est une perle de logique, qui per­met au visi­teur de com­prendre très faci­le­ment des phé­no­mènes par­fois très compliqués.

L’é­norme point posi­tif du site de Mon­sieur Réponse, c’est qu’on peut lui poser des ques­tions exis­ten­tielles, aux­quelles il répond quelques temps plus tard par un billet. Ain­si, il y a quelques semaines, nous lui avons deman­dé « Pour­quoi y a‑t-il du poil sur les jambes des filles ? » Ques­tion pour le moins com­pli­quée, à laquelle nous n’a­vions pas de réponse mal­gré une longue dis­cus­sion où les mots « sexiste », « c’est-comme-ça » ou encore « parce-que » avaient été évo­qués à de nom­breuses reprises.

Et ce matin, Mon­sieur Réponse a don­né l’ex­pli­ca­tion lim­pide à ce phé­no­mène : Pour­quoi y a‑t-il du poil sur les jambes des filles ? (par Mon­sieur Réponse). C’é­tait tel­le­ment évident. Nous aurions dû y penser.

En touriste à Genova

Mal­gré la pluie qui vient rendre visite à la ville chaque week-end, j’ai réus­si à pas­ser entre les gouttes pour cap­tu­rer quelques images de cette ville, et com­men­cer à la arpen­ter. Alors bien sûr, je n’ai pas eu le temps d’al­ler par­tout, la ville fai­sant bien 30 km de long. Je n’ai pas non plus sor­ti l’ap­pa­reil pho­to à chaque fois que je trou­vais quelque chose d’in­té­res­sant, sinon je ne l’au­rais pas lâché de la journée. 

Pour cette pre­mière visite, vous ver­rez donc quelques gouttes de la ville, un poin­tillé de détails, depuis les quar­tiers récents (quelques siècles) jus­qu’au vieux centre his­to­rique, où la lumière manque tel­le­ment qu’on ne peut guère prendre de photos.

Panorama de Genova

Sui­vez donc le guide : Geno­va, pre­mière visite.

Pince à linge

Cela fait main­te­nant quelques jours que je suis arri­vé à Gênes, et petit à petit je découvre la ville qui va être la mienne pen­dant une année. Pour l’ins­tant, j’a­voue, je passe plus de temps avec prin­ci­pa­le­ment l’équipe de recherche qui m’ac­cueille qu’à faire le tou­riste dans la ville. Donc point de pho­tos pour l’ins­tant, cer­tai­ne­ment ce week-end aurai-je le temps d’en prendre.

pince
Cepen­dant, je ne résiste pas à l’en­vie de vous racon­ter ma pre­mière péri­pé­tie. Comme tous les jours ou presque depuis de nom­breuses années, je porte accro­ché à mon col de che­mise une pince à linge. La cou­leur change chaque jour ou presque, sui­vant la tenue. 

Or donc, quelques jours après mon arri­vée au labo­ra­toire, l’un des cher­cheurs m’a deman­dé pour­quoi je por­tais cette pince à linge. Il n’y a jamais vrai­ment eu de rai­son, et cette fois-ci je n’a­vais pas inven­té de nou­veau pré­texte comme il m’ar­rive par­fois de le faire, alors je lui ai répon­du que c’é­tait « juste comme ça ». Quelques temps plus tard, il m’a expli­qué la rai­son de sa ques­tion : il y a deux mois envi­ron, ont eu lieu les élec­tions internes du par­ti démo­crate en Ita­lie. Et les membres du par­ti avaient choi­si comme sym­bole pour rap­pe­ler cette élec­tion aux autres membres… une pince à linge, accro­chée à leur col de che­mise ! Ouch ! Ce jour-là, je por­tais une pince à linge de la cou­leur de ce par­ti (vert), d’où sa ques­tion… C’est la pre­mière fois que je découvre un sens à ce petit objet. :)

Soutenance de thèse

Si vous pas­sez par Cler­mont-Fer­rand le 22 octobre 2009, alors venez faire un tour à ma sou­te­nance ! Vous aurez ain­si l’oc­ca­sion de mieux voir ce que j’ai fait en recherche depuis ces 3 der­nières années, ain­si que les pro­bables sujets que je vais com­men­cer à explo­rer cette année. Voi­ci donc l’in­vi­ta­tion telle que je l’ai envoyée un peu partout :

Invitation soutenance de thèse :

J’ai le plai­sir de vous invi­ter à ma sou­te­nance de thèse qui aura lieu le jeu­di 22 octobre 2009 à 14h en amphi 3 au Pôle Com­mun (ISIMA). La thèse est inti­tu­lée : « Outils pour le pavage de surfaces ». 

Le jury sera com­po­sé de : 

  • Jean-Marc Chas­se­ry (rap­por­teur) ;
  • Bru­no Lévy (rap­por­teur) ;
  • Pierre Alliez (exa­mi­na­teur) ;
  • Éric Colin de Ver­dière (exa­mi­na­teur) ;
  • Yan Gérard (visi­teur) ;
  • Phi­lippe Mahey (pré­sident) ;
  • Vincent Bar­ra (direc­teur de thèse).

Un pot est pré­vu à l’is­sue de la sou­te­nance auquel vous êtes cha­leu­reu­se­ment invités. 

Résumé :

Alors que l’on observe une dis­po­ni­bi­li­té crois­sante de don­nées décri­vant des objets 3D, il semble essen­tiel de dis­po­ser de moyens de trai­te­ment effi­caces de ces derniers.
Ain­si, nous pré­sen­tons dans ce mémoire un ensemble d’ou­tils de mani­pu­la­tion de sur­faces, qui exploitent à la fois leurs pro­prié­tés géo­mé­triques et topologiques.

Après avoir décrit dif­fé­rents résul­tats clas­siques de topo­lo­gie, et les struc­tures et résul­tats fon­da­men­taux de la topo­lo­gie algo­rith­mique, nous pré­sen­tons les concepts de M‑tuiles et M‑pavages, offrant notam­ment une grande sou­plesse com­bi­na­toire, et per­met­tant de décrire fine­ment le résul­tat d’al­go­rithmes de décou­page topo­lo­gique. En s’ap­puyant sur les pos­si­bi­li­tés de des­crip­tion de ce for­ma­lisme, nous pré­sen­tons dif­fé­rents algo­rithmes de décou­page de sur­face, pre­nant en compte non seule­ment la topo­lo­gie et la géo­mé­trie des sur­faces, mais éga­le­ment les pro­prié­tés des M‑tuiles issues de ces décou­pages. Nous pré­sen­tons éga­le­ment dans ce mémoire une géné­ra­li­sa­tion des lacets par les n‑cets, per­met­tant notam­ment de décrire une approche ori­gi­nale de pavage de sur­faces en cylindres puis en quadrangles.

Enfin, deux appli­ca­tions de ces outils de décou­page sont pré­sen­tées. Dans un pre­mier temps, nous décli­nons ces algo­rithmes de décou­page dans le contexte de l’in­fo­gra­phie, en pro­po­sant un ensemble d’ou­tils d’aide à la mani­pu­la­tion de sur­faces. Puis nous pré­sen­tons dans un second temps une chaîne com­plète de trai­te­ment de don­nées issues de l’i­ma­ge­rie médi­cale, per­met­tant la visua­li­sa­tion dyna­mique de don­nées com­plexes sur des cartes planes de la sur­face du cer­veau, en illus­trant sa per­ti­nence dans le contexte de la sti­mu­la­tion corticale.

En conclu­sion de ces tra­vaux, nous pré­sen­tons les pers­pec­tives que laissent entre­voir ces déve­lop­pe­ments ori­gi­naux, notam­ment en exploi­tant les pos­si­bi­li­tés offertes par les n‑cets et les M‑pavages, qui semblent mul­tiples. Nous sou­li­gnons éga­le­ment la richesse qu’as­sure une explo­ra­tion des domaines appli­ca­tifs par des outils issus de la géo­mé­trie algorithmique.

Edit : voi­ci un plan d’ac­cès pour jeudi.

plan-d-acces

Londres, été 2009

londres1

J’ai pas­sé cet été deux mois à Londres, à tra­vailler au dépar­te­ment d’in­for­ma­tique du Queen Mary Col­lege. Outre les moments pro­fes­sion­nels pas­sion­nants que j’y ai pas­sé (nous avons en effet explo­ré une piste inté­res­sante pour la recons­truc­tion non rigide de scènes 3D), j’ai pu appré­cier cette ville qui m’a­vait déjà fait rêver adolescent.

J’ai ain­si pas­sé pas mal de temps dans mon quar­tier, Mile End, situé à l’est de Londres, le long du Regent’s canal, près du Vic­to­ria park. J’ai aus­si traî­né mes bas­kets du côté de Soho, de Cam­den, et ai par­cou­ru le centre à pied pen­dant de longues heures, au hasard des rues, comme j’aime décou­vrir les villes.

J’ai aus­si pro­fi­té d’une semaine de break pro­fes­sion­nel pour faire le tou­riste : depuis la relève de la garde mon­tée jus­qu’au Tate Modern, en pas­sant par les dif­fé­rents monu­ments gothiques à l’al­lure superbe, qui rendent la ville inoubliable.

Défi­ni­ti­ve­ment, c’est cette taille de ville qui me plaît, où chaque quar­tier est un petit vil­lage, avec son rythme, ses habi­tudes et habi­tués, ses lieux incon­tour­nables, etc. On pro­fite en plus d’un réseau de trans­port en com­mun assez effi­cace, bref vrai­ment chouette.

Travailler 12 heures par jour

Arri­vé à Londres depuis quelques jours, je n’ai pour l’ins­tant guère eu le temps de faire le tou­riste. En effet, n’ayant pas tout a fait fini ma thèse, cette der­nière occupe une bonne par­tie de mes nuits et de mes weeks-ends.

Ain­si, j’ai trou­vé un rythme de tra­vail très pra­tique, que j’a­vais déjà eu l’oc­ca­sion de pra­ti­quer il y a quelques années. Pen­dant la jour­née, je suis donc au labo­ra­toire d’in­for­ma­tique de la Queen Mary Uni­ver­si­ty of Lon­don. Puis le soir, quand je rentre, je mange rapi­de­ment. Ensuite, vient l’heure de la sieste. De 20 minutes ou d’une heure et demi sui­vant les besoins (durées ajus­tées grâce aux expé­riences sur le som­meil). Je suis alors d’at­taque pour com­men­cer pour tra­vailler faci­le­ment quatre heures sur la thèse…

Et puis­qu’il faut quand même pro­fi­ter un peu de la culture anglaise, je me rat­trape en rem­plis­sant pla­cards et fri­go de ces trucs qu’on ne trouve qu’ici :

trucs-anglais

Bon, je ne gar­de­rai pas ce rythme indé­fi­ni­ment, mais je le trouve assez confor­table. Et vous, com­ment gérez-vous les périodes à haute den­si­té de boulot ?

À bientôt Clermont-Ferrand

Cela fai­sait 4 années que j’ha­bi­tais Cler­mont-Fer­rand. J’y étais arri­vé pen­dant l’é­té 2005, pour y cher­cher du bou­lot. J’a­vais com­men­cé pen­dant une année comme ingé­nieur de recherche dans une équipe d’i­ma­ge­rie médi­cale, et à la ren­trée 2006, j’a­vais com­men­cé ma thèse au LIMOS. Les trois années d’ap­pren­tis­sage de recherche tou­chant à leur fin, je me pré­pare dou­ce­ment à la soutenir. 

Je quitte donc en cette fin d’an­née uni­ver­si­taire la douce contrée auver­gnate, tout d’a­bord pour un séjour de deux mois à Londres, au dépar­te­ment de science infor­ma­tique du Queen Mary Col­lege. Je revien­drai ensuite pour un mois et demi à Cler­mont-Fer­rand, afin de pré­pa­rer et pas­ser ma sou­te­nance. Enfin, si tout se passe comme pré­vu, je com­mence en novembre un post-doc d’une année à Gênes (Ita­lie), avec Miche­la Spa­gnuo­lo.

En guise d’au revoir à la ville qui m’au­ra accueilli pen­dant quatre années, j’ai ajou­té quelques infor­ma­tions inté­res­santes sur mon wiki, avec notam­ment une liste de coins sym­pas à visi­ter, ou de lieux à découvrir.

Et pour finir en beau­té, voi­ci un graf” impres­sion­nant que j’ai décou­vert il y a peu près de l’é­norme hôpi­tal en construction :

Île de Rhodes, Grèce

Avec un peu de retard, je poste ce billet aux airs de tou­risme. J’é­tais pour­tant sur l’île de Rhodes pour une confé­rence, en ce mois de juin enso­leillé. Il faut avouer qu’une des­ti­na­tion aus­si béton­née, avec pis­cines, plages pri­vées et hôtels 5 étoiles, je m’en serais bien pas­sé. Mais voi­là, le dur métier d’ap­pren­ti-cher­cheur, c’est ça aussi !

rhodes
Le der­nier jour de mon séjour, alors que ma pré­sen­ta­tion était pas­sée, j’ai déci­dé d’al­ler me perdre à pied dans les hau­teurs de l’île. Car mal­gré son appa­rence actuelle, il s’a­git de l’île qui por­tait le colosse de Rhodes, et qui a eu sa place dans l’his­toire humaine. 

J’ai choi­si d’emprunter un che­min de tra­verse plu­tôt que de prendre le bus, aus­si vous ne ver­rez pas de pho­tos de la ville de Rhodes pro­pre­ment dit, car il était trop tard quand j’y suis arri­vé pour que le soleil l’é­claire. On peut cepen­dant dire que la vieille ville, à l’in­té­rieur de ses for­ti­fi­ca­tions, bien qu’est soit deve­nue un temple de la consom­ma­tion et du tou­risme, est quand même une belle cité. Elle fait un peu pen­ser à un Saint-Malo méditerranéen…

Bref, sans plus attendre, visi­tez les hau­teurs de l’île

Maladresse informatique

Je suis en ce moment en train de fina­li­ser mes tra­vaux de thèse, et plus pré­ci­sé­ment de mettre toute mon éner­gie dans la rédac­tion du manus­crit qui conclue­ra trois années de recherche au LIMOS. Contrai­re­ment à beau­coup de doc­to­rants, j’y prends pas mal de plai­sir, car c’est l’oc­ca­sion de racon­ter dans le détail ce qui m’a amu­sé scien­ti­fi­que­ment pen­dant ces trois années.

Pour rédi­ger ce docu­ment, j’ai natu­rel­le­ment choi­si d’u­ti­li­ser le logi­ciel LaTeX, qui offre une énorme flexi­bi­li­té, assure une bonne rigueur de pré­sen­ta­tion et per­met de se concen­trer plei­ne­ment sur le conte­nu. Et puisque c’est un docu­ment impor­tant à mes yeux, je fais des sau­ve­gardes régu­lières sur plu­sieurs ordi­na­teurs, uti­li­sant notam­ment un sys­tème de ges­tion de ver­sions afin de ne rien perdre de mes avan­cées. Cepen­dant, il m’ar­rive de pas­ser une jour­née entière sans faire aucune sau­ve­garde, pris dans l’é­lan de la rédac­tion, et pro­fi­tant de la liber­té géo­gra­phique qu’offre l« uti­li­sa­tion d’un ordi­na­teur portable.

C’est ain­si qu’au soir du 2 juin der­nier, à la suite d’une mal­adresse infor­ma­tique ridi­cule (un carac­tère « * » s’é­tant glis­sé dans une com­mande « rm »), j’ai per­du tout le tra­vail de ma jour­née. Et on va être hon­nête, c’est très rageant. Après quelques ins­tants de réflexion, j’ai déci­dé de ten­ter de récu­pé­rer ces don­nées, qui devaient encore être ins­crites sur le disque dur même si non visibles par le système. 

J’ai donc immé­dia­te­ment démon­té la par­ti­tion, pour évi­ter d’é­cra­ser les infor­ma­tions qui m’in­té­res­saient, puis j’ai cher­ché un peu, et suis tom­bé sur un docu­ment qui cor­res­pon­dait exac­te­ment à mes besoins : HOWTO rescue dele­ted Linux files. L’i­dée est d’u­ti­li­ser un script qui par­court le disque dur comme un énorme fichier, et recherche à l’in­té­rieur les extraits typiques des docu­ments recher­chés. Comme tous mes fichiers de tra­vail com­men­çaient par « \chap­ter », je n’ai eu qu’à modi­fier légè­re­ment le script, puis à le lan­cer et attendre. Après quelques dizaines de minutes, une cin­quan­taine de fichiers avaient été retrou­vés, et après véri­fi­ca­tion, cor­rec­tion et réajus­te­ment, j’ai pu tout retrou­ver ! Mer­ci Yak­People !

676, le livre

Le mer­cre­di 25 mars 2009 est sor­ti en librai­rie « 676 » de Yan Gérard. Ce mer­cre­di, donc, je me suis pré­ci­pi­té en librai­rie pour acqué­rir un exem­plaire de ce roman. C’était la pre­mière fois que je pous­sais la porte d’un libraire le jour d’une sor­tie natio­nale, et je pen­sais naï­ve­ment que le roman serait déjà dans les rayons. La librai­rie que j’avais choi­si ne fait pas par­tie d’une grande chaîne natio­nale, et on m’a répon­du qu’il fal­lait attendre quelques jours. Ce n’est donc que ven­dre­di soir que j’ai pu me jeter dans la lec­ture de « 676 ».

Couverture 676
Vous allez me dire, pour­quoi tant de pré­ci­pi­ta­tion, et pour­quoi cet achat, alors que j’avais défen­du ici il y a quelques temps ma pré­fé­rence pour les biblio­thèques publiques. La rai­son en est toute simple : l’auteur de ce thril­ler mathé­ma­tique ne m’est pas incon­nu, et depuis quelques années que je suis au LIMOS, nous avons eu l’occasion de nous ren­con­trer à de nom­breuses reprises. Je ne pou­vais pas attendre plus longtemps…

En quelques mots, ce roman est un thril­ler ryth­mé et pas­sion­nant, où les mathé­ma­tiques sont au cœur de l’intrigue. On y découvre ain­si une par­tie de l’histoire des grandes énigmes mathé­ma­tiques et des grands hommes qui les ont explo­rées, mais aus­si toute une dimen­sion éso­té­rique qui rend le roman d’autant plus tré­pi­dant. L’intrigue tient en haleine, et les pas­sages his­to­riques et scien­ti­fiques ne nuisent en rien à son rythme, au contraire. L’enquête mène le lec­teur à tra­vers plu­sieurs villes des États-Unis et d’Europe, on a du mal à lâcher le livre, les scènes s’enchaînent, nous fai­sant par­fois oublier qu’il ne s’agit pas d’un film tant le style et la struc­ture y font penser.

N’hésitez pas à visi­ter le site inter­net dédié au roman. Je vous invite vrai­ment à le lire, que vous soyez ou non atti­ré par les mathé­ma­tiques, car si c’est un élé­ment impor­tant du contexte, il n’est pas néces­saire de maî­tri­ser cette science pour appré­cier le roman.

  • « 676 », de Yan Gérard, aux édi­tions Léo Scheer.

Un wiki au quotidien

Depuis décembre 2005, c’est-à-dire qua­si­ment depuis le début de mon pré-doc à l’ERIM, j’u­ti­lise au quo­ti­dien un wiki pour consi­gner et struc­tu­rer mes dif­fé­rentes acti­vi­tés professionnelles.

Les débuts étaient un peu chao­tiques, mais j’ai pris une bonne vitesse de croi­sière. Ain­si, je décris chaque jour en quelques lignes mon acti­vi­té, qui consti­tue la trame de ma pro­gres­sion au quo­ti­dien, un peu à la manière d’un blog. Puis j’ai petit à petit créé une nébu­leuse de pages, reliées les unes entre les autres pour faci­li­ter la navi­ga­tion, et struc­tu­rées par grandes caté­go­ries (recherches biblio­gra­phiques, rédac­tion d’ar­ticles, réflexions sur les concepts en cours d’é­la­bo­ra­tion, etc.).

Cette manière de fonc­tion­ner a de mul­tiples intérêts :

  • Dis­po­ser d’un aide-mémoire com­plet, struc­tu­ré, non linéaire (car inter­con­nec­té), et inter­ro­geable à l’aide d’une fonc­tion de recherche depuis n’im­porte où sur inter­net (voir en local après avoir fait une copie) ;
  • Poser et struc­tu­rer en un même endroit les tâches à faire, les réunions à venir, leurs comptes-rendus ;
  • Per­mettre le tra­vail col­la­bo­ra­tif, notam­ment lors de la rédac­tion d’un article ;
  • Faci­li­ter gran­de­ment l’in­te­rac­tion entre le doc­to­rant et le direc­teur de thèse. En effet, ce der­nier peut suivre quo­ti­dien­ne­ment les avan­cées, et les réunions deviennent très effi­caces, car on évite de faire le tour des choses déjà écrites.
  • Rendre acces­sible (en uti­li­sant un sys­tème de contrôle d’ac­cès) une par­tie des don­nées sui­vant le type de visiteur.

J’ai déjà eu l’oc­ca­sion de pré­sen­ter à plu­sieurs doc­to­rants cet outil, et déjà deux d’entre eux ont adop­té un sys­tème simi­laire pour struc­tu­rer leurs travaux.

Lorsque j’ai démar­ré, j’a­vais choi­si d’u­ti­li­ser wiki­ni, car c’é­tait le moteur de wiki que je connais­sais le mieux. Cepen­dant après quelques années d’u­ti­li­sa­tion, alors que j’a­vais envie de lui ajou­ter de nou­velles fonc­tion­na­li­tés, j’ai consta­té ce que je savais déjà : cet outil n’é­tait plus déve­lop­pé acti­ve­ment. J’ai donc déci­dé de migré mon wiki de tra­vail sur doku­wi­ki.

Après une recherche rapide sur inter­net, j’ai décou­vert avec amu­se­ment que Gul­li­ver, le GULL ren­nais était en train de faire le même type de migra­tion, et avait entre­pris de réa­li­ser un outil de migra­tion. J’ai alors pro­fi­té du fait qu’ils l’a­vaient pla­cé sous licence libre pour l’a­dap­ter à mes besoins, puis j’ai envoyé au main­te­neur mes contri­bu­tions, qu’il a inté­gré (voir le dépôt de l’ou­til de migra­tion ; encore mer­ci aux gens de Gul­li­ver qui ont tra­vaillé sur ce script).

J’ai ensuite réa­li­sé un thème adap­té à mes envies, puis créé un petit module de gri­se­ment de texte.

Voi­ci donc un lien vers mon wiki de thèse, qui devien­dra cer­tai­ne­ment le wiki de mes tra­vaux universitaires. 

EuroCG’09, Bruxelles, Belgique

Au début de cette semaine, j’é­tais à EuroCG’09, une confé­rence en com­pu­ta­tio­nal geo­me­try, où je pré­sen­tais deux articles (Low-reso­lu­tion Sur­face Map­ping : a Topo­lo­gi­cal and Geo­me­tri­cal Approach et Cut­ting an Orga­nic Sur­face) qui traitent du décou­page de sur­faces sui­vant des pro­prié­tés topo­lo­giques et géo­mé­triques. La confé­rence se dérou­lait à l’U­ni­ver­si­té Libre de Bruxelles, en Belgique.

Bruxelles

J’ai ain­si décou­vert pen­dant quelques jours cette ville cos­mo­po­lite, colo­rée et où les gens m’ont sem­blé très sym­pa­thiques. Pen­dant la confé­rence, j’ai eu l’oc­ca­sion d’é­chan­ger avec de nom­breux cher­cheurs et appren­tis cher­cheurs, c’é­tait réel­le­ment pas­sion­nant. C’é­tait aus­si l’oc­ca­sion pour moi de pour­suivre dif­fé­rentes dis­cus­sions afin de déter­mi­ner le lieu de mon année de post-doc 2009/2010. Rien n’est encore fait, mais ça progresse…

Hadopi : loi liberticide

« On » vient de trou­ver une méthode géniale pour empê­cher à jamais les com­por­te­ments illé­gaux. Aujourd’­hui vient de com­men­cer un débat à l’As­sem­blée Natio­nale pour impo­ser à chaque auto­mo­bi­liste d’é­qui­per son véhi­cule d’un GPS. Ce der­nier enver­ra à chaque ins­tant un iden­ti­fiant unique et une trace de sa posi­tion à une entre­prise man­da­tée par l’É­tat. Dès lors qu’une infrac­tion sera com­mise, on uti­li­se­ra ces infor­ma­tions pour déter­mi­ner qui est le cou­pable. La pre­mière mesure, auto­ma­tique, sera de déclen­cher un méca­nisme d’ar­rêt des auto­mo­biles iden­ti­fiées par ce méca­nisme dans un proche voisinage. 

Chouette comme idée, non ? Bon, ça fera pas mal de faux posi­tifs, on connaît même dès à pré­sent des moyens tech­niques pour ne pas envoyer les bons iden­ti­fiants, fai­sant ain­si pas­ser Hen­ri, ce voi­sin insup­por­table, pour l’au­teur de notre éven­tuel méfait. Et la liber­té indi­vi­duelle dans tout ça ? Ah mais vous par­lez de liber­té, alors qu’on va pou­voir arrê­ter des mil­liers d’hor­ribles cri­mi­nels ? Soyez modernes, que diable, c’est pour le bien de tous !

Cette his­toire n’est pas vrai­ment de la science-fic­tion. J’ai juste rem­pla­cé ordi­na­teur et connexion inter­net par auto­mo­bile, et sub­sti­tué GPS à pro­gramme mou­chard. Vous l’au­rez com­pris, pour répondre au télé­char­ge­ment illé­gal d’œuvres par inter­net, la solu­tion pro­po­sée (et en passe d’être votée) consiste à impo­ser sur chaque ordi­na­teur la pré­sence d’un mou­chard. En cas de détec­tion d’un « pira­tage » depuis votre connexion, on blo­que­ra votre connexion.

HADOPI - Le Net en France : black-out

Cela pose dans la pra­tique de nom­breux pro­blèmes. D’une part, il n’est pas impos­sible de faire pas­ser son ordi­na­teur pour celui de quel­qu’un d’autre. Plus simple, on peut pira­ter la connexion wifi dis­po­nible chez lui. Ain­si, celui qui sera suf­fi­sam­ment moti­vé pour contour­ner le fli­quage fera por­ter à quel­qu’un d’autre le cha­peau. Ce der­nier sera alors pré­su­mé cou­pable, et devra après une longue pro­cé­dure judi­cière prou­ver son inno­cence avant de pou­voir retrou­ver sa connexion internet.

Belle avan­cée, non ! Quel beau pays que celui où nous vivons, ça fait chaud au cœur.

Pour plus d’in­for­ma­tion, je vous invite à consul­ter le site laquadrature.net.

Financer les destructeurs de planète

Pollution

Il semble que la nou­velle mode gou­ver­ne­men­tale en terme de « relance éco­no­mique » (comme on dit) soit à la sub­ven­tion de tous les domaines qui contri­buent mas­si­ve­ment à la pol­lu­tion. On savait déjà que le gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment était une vaste fumis­te­rie, on avait appré­cié les sub­ven­tions éta­tiques aux fabri­quants de véhi­cules indi­vi­duels. Pou­vait-on faire dif­fi­ci­le­ment plus illogique ? 

Et bien oui, sans pro­blème. La nou­velle poli­tique agri­cole déci­dée cette semaine consiste à choi­sir les pro­duc­tions agri­coles les plus coû­teuses pour la pla­nète — l’é­le­vage — et à mul­ti­plier par deux ou trois leurs sub­ven­tions, tout en rédui­sant celles des­ti­nées aux céréa­liers par exemple. Chouette idée ! C’est vrai, les nappe phréa­tiques n’é­taient pas assez pol­luées, la sur­con­som­ma­tion d’eau n’é­tait pas suf­fi­sante (100 000 litres d’eau pour pro­duire un kilo­gramme de viande de vache), les sur­faces culti­vables réqui­si­tion­nées pour l’é­le­vage et l’a­li­men­ta­tion de ces ani­maux n’é­tait pas assez importante. 

Une petite pen­sée pour nos enfants, à qui on va lais­ser une chouette pla­nète… Tiens d’ailleurs, si on relan­çait la poli­tique de nata­li­té, après tout, la crois­sance de la popu­la­tion n’est qu’exponentielle !