Non au viol de la démocratie

Alors que dou­ce­ment on prend pour le peuple des déci­sions qu’il aurait contes­té en temps nor­mal, nous nous tai­sons, en accep­tant le choix des urnes que nous avons fait col­lec­ti­ve­ment (du moins c’est le prin­cipe d’une démo­cra­tie).

Mais voi­là, notre cher gou­ver­ne­ment, non content de décré­ter que dor­mir dehors sera pas­sible de pri­son, vient de nous for­cer la main en adop­tant la révi­sion de la Consti­tu­tion préa­lable à la rati­fi­ca­tion du trai­té euro­péen de Lis­bonne. Puisque le peuple ne veut pas d’une Europe éco­no­mique écra­sant le citoyen, alors impo­sons-la lui !

nous voulons un référendum

Je vous conseille de pas­ser par le blog d’O­li­vier Bon­net, Plume de presse, où vous trou­ve­rez un billet très inté­res­sant sur la ques­tion ain­si que de nom­breux autres. Et bien sûr, pen­sez à signer la péti­tion :

4 thoughts on “Non au viol de la démocratie”

  1. Effec­ti­ve­ment mais le monarque avait pré­ve­nu pen­dant sa cam­pagne qu’il allait nous faire le trai­té façon « je passe en force ».
    De toute façon, la « démo­cra­tie », ils s’ap­puient des­sus que quand ça les arrange.
    La réforme des régimes spé­ciaux, par exemple, il fal­lait la faire car « le guide supreme » a été élu pour cela.
    Par contre pour le trai­té euro­péen, le peuple a dit non, pas grave, le par­le­ment dira oui, on s’en fout de la « démo­cra­tie »…

  2. La peine de mort a été abo­lie exac­te­ment de la même façon à une époque où un réfé­ren­dum l’au­rait main­te­nue. Je ne pense pas que l’o­pi­nion à ce sujet soit la même aujourd’­hui.

    Il est tout à fait conce­vable que ce que les fran­çais refusent actuel­le­ment quelque chose dont ils se réjoui­raient plus tard. Évi­dem­ment, on peut déplo­rer le pro­cé­dé.

    Des fois je me dis que la dénon­cia­tion de ce genre de manoeuvres est hypo­crite. Les mêmes qui dénoncent aujourd’­hui ne pipent mot lors­qu’une mesure ayant grâce à leurs yeux passe de façon simi­laire. Quand la mesure leur déplaît, ils crient au scan­dale démo­cra­tique.

    Tout ceci manque, à mon humble avis, d’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle.

  3. À la dif­fé­rence qu’i­ci, le fait d’ac­cep­ter le pro­jet de trai­té consti­tu­tion­nel entraî­ne­ra par la suite de nom­breux autres choix sans qu’il ne soit ques­tion de vote : déré­gle­men­ta­tion, libé­ra­li­sa­tion ou sup­pres­sion de ser­vices publiques seront alors gui­dés par « Ah mais on fait l’Eu­rope, c’est nor­mal. »
    Certes, l’Eu­rope est en marche, mais pas l’Eu­rope des citoyens. C’est l’Eu­rope du libre échange, de la loi du plus fort qui est en train de se des­si­ner, et nous n’a­vons pas notre mot à dire sur la ques­tion…

    Bref, cette manœuvre, qui certes paraît tech­nique et ano­dine, per­met­tra par la suite aux libé­raux d’œu­vrer sans que l’on ne puisse plus rien faire du tout. C’est une déci­sion qui en contient une infi­ni­té d’autres.

  4. Sur le fond je suis d’ac­cord. Mais dans ce cas, il fau­drait atta­quer le fond et non pas la forme que prend ce pas­sage en force.

    Concer­nant le fait que ce trai­té va ren­for­cer le pou­voir de l’Eu­rope sur les déci­sions natio­nales, c’est en théo­rie c’est tout à fait vrai. En pra­tique, je me borne à consta­ter que les tra­vers de l’Eu­rope, on est déjà dedans jus­qu’au cou. L’Eu­rope sert de pré­texte (réel ou inven­té, je ne le sais pas) à pas­ser toutes les mesures les plus crades qu’on nous sert en ce moment. Je pense que la signa­ture de ce trai­té est cos­mé­tique. Qu’on le veuille ou non, on fera ce que Bruxelles nous dit de faire, comme nous le fai­sons déjà.

    Force est de consta­ter que les élec­teurs trouvent leur compte dans ce genre de poli­tique puis­qu’ils rééli­ront pro­ba­ble­ment une majo­ri­té de dépu­tés qui appuient cette poli­tique. J’i­ma­gine que délé­guer son pou­voir de déci­sion est un sys­tème qui entraîne fata­le­ment ce genre de dérives sym­pa­thiques.

    Mais bon hein, la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive c’est pas pos­sible, c’est ingé­rable. Fli­quer toutes les acti­vi­tés des inter­nautes fran­çais pen­dant x mois c’est pos­sible hein, c’est même en passe de deve­nir une obli­ga­tion légale, mais hou la la, que cha­cun puisse expri­mer son opi­nion sans devoir délé­guer, c’est com­plè­te­ment impos­sible à mettre en place, tech­ni­que­ment irréa­liste.

    Et tu vou­drais que je consi­dère ces choses là avec une cer­taine confiance. Je ne te cache pas qu’il y a beau­coup de bou­lot.

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