Fête de la science 2019

Comme chaque année, les labo­ra­toires, uni­ver­si­tés, asso­cia­tions scien­ti­fiques se mobi­lisent en octobre à tra­vers la France pour orga­ni­ser des évé­ne­ments à des­ti­na­tion du grand public avec une idée clé : faire décou­vrir les beau­tés de la science.

Depuis le début de mes acti­vi­tés uni­ver­si­taires, j’y ai peu par­ti­ci­pé. Mais cette année, plu­sieurs élé­ments m’ont pous­sé à pro­po­ser des ate­liers.

Tout d’a­bord, l’as­so­cia­tion Asc­tu’s­cience a choi­si cette année comme thème Raconte le son. Et ça fait un paquet de temps que je m’in­té­resse à cette ques­tion. Et puis avec les dif­fé­rents pro­jets qui émergent dans la trace de Com­pas, j’ai très envie de racon­ter des choses au sujet de la car­to­gra­phie, et de l’ac­ces­si­bi­li­té.

Alors voi­là le pro­gramme !

Coder la musique

Coder la musique, c’est un ate­lier qui sera pro­po­sé le same­di 5 octobre à la média­thèque de Riom, et le same­di 12 octobre à la média­thèque de Cour­non d’Au­vergne. Il s’a­git de l’a­te­lier mathé­ma­tiques et musique que nous avons conçu l’an­née der­nière à l’I­REM de Cler­mont, dans le groupe Infor­ma­tique sans Ordi­na­teur, et qui sera bien­tôt pro­po­sé sur le site de l’Ins­ti­tut pour les ensei­gnants de pri­maire et col­lège.

En quelques mots, il s’a­git d’ex­plo­rer ce qu’est un spec­tro­gramme, com­ment on le lit, et com­ment c’est lié à la musique, à la hau­teur des notes, à leur durée, etc. C’est scien­ti­fique et ludique, et on fini par un petit concert de boomw­ha­kers !

Ch’ai faire, ch’ai dire

Ch’ai faire, ch’ai dire, c’est un ate­lier ima­gi­né avec Théo du cri de la girafe, que l’on avait notam­ment pro­po­sé à Uto­pie Sonore 2017, et auprès d’un public de jeunes défi­cients visuels.

Dans cet ate­lier, on explore le voca­bu­laire qui per­met de décrire le son, en construi­sant col­lec­ti­ve­ment un cor­pus de mots, les plus pré­cis et com­pré­hen­sibles pos­sible, en s’ins­pi­rant au besoin s’ins­pi­rant des tra­vaux de Schaef­fer. Puis on cherche à décrire avec cet outil tous les sons du monde.

Cette fois-ci, on a pro­po­sé aux copines de la com­pa­gnie por­tée de parole de nous rejoindre, pour pro­po­ser une ver­sion au cœur du mar­ché de Riom, le same­di 5 octobre. Ce sera une ver­sion sans élec­tri­ci­té, mais où on invi­te­ra tous les par­ti­ci­pants et par­ti­ci­pantes du mar­ché à par­ti­ci­per, pour finir par une criée de res­ti­tu­tion…

Cartographier l’accessibilité

À l’oc­ca­sion de la nuit de la géo­gra­phie en 2018, nous avions déjà eu l’oc­ca­sion d’or­ga­ni­ser une car­to­par­tie sur l’ac­ces­si­bi­li­té, avec Gau­thier, doc­to­rant du pro­jet ACCRIL. Cette fois-ci, on se foca­lise sur le cam­pus uni­ver­si­taire, et on se ques­tion­ne­ra sur l’ac­ces­si­bi­li­té des bâti­ments : est-elle bien car­to­gra­phiée dans OpenS­treet­Map ? Et d’ailleurs, que peut-on repré­sen­ter dans l’é­tat actuel des pra­tiques de cette base de don­nées ?

Cet ate­lier est pro­po­sé en étroite col­la­bo­ra­tion avec l’UMR Ter­ri­toires, dans le cadre du pro­jet MSH HAC­CES­col, où la ques­tion de l’ac­cès à l’é­du­ca­tion est ques­tion­née d’un point de vue géo­gra­phique, géo­ma­tique, et légis­la­tif.

Et au delà…

Bien sûr, je ne suis pas le seul à pro­po­ser des acti­vi­tés, et par­tout en France, vous trou­ve­rez des acti­vi­tés pas­sion­nantes, du 5 au 13 octobre à tra­vers toute la France, et en par­ti­cu­lier à l’Uni­ver­si­té Cler­mont Auvergne, et dans le pro­gramme d’As­tu’s­ciences.

L’audiodescription par la pratique

Cela fait presque quatre ans main­te­nant que nous avons lan­cé avec Lau­rence et Domi­nique le col­lec­tif ADVOX, avec cette envie com­mune de par­ti­ci­per à rendre acces­sible à toutes et à tous les pro­po­si­tions cultu­relles qui nous entourent.

En par­ti­cu­lier, nous avons com­men­cé très tôt à explo­rer les pos­si­bi­li­tés de l’au­dio­des­crip­tion, pour rendre acces­sibles les œuvres conte­nant de l’i­mage à des spec­ta­teurs et spec­ta­trices qui ne ver­raient pas. On pense bien sûr aux per­sonnes défi­cientes visuelles, qui sont bien sûr les pre­mières des­ti­na­taires de ces aug­men­ta­tions de conte­nu, mais on peut aus­si pen­ser à des auto­mo­bi­listes qui vou­draient écou­ter un film, et plus géné­ra­le­ment à la démo­cra­ti­sa­tion de l’é­coute de pod­casts.

L’au­dio­des­crip­tion, c’est le moyen par­fait pour la radio de don­ner accès à un tableau, un film, une pièce de théâtre…

Cette année, nous repre­nons donc avec ADVOX l’a­ni­ma­tion de l’a­te­lier du Ser­vice Uni­ver­si­té Culture dédié à l’au­dio­des­crip­tion. Une année pour une quin­zaine d’é­tu­diants et étu­diantes à décou­vrir cette pra­tique. Et il faut dire que c’est pas­sion­nant, tant cela sol­li­cite un large spectre de pra­tiques : ana­lyse des inten­tions des auteurs/autrices, construc­tion d’un cor­pus de voca­bu­laire pré­cis et adap­té, construc­tion d’un texte res­pec­tant la pro­gres­sion de l’œuvre et l’ob­jec­ti­vi­té néces­saire, tra­vail sur la manière de poser sa voix, enre­gis­tre­ment, mon­tage puis mixage.

Cet été, je par­ti­ci­pais à Uto­pie Sonore, et Laure m’a pro­po­sé d’in­ter­ve­nir à l’an­tenne de RUSE48 pour racon­ter un peu de cette pra­tique, au cœur d’une émis­sion qui par­lait de music-hall et de la musique sud-amé­ri­caine. Anaïs a com­men­cé à mettre en ligne les émis­sions réa­li­sées pen­dant ces 48 heures d’an­tenne, alors vous pou­vez main­te­nant écou­ter notre pro­po­si­tion.

L’au­dio­des­crip­tion, on en parle à par­tir de la sei­zième minute, et on s’ap­puie sur un exemple concret, le clip d’une chan­son d’a­mour, Cómo Te Voy A Olvi­dar, de Los Ángeles Azules :

Hasard, aléatoire, chaos et entropie : désordre salutaire

Depuis quatre ans que je par­ti­cipe à Uto­pie Sonore, j’ap­prends peu à peu à mieux connaître les ini­tia­teurs et ini­tia­trices Nantais·e·s. Par­mi eux, Fred et Anaïs sont des bidouilleurs de son et d’i­dées, qui n’hé­sitent pas à dis­cu­ter de chaos et d’en­tro­pie vers 3 heures du matin, quand tout le monde part se cou­cher.

Alors quand ils m’ont pro­po­sé de se joindre à leurs échanges face au micro, j’ai cou­ru. Anaïs tenait l’en­re­gis­treur, et avec Fred on s’est lan­cé dans ce doux jeu qui consiste à sau­ter d’un concept scien­ti­fique à l’autre, pour construire une his­toire qui tra­verse mathé­ma­tiques, infor­ma­tique, phy­sique… Et puis Emma a pro­po­sé une tex­ture sonore riche, qui évoque ces ques­tions qui ont croi­sé notre dis­cus­sion. Anaïs et Iris ont tor­tu­ré, assem­blé, cou­su ces bouts de dis­cus­sion pour en faire un son, dif­fu­sé pen­dant RUSE48.

Dans Désordre salu­taire, on parle de géné­ra­teurs aléa­toires, de lan­cés de dé, d’ailes de papillons, de gaz qui se mélangent, et de frac­tales de Man­del­brot

Revues sur l’acoustique

Il y a quelques temps, j’a­vais trou­vé au hasard de mes flâ­ne­ries chez les bou­qui­nistes sur un numé­ro de la revue Musique & Tech­nique, dont j’a­vais par­lé sur ce blog.

Ce que j’ai par­ti­cu­liè­re­ment aimé y retrou­ver, ce sont des articles tech­niques, poin­tus, et en même temps acces­sibles, sur des sujets entre sciences, arts et tech­niques.

En com­men­çant à tra­vailler sur les pro­blé­ma­tiques du pro­jet Com­pas, j’ex­plo­rais récem­ment les revues et publi­ca­tions autour de l’a­cous­tique pour l’en­vi­ron­ne­ment urbain. Je suis tom­bé sur plein de choses pas­sion­nantes, avec notam­ment l’é­quipe CRESSON de l’é­cole d’ar­chi­tec­ture de Gre­noble. Et sur un aspect plus tech­nique, j’ai décou­vert le centre d’in­for­ma­tion sur le bruit, qui publie deux revues, et qui ont la sym­pa­thique habi­tude de pro­po­ser les anciens numé­ros en consul­ta­tion et télé­char­ge­ment sur leur site inter­net.

Echo Bruit, le magazine de l’environnement sonore

Echo Bruit est le pre­mier de ces deux maga­zines. Je n’ai pas eu le temps de réel­le­ment lire un numé­ro entier, mais la maquette est soi­gnée, très agréable à par­cou­rir, les articles sont bien rédi­gés, bien illus­trés. La revue est des­ti­née aux col­lec­ti­vi­tés locales et aux grand public. Elle traite de l’ac­tua­li­té du bruit en géné­ral, depuis les régle­men­ta­tions jus­qu’aux pra­tiques de l’a­cous­tique dans la ville, réa­li­sa­tions remar­quables, expé­ri­men­ta­tions… C’est sou­vent sérieux, par­fois ludique, et glo­ba­le­ment inté­res­sant pour qui s’in­té­resse au son et à la ville.

Acoustique & Techniques

La revue Acous­tique & Tech­niques est plus tech­nique, s’a­dresse à des per­sonnes pro­ba­ble­ment plus ver­sées dans l’as­pect scien­ti­fique de la ques­tion du bruit, mais chaque numé­ro traite d’un sujet spé­ci­fique, bien ciblé, et très illus­tré. Par exmple, on trouve un numé­ro spé­cial desi­gn sonore auto­mo­bile, qui décrit com­ment PSA Peu­geot Citroën a déve­lop­pé son outil de desi­gn sonore en col­la­bo­ra­tion avec l’IR­CAM.

Pour qui est curieux de l’a­cous­tique, du son, et de ses appli­ca­tions à de nom­breux domaines, il y en a pour des heures de lec­ture !

Activités de recherche de début d’année

Il y a trois ans, j’en­ta­mais une recon­ver­sion thé­ma­tique dans mes acti­vi­tés de recherche, en rejoi­gnant le LIMOS, et en com­men­çant à tis­ser des liens avec le labo­ra­toire COGIT de l’IGN, et le CRDV à Cler­mont-Fer­rand.

Au fil de ces trois années, les choses se sont conso­li­dées, avec plu­sieurs pro­jets et par­te­na­riats : l’U­ni­ver­si­té Cler­mont Auvergne a sou­te­nu le pro­jet avec une bourse de doc­to­rat minis­té­rielle, qui per­met à Gau­thier Fillières-Riveau de com­men­cer une thèse sur la géné­ra­tion de cartes pour ins­truc­teurs de loco­mo­tion, accom­pa­gné par le LIMOS et le COGIT de l’I­GN. Un peu plus tard, on tis­sait des liens avec les géo­graphes de l’UMR Ter­ri­toires de Cler­mont-Fer­rand, et avec le Centre Michel de l’Hos­pi­tal, sur la ques­tion de l’ac­cès à l’é­du­ca­tion pour les per­sonnes en situa­tion de han­di­cap. J’ai éga­le­ment rejoins l’I­REM de Cler­mont, pour tra­vailler à l’a­dap­ta­tion de maté­riel péda­go­gique inno­vant aux besoins des défi­cients visuels.

En paral­lèle de ces acti­vi­tés, j’ai com­men­cé à tra­vailler autour d’OpenS­treet­Map, et de sa capa­ci­té à repré­sen­ter les infra­struc­tures et les dis­po­si­tifs d’ac­ces­si­bi­li­té, et nous avons lan­cé avec Gau­thier plu­sieurs col­lectes de cartes adap­tées aux défi­cients visuels.

ANR ACTIVmap (2020–2023)

En paral­lèle, je conti­nue de mon­ter des pro­jets et de tis­ser des liens avec plu­sieurs par­te­naires. Par­fois, nous trou­vons des finan­ce­ments pour sou­te­nir nos explo­ra­tions scien­ti­fiques. C’est ain­si que cet été, le pro­jet ACTIV­map a été rete­nu par l’ANR comme un PRCE (Pro­jet Recherche Col­la­bo­ra­tive – Entre­prise), avec comme par­te­naires le COGIT de l’I­GN, mais éga­le­ment l’IRIT, de l’Uni­ver­si­té de Tou­louse III, et Fee­lOb­ject, une jeune entre­prise basée à Tou­louse.

Les tra­vaux pré­cur­seurs d’AC­TIV­map chez les dif­fé­rents par­te­naires du pro­jet

Pour un cher­cheur dans un labo­ra­toire public, comme je le suis, obte­nir une ANR en tant que por­teur de pro­jet, c’est une belle recon­nais­sance de son acti­vi­té de recherche, et du poten­tiel qu’elle peut ouvrir dans les pro­chaines années. Ces quatre pro­chaines années seront donc l’oc­ca­sion de nom­breuses col­la­bo­ra­tions entre Saint-Man­dé, Cler­mont-Fer­rand et Tou­louse, pen­dant les­quelles nous allons explo­rer des ques­tions scien­ti­fiques pas­sion­nantes, échan­ger avec des pro­fes­sion­nels de la défi­cience visuelle, et expé­ri­men­ter les pro­to­types logi­ciels et maté­riels que nous allons ima­gi­ner.

Le site inter­net activmap.limos.fr a donc été revi­si­té et sim­pli­fié, pour se concen­trer uni­que­ment sur les acti­vi­tés de cette col­la­bo­ra­tion, qui com­men­ce­ra scien­ti­fi­que­ment au 1er jan­vier 2020.

Compas : Cartographie et Outils Multisensoriels Pour l’Accessibilité Spatiale

En réflé­chis­sant à l’ar­ti­cu­la­tion entre tous ces pro­jets, et à tout ceux qui sont encore en cours de construc­tion, par exemple avec WeGo­to ou avec le CRDV, j’ai fini par conso­li­der une ligne direc­trice, qui sort de la pro­blé­ma­tique ini­tiale des cartes pour défi­cients visuels. Ce qui struc­ture donc ces tra­vaux, c’est la ques­tion de la per­cep­tion spa­tiale chez les per­sonnes défi­cientes visuelles, et des outils que l’in­for­ma­tique, la géo­ma­tique ou l’u­ti­li­sa­tion du son numé­rique qui peuvent la conso­li­der.

Au final, je constate que j’ai fini par adop­ter dans le contexte uni­ver­si­taire la même manière de tra­vailler que j’ap­plique à mes acti­vi­tés asso­cia­tives, c’est-à-dire ima­gi­ner des pro­jets qui se com­plètent et s’a­li­mentent les uns les autres, autour de mes centres d’in­té­rêt : la géo­mé­trie algo­rith­mique, le gra­phisme, la car­to­gra­phie, la défi­cience visuelle, le son, la spa­tia­li­sa­tion, l’ur­bain, le logi­ciel libre

C’est donc avec grand plai­sir que j’ai tra­vaillé ces der­niers jours à la construc­tion d’un site inter­net qui raconte un peu ces ques­tions.

Bien­ve­nue donc au site du pro­jet com­pas : compas.limos.fr !