Vies de blog

J’ai com­men­cé ce blog en 2005. Le temps passe vite, et quand j’ai écrit les pre­miers mots, je crois que je ne pen­sais pas sérieu­se­ment que j’al­lais conti­nuer à écrire ici. La période faste des blogs a un peu vécu, notam­ment avec l’ar­ri­vée de pla­te­formes sociales telles que face­book ou twit­ter. Je pense qu’on s’ins­talle main­te­nant dans un fonc­tion­ne­ment de croi­sière, avec des blogs aux objec­tifs assez clairs : il y a les blogs vitrine, que ce soit pour une entre­prise (ex : Blog SEO de l’a­gence web), ou pour un pro­fes­sion­nel qui veut y mon­trer son savoir-faire, son exper­tise, ses réflexions (ex : blog ensei­gnant des maths, escri­bouille, Marc Che­val­don­né), il y a les blogs qui tendent vers le jour­na­lisme (ex : Olympe et le pla­fond de verre, la voix des sans papiers, Blog di Beppe Grillo), les blogs d’as­so­cia­tions, qui traitent de leur actua­li­té (ex : la griffe), les blogs qui sont plus des essais, des expé­riences artis­tiques (ex : les car­nets de Colette, la bande pas des­si­née), des témoi­gnages (ex : Appe­lez-moi Maître, 1 300 mil­lions de chi­nois et moi… récit d’un post-doc en Chine), les blogs d’ac­tua­li­té locale (ex : Gazette seren­di­pi­ties), etc. Main­te­nant que la défer­lante des débuts est un peu pas­sée, on constate que l’ou­til tech­nique qu’est le blog a trou­vé sa place : il est bien deve­nu un outil qui faci­lite la publi­ca­tion et l’ap­pro­pria­tion de l’es­pace public du web, même pour ceux que la tech­nique rebute. Il a élar­git le public capable de pro­po­ser du conte­nu. Même s’il a offert un moyen d’ex­pres­sion ori­gi­nal, j’ai la sen­sa­tion que cette révo­lu­tion est main­te­nant plu­tôt consom­mée, et que l’in­croyable délire des débuts s’est assa­git. Rares sont les gens qui main­tiennent en vie un blog pour le plai­sir d’a­voir un blog, il est main­te­nant plus le vec­teur que l’ob­jec­tif.

Fort de cette réflexion, je me demande depuis quelques temps où se situe le blog que vous lisez en ce moment. Il n’est ni jour­na­lis­tique, ni le sup­port à des essais artis­tiques, ce n’est pas le blog d’un pro­fes­sion­nel qui traite de son domaine d’ex­per­tise. Il y a quelques années, les gens qui venaient com­men­ter sur les billets étaient sou­vent des incon­nus. Aujourd’­hui, il s’a­git prin­ci­pa­le­ment des membres de ma famille, des amis proches, éloi­gnés géo­gra­phi­que­ment, ou encore ren­con­trés ici et là. Et fina­le­ment, je crois que ce blog, c’est ça : un moyen d’é­crire une lettre ouverte à des proches, pour leur faire décou­vrir des choses qui m’in­té­ressent, des choses qui font ma vie, en leur lais­sant la pos­si­bi­li­té d’é­chan­ger sur ces ques­tions, grâce aux com­men­taires ouverts en des­sous de chaque lettre. Ça n’in­ter­dit pas bien sûr les occa­sion­nels visi­teurs qui se seraient per­dus par ici à inter­ve­nir, mais j’ai le sen­ti­ment que ce n’est pas la majo­ri­té des lec­teurs.

Et à la réflexion, puisque la lec­ture de tels blogs est assez confi­den­tielle, je me demande si leur exis­tence n’est pas plus impor­tante que ne le laissent croire les moteurs de recherches géné­ra­listes ou spé­cia­li­sés. Car n’ayant pas de ligne édi­to­riale figée, n’ayant pas une défer­lante de liens entrants et sor­tants, ils ne sont pas très visibles. Est-ce que vous connais­sez d’autres blogs qui ont ce pro­fil ?

Pour finir sur ces réflexions, je poste ici une image qui décrit l’é­vo­lu­tion du nombre de billets par mois sur ce blog : une ligne verte par année, d’au­tant plus pâle qu’elle est ancienne, et une ten­ta­tive de syn­thèse, pour voir quels sont les mois les plus féconds : j’ai cal­cu­lé pour chaque mois ma d’une année a le ratio rma, a défi­ni comme le nombre de posts de ce mois sur le nombre de posts de cette année. Ça donne une idée de l’im­por­tance de ce mois dans l’an­née cor­res­pon­dante. Puis j’ai fait la moyenne pour cha­cun des 12 mois de l’an­née de ces ratios, ce qui donne une idée de l’im­por­tance de ce mois en géné­ral. Pour finir, j’ai mul­ti­plié ça par le nombre moyen de posts par an, afin de rame­ner ça dans le dia­gramme : c’est la courbe orange (cli­quez sur l’i­mage pour agran­dir) :

Il semble donc que le mois de juillet et l’au­tomne soient les périodes où je poste le plus. À noter cepen­dant que cette année, je n’ai rien écrit entre février et juin, ce qui bou­le­verse un peu les stats. Je vais essayer de faire le néces­saire pour que ça ne se repro­duise plus !

Edit : la fin de ce billet peut être vue comme la suite d’un ancien billet, inti­tu­lé sta­tis­tiques de blog.

Participations à Radio Campus

Depuis le début de l’an­née, j’ai com­men­cé avec une bande de joyeux lurons une émis­sion bi-heb­do­ma­daire sur radio cam­pus, inti­tu­lée les aven­tures du comte de Mala­man­teau. Le site inter­net de l’é­mis­sion a d’ailleurs radi­ca­le­ment chan­gé, et com­mence à s’ap­pro­cher de ce que nous sou­hai­tons en faire.

Paral­lè­le­ment à cette émis­sion, j’ai com­men­cé à par­ti­ci­per aux autres acti­vi­tés de l’as­so­cia­tion, par exemple en tant que spec­ta­teur du live in room. Puis au fil du temps, je suis venu par­ler dans plu­sieurs émis­sions. J’ai ain­si eu l’oc­ca­sion d’in­ter­ve­nir dans l’é­mis­sion le rab, qui parle de l’ac­tua­li­té cultu­relle et mili­tante à Cler­mont-Fer­rand. Pas de ver­sion écou­table en en ligne, mais nous étions plu­sieurs à venir pré­sen­ter l’A­te­lier Jaune. 15 minutes c’é­tait court, mais c’é­tait chouette. Un peu plus tard, j’ai été inter­viewé au sujet du béné­vo­lat, pour une émis­sion mati­nale spé­ciale sur le béné­vo­lat et l’en­ga­ge­ment aujourd’­hui.

Et puis ce lun­di, j’ai par­ti­ci­pé avec Samir et Romain de LinuxAr­verne à l’é­mis­sion deux gus dans un garage, dont le pod­cast est acces­sible en ligne. J’ai eu l’oc­ca­sion de par­ler des idées fon­da­trices du Logi­ciel Libre, de don­ner quelques pistes pour essayer soi-même des logi­ciels libres. En fin d’é­mis­sion, j’ai eu l’oc­ca­sion de pré­sen­ter le pro­jet opens­treet­map, que je trouve pas­sion­nant. L’é­mis­sion n’est pas orien­tée sur le logi­ciel libre, elle parle en géné­ral de tech­no­lo­gies et d’ac­tu du net, c’é­tait donc un petit écart de sujet, très enri­chis­sant grâce à la gen­tillesse des ani­ma­teurs. Mer­ci Mar­tin et Florent pour l’in­vi­ta­tion !

L’atelier jaune



Atelier jaune

Cela fai­sait quelques mois que je pas­sais devant le 14 de la Treille sans prendre le temps de m’y arrê­ter. Par­fois il y avait de l’a­ni­ma­tion, des gens qui sem­blaient heu­reux, par­fois ça sem­blait assez calme, mais tout aus­si intri­guant. Au fil des articles, des billets de blog, ici ou là, on com­prend que c’est un lieu inté­res­sant. Et puis fina­le­ment, la butte est un endroit petit, et de fil en aiguille, un jour j’ai pous­sé la porte de de l’Ate­lier jaune. Et comme beau­coup, je crois que je suis tom­bé sous le charme.

En quelques mots, voi­là main­te­nant près d’un an que le pro­jet a pris forme, en une mai­son de quar­tier. Un lieu pour vivre, pour se ren­con­trer, un dépôt-vente, un endroit où les col­lec­tifs s’ex­priment, où les concerts et évè­ne­ments cultu­rels se mêlent, où les artistes rési­dents croisent la vie du quar­tier. D’a­près les anciens, on y retrouve un peu le bouillon­ne­ment qui fai­sait l’o­ri­gi­na­li­té de ce quar­tier de Cler­mont-Fer­rand, avant qu’il ne devienne petit à petit qu’un lieu de pas­sage.

À l’a­te­lier jaune, on croise des gens de Cephi­sa Kar­to­ne­ra, des frères du mys­tère, des membres de radio cam­pus, des per­for­mances réa­li­sées dans le cadre de musique en friche, des artistes en rési­dence comme Sébas­tien Guer­rier il y a peu, un bou­lan­ger qui vient dépo­ser son pain arti­sa­nal, la Lune Rouge, et mille autres per­sonnes, pro­jets, soi­rées tout aus­si pas­sion­nantes. Les choses se mettent petit à petit en place, on parle d’un site inter­net, on appré­cie l’a­gen­da en ligne qui per­met de repé­rer les évè­ne­ments inté­res­sants, qui per­met aux membres de s’or­ga­ni­ser pour les per­ma­nences. Car le lieu a plein d’o­ri­gi­na­li­tés. On peut par exemple citer le fait qu’il est ouvert tous les jours de 9 heures à 22h30, qu’il est géré dans un esprit col­lé­gial, que toute per­sonne qui fran­chit le seuil de la porte adhère au pro­jet, et que tout est à par­ti­ci­pa­tion libre, excep­té les pro­duits en dépôt-vente.

Et pour le plai­sir des papilles, on y retrouve la Damoi­selle, cette bière arti­sa­nale de la région. Bref, mille rai­sons de vous arrê­ter à l’a­te­lier jaune, quand vous pas­se­rez rue de la treille !

Edit : on peut contac­ter l’A­te­lier Jaune par télé­phone au 09 81 30 61 19.