La liberté d’expression à Clermont-Ferrand

Lors­qu’on est une asso­cia­tion et que l’on sou­haite par­ler de notre point de vue aux gens qui habitent près de chez soi, il y a plu­sieurs manières de faire. On peut être accueilli dans un lieu pri­vé, et y orga­ni­ser tables rondes, soi­rées de dis­cus­sion ou de pré­sen­ta­tion. On peut aus­si vou­loir com­mu­ni­quer dans la rue.

Dans ce cas, il existe deux manières de faire :

  • Orga­ni­ser une mani­fes­ta­tion : en France, la liber­té d’ex­pres­sion auto­rise la tenue d’une mani­fes­ta­tion. La seule chose obli­ga­toire est de décla­rer à la pré­fec­ture un tel évé­ne­ment.
  • Tenir un stand : on parle alors de l’u­ti­li­sa­tion de l’es­pace public. Là, c’est la muni­ci­pa­li­té de la com­mune où l’on sou­haite tenir un stand qui délivre l’au­to­ri­sa­tion (ou non) de tenir un stand.

Pour que mon dis­cours soit clair, voi­ci la dif­fé­rence : tenir un stand revient à dis­po­ser d’un empla­ce­ment, sou­vent sur une place pour ne pas poser de pro­blèmes de cir­cu­la­tion. On y ins­talle alors une table, sur laquelle on dis­pose les docu­ments sup­ports de com­mu­ni­ca­tion. À l’in­verse, une mani­fes­ta­tion n’est pas figée en un lieu, on peut ou non cir­cu­ler, mais on n’a pas de sup­port fixe.

À Cler­mont-Fer­rand, l’as­so­cia­tion Les Vaches Rouges aimait tenir des stands, pour infor­mer sur les condi­tions ani­males, et sur les choix simples à faire pour dimi­nuer leur souf­france. L’in­té­rêt d’un stand, c’est que les péti­tions sont plus simples à signer sur une table, et qu’on gagne en visi­bi­li­té. Tout se pas­sait bien jus­qu’à un cer­tain jour de 2005, l’as­so­cia­tion soit inter­dite de tenir un stand. Oh certes, l’in­ter­dic­tion n’a pas été écrite, au contraire on a juste « oublié » de répondre à une demande d’au­to­ri­sa­tion… L’as­so­cia­tion a alors conti­nué à tenir un stand, jus­qu’à ce que l’ad­joint au maire délé­gué aux espaces publics vienne lui-même sur le stand en inter­dire la tenu. Cet adjoint ne vou­lait par d’une asso­cia­tion qui fasse du
« pro­sé­ly­tisme pour des causes non par­ta­gées par la popu­la­tion. »

Nous avons donc relan­cé à de nom­breuses occa­sions (1, 2, 3) la mai­rie pour qu’elle se jus­ti­fie de cette inter­dic­tion bru­tale… Sans suc­cès aucun. Nous avons alors pro­fi­té des audiences ouvertes à la mai­rie aux citoyens pour poser la ques­tion direc­te­ment aux élus. Madame Mer­cier nous a accueilli le 25 juin 2007, et nous a écou­té comme elle en était capable… La réponse nous est arri­vée sous forme de lettre le 12 juillet 2007… Sans plus d’ex­pli­ca­tion sur la rai­son de l’in­ter­dic­tion.

Et depuis ce jour, aucune asso­cia­tion natio­nale mili­tant pour la défense du droit des ani­maux n’a eu l’au­to­ri­sa­tion de tenir un stand : ni Stop Gavage en décembre 2007, ni la PMAF.

Pour­tant, la PMAF a eu une patience d’or. Comme dans toutes les villes où elle est pas­sée, elle a deman­dé l’au­to­ri­sa­tion à la mai­rie de Cler­mont-Fer­rand de tenir un stand, et ce près de 3 mois en amont de sa venue. Devant le refus de la mai­rie, elle s’est adres­sée à la pré­fec­ture pour dépo­ser une décla­ra­tion de mani­fes­ta­tion. Cette décla­ra­tion lui a été refu­sée, et on l’a ren­voyée vers la mai­rie, sous pré­texte qu’il s’a­gis­sait « d’u­ti­li­sa­tion de l’es­pace public, et il faut voir ça avec la mai­rie. » Et le ping-pong entre les deux ins­tances locales a duré jus­qu’au jour de la venue de la PMAF à Cler­mont-Fer­rand. Ce qu’il est impor­tant de rete­nir ici, c’est que c’est la seule ville de France à inter­dire une telle mani­fes­ta­tion.

Aus­si, quand la PMAF est venue le 20 mars 2008 à Cler­mont-Fer­rand, c’est accom­pa­gnée de quelques membres des Vaches rouges qu’elle a deman­dé un entre­tien avec le maire. C’est le pre­mier adjoint qui nous a reçu, et nous avons eu l’oc­ca­sion de lui décrire l’o­ri­gi­na­li­té de Cler­mont-Fer­rand dans le domaine de l’in­ter­dic­tion de s’ex­pri­mer sur la place publique. Nous avons alors appris que la place de Jaude était refu­sée à toutes les asso­cia­tions qui sou­hai­taient orga­ni­ser un stand, mais que toutes les autres places étaient envi­sa­geables. Ce qu’on ne nous avait jamais dit, le refus ayant jus­qu’à pré­sent été tou­jours sans expli­ca­tion. On a éga­le­ment appris de la bouche de cet élu qu’il n’y avait aucune rai­son à ce que la pré­fec­ture nous inter­dise la décla­ra­tion d’une mani­fes­ta­tion…

Et voi­là où nous en sommes aujourd’­hui : dans les faits, aucune liber­té d’ex­pres­sion sur la place publique, alors que les élus affirment qu’il s’a­git juste de mal­en­ten­dus. Il ne reste plus qu’à espé­rer que l’a­ve­nir leur donne rai­son, et qu’en­fin, après 3 ans d’in­ter­dic­tion, on puisse tenir un stand à Cler­mont-Fer­rand…

Stage xhtml/css

Ça fait un petit moment que je n’ai pas eu le temps de pos­ter ici de billet. Le temps est un bien pré­cieux, et j’ai l’im­pres­sion qu’il se fait de plus en plus rare avec l’a­van­cée de ma thèse. Au menu : pré­pa­ra­tion de cours, rédac­tion d’ar­ticles, pape­rasse admi­nis­tra­tive en tout genre, inter­ven­tions aux Jour­nées Doc­to­rales, etc.

Ain­si, la semaine der­nière j’ai eu l’oc­ca­sion d’en­ca­drer avec Fran­çois Médard (doc­to­rant au LASMEA) un stage du CIES de Lyon inti­tu­lée « Ini­tia­tion au web et à l’xhtml. »

Après une pre­mière mati­née à leur pré­sen­ter le fonc­tion­ne­ment du web en géné­ral, nous avons pas­sé une pre­mière après-midi sur le xhtml, puis la mati­née du len­de­main a été consa­crée au css. Enfin, la der­nière après-midi était consa­crée à la mise en pra­tique, chaque doc­to­rant ayant créé son site per­son­nel, vitrine de ses tra­vaux de recherche.

Les trans­pa­rents des pré­sent­tions xhtml et css sont donc dis­po­nibles en ligne, à l’a­dresse sui­vante :

Ces pré­sen­ta­tions sont sous GPL v3, je tiens les sources à dis­po­si­tion, n’hé­si­tez pas à m’en­voyer un cour­riel si ça vous inté­resse.