Vous avez dit démocratie ?

Un sys­tème démo­cra­tique est un sys­tème où le peuple détient la sou­ve­rai­ne­té. Dans la plu­part des sys­tèmes poli­tiques dits démo­cra­tiques en fonc­tion­ne­ment, une par­tie du peuple élit régu­liè­re­ment ses repré­sen­tants et diri­geants. En France, on uti­lise lors des élec­tions pré­si­den­tielles un sys­tème de vote à deux tours, défi­nit par les articles 6, 7 et 58 de la consti­tu­tion fran­çaise. La plu­part de nos com­pa­triotes sont convain­cus que ce sys­tème est démo­cra­tique, et donc que même si l’on n’est pas d’ac­cord avec le fonc­tion­ne­ment de l’É­tat, alors il suf­fit d’ex­pri­mer ce que l’on pense lors de l’é­lec­tion. Notre voix serait alors enten­du comme celle des autres, et le choix du plus grand nombre serait rete­nu.

Cepen­dant, le résul­tat des élec­tions est très for­te­ment condi­tion­né par le mode de scru­tin. Il est facile de se rendre compte que le sys­tème que l’on uti­lise n’est pas démo­cra­tique : il faut voter utile plu­tôt que selon ce qu’on pense pour avoir une chance de voir des gens pas trop loin de notre posi­tion être élus. Dès lors qu’on ne peut pas voter selon ce que l’on pense, mais que l’on doit voter en fonc­tion du sys­tème de vote, alors il y a un pro­blème. Cepen­dant, beau­coup ont l’im­pres­sion qu’il n’y a pas d’autre manière de voter que la notre, et que le bipar­tisme crois­sant est natu­rel, qu’il faut s’y plier.

Or c’est pro­fon­dé­ment inexact. Dès le 18e siècle, un mathé­ma­ti­cien, le mar­quis de Condor­cet a défi­nit une méthode qui per­met de déter­mi­ner si le résul­tat d’une élec­tion est le plus proche de ce que pensent les votants ou non. Cette méthode s’ap­pelle la méthode de Condor­cet.

Cepen­dant, comme son nom l’in­dique, ce cri­tère n’est qu’un cri­tère. Il faut donc décrire des sys­tème de vote, puis les pas­ser aux cribles du cri­tère de Condor­cet pour déter­mi­ner s’il est vrai­ment démo­cra­tique ou non. Il est facile de véri­fier que sur de nom­breux exemples, le sys­tème de vote que nous uti­li­sons en France n’est pas démo­cra­tique. D’autres sys­tèmes de vote ont dont été éla­bo­rés. On peut par exemple citer le vote par appro­ba­tion, facile à mettre en place, fonc­tion­nant en un seul tour, et offrant une réponse de bien meilleure qua­li­té que notre tra­di­tion­nel sys­tème.

Il est étrange de pen­ser que notre classe diri­geante n’ai pas cher­ché à modi­fier le sys­tème d’é­lec­tion : après tout, plus il y aura de démo­cra­tie, mieux le pays avan­ce­ra. Cepen­dant, il est assez évident que pour les deux par­tis majo­ri­taires l’in­té­rêt d’un sys­tème de vote vrai­ment démo­cra­tique ne leur serait pas béné­fique : ils per­draient l’as­su­rance d’être élus envi­ron une fois sur deux. Cette simple consta­ta­tion per­met de dire que nous ne sommes pas vrai­ment dans un sys­tème démo­cra­tique, et qu’il sera cer­tai­ne­ment impos­sible de l’at­teindre un jour. Pour­tant, le simple fait de chan­ger le sys­tème d’é­lec­tion assu­re­rait que nos diri­geants soient plus proches de nos posi­tions.

Pour aller un peu plus loin dans le sens d’un sys­tème réel­le­ment démo­cra­tique, c’est-à-dire dans un sys­tème où les déci­sions seraient prises en fonc­tion de la posi­tion de la majo­ri­té des élec­teurs, un pro­jet poli­tique, pour l’ins­tant expé­ri­men­tal, offre quelques pistes inté­res­santes :

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