Cartographier ses sorties vélo et rando

Depuis peu, j’ai l’oc­ca­sion d’a­voir plus de temps pour des sor­ties vélo et des petites ran­don­nées quo­ti­diennes sur un ter­ri­toire que je ne connais pas. J’ai donc explo­ré plu­sieurs pos­si­bi­li­tés pour gar­der trace de ces explo­ra­tions, pour recher­cher des iti­né­raires exis­tants, et pour fina­le­ment contri­buer à OpenStreetMap.

OpenStreetMap

Même si j’en ai par­lé à plu­sieurs reprises sur ce blog, rap­pe­lons qu’O­penS­treet­Map est une base de don­nées géo­gra­phique com­mu­nau­taire, que l’on sur­nomme par­fois le Wiki­pé­dia des cartes.

Il faut voir OpenS­treet­Map non pas comme un site inter­net, mais comme une base de don­nées, où chaque objet géo­gra­phique est repré­sen­té par un objet géo­mé­trique (un point, un ensemble de seg­ments, etc) et loca­li­sé grâce à des coor­don­nées GPS. Dans cette base de don­nées cha­cun de ces objets est décrit par des infor­ma­tions struc­tu­rées, per­met­tant d’a­jou­ter de la séman­tique com­mune à cet ensemble d’objets.

Ce sont ces objets, mis à jour régu­liè­re­ment par l’en­semble de la com­mu­nau­té, et décri­vant le monde, qui per­mettent ensuite à dif­fé­rents logi­ciels ou ser­vices de les uti­li­ser de manière spécifique.

On peut par exemple pen­ser à :

  • L’ex­cellent cartes.app qui réuni plein de fonc­tion­na­li­tés très pra­tiques en une seule inter­face, à la manière de google maps par exemple.
  • Le superbe terraink.app qui per­met de géné­rer des pos­ters très élé­gants de villes de son choix.
  • Umap pour se fabri­quer des cartes per­son­na­li­sées sur mesure.
  • Gri­brouillon pour des­si­ner libre­ment à plu­sieurs sur une même carte.
  • …

Cette liste est très longue, et je vous pro­pose ici trois outils com­plé­men­taires qui per­mettent de pré­pa­rer au mieux ses sor­ties vélo et rando.

Waymarked Trails

On peut tra­duire Way­mar­ked Trails par che­mins bali­sés. C’est un site inter­net qui uti­lise la base de don­nées OpenS­treet­Map pour pré­sen­ter tous les iti­né­raires bali­sés dis­po­nibles, sur une inter­face inter­ac­tive qui per­met de choi­sir le mode de dépla­ce­ment (marche, vélo, vélo de mon­tagne, rol­lers, équi­ta­tion ou pistes de sport d’hiver).

En sélec­tion­nant l’i­ti­né­raire de son choix (voir ci-des­sous le GR 89), on visua­lise ses pro­prié­tés et on peut l’expor­ter dans un for­mat stan­dard lisible par les appli­ca­tions GPS comme CoMaps, dont je parle plus bas.

Le GR89 sur Waymarked Trails

Bien sûr, on peut aus­si aller voir sur d’autres sites inter­net ou appli­ca­tions qui pro­posent des iti­né­raires pro­po­sés par les inter­nautes (comme Viso­ran­do, ou Decath­lon Out­door), mais il faut sou­vent s’ins­crire pour accé­der aux balades. 

BRouter, le calculateur d’itinéraires

Quand je suis arri­vé à Cro­cus, j’ai pu consta­ter que la carte des balades sur way­mar­ked trails était presque vide. J’ai depuis com­men­cé à la com­plé­ter, comme je le raconte plus bas dans cet article.

On peut bien sûr choi­sir de se pro­me­ner au hasard, en choi­sis­sant à chaque inter­sec­tion une nou­velle direc­tion. On peut aus­si consul­ter une carte IGN de la série bleue, un sup­port papier que l’on amène avec soi. 

Pour pré­pa­rer mes sor­ties, j’u­ti­lise pour ma part BRou­ter (pour bike rou­ter, ou cal­cu­la­teur d’i­ti­né­raires vélo), un site inter­net qui per­met de tra­cer des iti­né­raires, notam­ment pour les dépla­ce­ments pédestres et cyclistes.

En ajou­tant suc­ces­si­ve­ment des points de pas­sage, on pro­duit un tra­cé visua­li­sé sur la carte, sous forme d’une courbe de niveau per­met­tant d’i­den­ti­fier les dif­fi­cul­tés du tra­jet, les déni­ve­lés, ain­si qu’une esti­ma­tion du temps sui­vant le mode de trans­port choisi.

Dans l’exemple ci-des­sous j’ai tra­cé une petite pro­me­nade que nous aimions faire quo­ti­dien­ne­ment avec Maë­lyn.

Une promenade au jardin Lecoq

Sui­vant le mode de trans­port, l’ou­til va pri­vi­lé­gier les voies adap­tées. Il existe ain­si de nom­breux pro­fils de vélo, per­met­tant de choi­sir les tra­jets les plus rapides, ou les plus sécu­ri­sés, ou encore ceux avec le moins de déni­ve­lés, sui­vant ces goûts.

Et ce qui est chouette, c’est que là aus­si on peut expor­ter cette trace au for­mat GPX pour la char­ger dans une appli­ca­tion GPS.

CoMaps, l’application carto

CoMaps est une appli­ca­tion Android libre et moderne1 pour la car­to­gra­phie et le GPS, jolie et bien pen­sée, qui a l’é­norme avan­tage de fonc­tion­ner hors ligne : pas besoin d’ac­ti­ver les don­nées sur son appa­reil pour pou­voir cher­cher une des­ti­na­tion, cal­cu­ler un iti­né­raire ou cher­cher des points d’in­té­rêt comme les accès à l’eau autour de soi.

Elle est basée sur OpenS­treet­Map, ce qui signi­fie qu’on peut régu­liè­re­ment mettre à jour la base de don­nées libre pour pro­fi­ter des nom­breuses contri­bu­tions qui y sont appor­tées chaque jour.

On pro­fite aus­si direc­te­ment de la très grande pré­ci­sion de ces don­nées, notam­ment les infor­ma­tions liées aux che­mi­ne­ments pié­tons, mais aus­si sur les points d’in­té­rêt qui ne sont pas com­mer­ciaux. Dans l’exemple don­né sur l’i­mage, j’ai recher­ché les WC acces­sibles autour de ma position.

Comme évo­qué plus haut, on peut faci­le­ment impor­ter une trace GPX dans CoMaps. Il devient alors facile de consul­ter la carte pour véri­fier que l’on ne s’é­loigne pas de l’i­ti­né­raire pré­vu, ou même plus sim­ple­ment, de consul­ter le tra­cé avant de par­tir du point de départ, comme on le ferait sur la bro­chure d’un iti­né­raire four­ni par un syn­di­cat d’initiatives.

Un autre inté­rêt de CoMaps, c’est qu’il per­met d’enre­gis­trer une trace. On active l’en­re­gis­tre­ment, on se déplace, et quand on a fini, on enre­gistre le che­min que l’on vient de faire. L’ap­pli­ca­tion per­met elle aus­si d’ex­por­ter ces tra­cés au for­mat GPX, que l’on pour­ra ensuite char­ger avec avan­tage dans les appli­ca­tions géo­gra­phiques de son choix.

Wanderer

Toutes les traces enre­gis­trées au for­mat GPX, qu’elles aient été expor­tées depuis l’un des logi­ciels décrits ci-des­sus, ou d’autres encore, on peut avoir envie de les partager. 

J’ai ain­si récem­ment ins­tal­lé sur mon ser­veur l’ap­pli­ca­tion Wan­de­rer. Je dis­pose ain­si d’un site inter­net com­plet où je peux télé­ver­ser mes traces GPX, y ren­sei­gner quelques infor­ma­tions et ajou­ter des pho­tos, pour regrou­per tous les iti­né­raires de sor­ties que j’ai envie de par­ta­ger.

Contribuer à OpenStreetMap

Puisque j’ai com­men­cé à croi­ser autour de l’en­droit où j’ha­bite quelques bali­sages, j’ai eu très envie d’amé­lio­rer OpenS­treet­Map en y ajou­tant les iti­né­raires cor­res­pon­dants. En par­tant d’une carte édi­tée par l’of­fice de tou­risme Loir et Ber­cé, j’ai donc pu ajou­ter mes pre­mières contri­bu­tions à ce territoire.

Quelques cartes et brochures d'itinéraires de randonnée

Un iti­né­raire de ran­don­née est décrit dans OpenS­treet­Map par une rela­tion qui inclut plu­sieurs objets, avec un tag spé­ci­fique : network:lwn. L’in­ter­face d’é­di­tion inté­grée au site OpenStreetMap.org per­met faci­le­ment de réa­li­ser cette créa­tion d’i­ti­né­raire sans connaître les tags ni rien « coder ». Il suf­fit pour cela d’a­voir un compte sur la pla­te­forme, puis de cli­quer sur le bou­ton « modi­fier » en haut à gauche. La pro­cé­dure est ensuite très simple : 

  1. On sélec­tionne une route qui appar­tient au tra­cé de notre itinéraire.
  2. Si le tra­cé de cette route est plus long que la por­tion qui nous inté­resse, on la sépare en plu­sieurs sec­tions à l’aide du clic droit sur les points extré­mi­té de notre sec­tion d’in­té­rêt, puis on uti­lise le pic­to­gramme ciseaux
  3. On ajoute ensuite cette sec­tion de route à la rela­tion cor­res­pon­dant à notre itinéraire.

Si cette rela­tion n’existe pas encore, il faut en créer une nou­velle, et ren­sei­gner que c’est un iti­né­raire de ran­don­née. On peut alors en pré­ci­ser les détails grâce au for­mu­laire qui s’ouvre à gauche de l’é­cran (voir cap­ture d’é­cran ci-dessous).

interface d'édition d'une relation itinéraire de randonnée

On ajoute ensuite suc­ces­si­ve­ment toutes les sec­tions de route cor­res­pon­dant à notre iti­né­raire, puis on uti­lise le bou­ton « sau­ve­gar­der » situé en haut à droite.

Et voi­là ! Quelques minutes après, le site Way­mar­ked Trails aura inté­gré l’i­ti­né­raire à ses pro­po­si­tions (il faut éven­tuel­le­ment rechar­ger la page pour actua­li­ser les infor­ma­tions), et on peut fiè­re­ment visua­li­ser nos contri­bu­tions, dis­po­nibles à toutes et à tous. 

les itinéraires de randonnée à Jupilles, dont plusieurs que j'ai tracés

J’ai ain­si tra­cé autour de Jupilles cinq iti­né­raires. En des­si­nant ces ran­don­nées, j’ai pu consta­ter que deux che­mins agri­coles visibles sur la carte papier de l’Of­fice de tou­risme n’é­taient pas pré­sents dans OpenS­treet­Map. Grâce à la fonc­tion­na­li­té d’en­re­gis­tre­ment de traces GPS de CoMaps, j’ai faci­le­ment pu obte­nir un tra­cé pré­cis de ces che­mins. Un simple glisser/déposer des fichiers GPX dans l’in­ter­face d’é­di­tion d’O­penS­treet­Map, et ils étaient visibles en sur­im­pres­sion, par­faits pour que je puisse les des­si­ner pré­ci­sé­ment et les ajou­ter à la base de don­nées après avoir ren­sei­gné leur nature.

Il n’y a plus qu’à attendre que CoMaps mette à jour sa base de don­nées, et mon cal­cu­la­teur d’i­ti­né­raire embar­qué sau­ra uti­li­ser ces che­mins. La magie de la don­née libre !

  1. C’est un fork com­mu­nau­taire d’Orga­nic Maps, une appli­ca­tion déjà bien plus ergo­no­mique qu’OsmAnd. ↩︎